Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Claude Durand
Chaubet François
CERF
31,90 €
Épuisé
EAN :9782204124720
Avec Bernard Grasset, René Julliard ou Jérôme Lindon, Claude Durand (1938-2015) fait partie de ces éditeurs colossaux qui ont renouvelé le paysage littéraire du XXe siècle. Que ce soit au Seuil, chez Grasset ou chez Fayard, dont il fut le P.-D.G. durant presque trente ans, cet acharné de travail, toujours entouré de mille manuscrits, avait toutes les audaces. Il fut le premier traducteur de Gabriel García Márquez. Il publia contre l'avis de tous La face cachée du "Monde". Il lança Kadaré. Et puis il y eut la tempête Soljenitsyne... Dans ces pages très documentées, nourries d'entretiens et de chiffres, se dessine le portrait captivant d'un homme amoureux des livres. C'est aussi le tableau d'une époque féroce et sans remords, d'un milieu éditorial où tous les coups sont permis, où les amis sont des ennemis, où l'on se bagarre à coups d'à-valoir et de dîners en ville. Pourquoi ? Pour publier le nouveau livre de Michel Houellebecq... Pour choisir son camp lors de "L'affaire Renaud Camus"... Pour intriguer et obtenir un prix littéraire... Une enquête inédite et surprenante, qui rend hommage à un éditeur hors du commun, mais qui le révèle également sous toutes ses facettes.
Si, en France, le XIXe fut le siècle des questionnements, notamment sur le rôle de la religion dans les sociétés modernes, le XXe aura été celui de l'organisation de la vie scientifique et de la politisation massive des débats intellectuels, notamment au travers des religions séculières que furent le communisme et le fascisme. Mais, en dépit des changements, des oppositions philosophiques et morales intenses, un facteur de continuité joue un rôle central d'unification des moeurs et des sensibilités de la société et de la vie intellectuelle française : la littérature. Celle-ci a en effet incarné une forme de synthèse de toutes les particularités idéologiques et morales propres à la société française. La France ? Le pays qui aime autant l'esprit que les lettres !
Après la Première Guerre mondiale, les civilisations européennes savent qu'elles sont "désormais mortelles" (selon le mot de P. Valéry). Chaque pays européen s'accommode différemment de cet état d'inquiétude : le sentiment de crise intellectuelle dans les pays vaincus contraste avec l'optimisme d'une France qui tente d'adapter ses traditions culturelles aux évolutions de l'après-guerre. Une voie moyenne s'ordonne ainsi dans l'hexagone autour des valeurs de l'idéalisme rationaliste et d'une modernité littéraire tempérée. Cette ambition se marque par la volonté de conserver aux intellectuels leur prééminence morale et matérielle, leur rôle d'impulsion civique et leur rayonnement à l'étranger. Si l'engagement tend à devenir la réalité la mieux partagée du monde des lettres, il obéit cependant à des considérations idéologiques concurrentes, qu'elles soient républicaines, conservatrices, républicaines ou révolutionnaires. Mais la sphère des intellectuels contestataires de la République, assez massive au cours des années vingt, éclate au cours des années trente avec le ralliement massif de catholiques et communistes. Cet ouvrage, très attendu, offre la première grande synthèse sur une période-clé dans l'histoire des intellectuels et des années vingt et trente. On a trop souvent présenté le tableau catastrophiste d'une majorité d'hommes de culture démocrates mais impuissants face à leurs adversaires anti-libéraux rajeunis par l'anti-conformisme des années trente, d'où l'inéluctabilité de l'échec politique final et la faillite des intellectuels républicains. L'auteur défend ici une lecture moins fataliste et plus historique, permettant de reconstituer la riche diversité des acteurs intellectuels de l'époque.
Dans le jeu des relations internationales, la culture se présente comme l'un des éléments de la puissance d'un pays. Depuis 1870, de nombreux acteurs publics et privés ont élaboré patiemment un dispositif de diffusion de la langue et de la culture françaises assez exceptionnel par son universalisme géographique et la variété de ses interventions. Aujourd'hui la mondialisation paraît affaiblir ce traditionnel rayonnement hexagonal, menacé à la fois par la fragmentation culturelle accrue et l'homogénéisation linguistique au profit de l'anglais. Faut-il donc pour autant amener le pavillon et sombrer dans la mélancolie ? Ce livre entend apporter des éléments d'évaluation sur les forces et faiblesses réelles de l'action culturelle française dans le monde et fournir des éléments d'une réflexion lucide pour tous ceux désireux de comprendre certains enjeux de l'actuelle mondialisation culturelle.
L'Alliance française a été créée en 1883. Association privée très liée aux milieux de l'Université et à certains secteurs de l'Administration tels le Quai d'Orsay, elle a eu le mérite décisif d'avoir inventé la diplomatie culturelle française moderne, avant que l'Etat n'intervienne, modestement et directement, vingt ans plus tard. L'Alliance fonda la plupart des méthodes propres à l'action culturelle extérieure, des tournées de conférenciers à la création des bibliothèques, des envois de livres à l'ouverture d'écoles et de cours du soir. Elle imagina aussi un principe d'organisation unique au monde, celui de comités locaux pris en main par des étrangers francophiles dispersés sur tous les continents. L'Alliance française fut certainement un outil incomparable auprès de la diplomatie française afin d'assurer le rayonnement des valeurs politiques et culturelles. Elle n'en réussit pas moins à préserver, à l'époque des nationalismes intolérants, l'esprit d'une politique culturelle libérale, révélatrice d'une amitié durable entre la France et les innombrables locuteurs étrangers de la langue française. Première multinationale laïque de l'esprit au monde, l'Alliance française apparaît comme l'un de ces acteurs majeurs au coeur du processus d'internationalisation de la culture au XXe siècle.