L'histoire des écoles de plein air se situe au carrefour de l'histoire de l'école, de l'enfance, de la médecine, de l'architecture et de la ville. Cette institution naît avec le XXe siècle. Destinée à des enfants pré-tuberculeux, elle s'ouvre ensuite à d'autres publics : enfants affaiblis, atteints de déficiences physiques ou mentales, enfants des quartiers populaires. Des pédagogues novateurs rejoignent les médecins pour concevoir une institution qui associe une pédagogie particulière, des soins spécifiques et une alimentation rationnelle. Des architectes multiplient les projets et réalisent plusieurs bâtiments emblématiques, comme l'école de plein air d'Amsterdam de J. Duiker ou celle de Suresnes de E. Beaudouin et M. Lods. Ces écoles apparaissent, à travers les dix pays européens ici évoqués, comme un laboratoire pédagogique, un lieu de développement de la médecine préventive, un instrument d'une politique municipale de l'enfance et un espace d'innovation architecturale.
Châtelet Anne-Marie ; Dumont Marie-Jeanne ; Le Cou
Résumé : L'enseignement de l'architecture, en France, s'est transformé au fil du XXe siècle : il s'est démocratisé et féminisé, a connu l'essor de l'urbanisme et l'activisme du Mouvement moderne, le primat de nouvelles techniques et matériaux et bien sûr la profonde évolution des programmes. Surtout, longtemps cantonné dans le giron parisien des Beaux-Arts, que 1968 devait anéantir, il a progressivement essaimé dans le pays. Une histoire de cet enseignement restait à écrire. Ainsi est née cette encyclopédie à l'ambition inédite : aborder le sujet dans ses multiples dimensions, qu'elles soient pédagogiques, professionnelles, territoriales ou politiques ; embrasser l'ensemble des établissements concernés ; éclairer enfin un théâtre complexe et ses troupes nombreuses. Les 341 notices de l'ouvrage vont de l'article à l'essai, rédigées par 147 contributeurs, enseignants, chercheurs ou bibliothécaires relevant des écoles nationales supérieures d'architecture, mais aussi d'universités et de divers établissements d'enseignement supérieur français et étrangers. Elles s'ouvrent ainsi à des interprétations variées, proposant des voies de traverse et suscitant la curiosité sans clore le débat. Près de 750 documents iconographiques les illustrent, parmi lesquels des dessins et travaux d'élèves, répartis dans les entrées alphabétiques ou en portfolios thématiques. Se dessine ainsi un vaste tableau de la vie des écoles, avec de nécessaires rappels du XIXe siècle et des ouvertures sur le XXIe. Le caractère historique de cette entreprise offre aussi des clefs pour apprécier l'actualité, alors que les ancrages scientifiques des écoles se renforcent pour penser l'avenir et relever ses défis. Cette publication constitue l'aboutissement du programme de recherche HEnsA20 (Histoire de l'Enseignement de l'Architecture au XXe siècle), porté par le Comité d'histoire et le Bureau de la recherche architecturale, urbaine et paysagère du ministère de la Culture. Anne-Marie Châtelet (ENSA Strasbourg, UR 3400 ARCHE), Marie-Jeanne Dumont (ENSA Paris-Belleville, IPRAUS UMR AUSser 3329) , Amandine Diener et Daniel Le Couédic (université de Bretagne Occidentale, Géoarchitecture UR 7462), en sont les responsables scientifiques.
Créée en 1904 dans une pinède sablonneuse de Berlin, l'école de la forêt ou école de plein air connut un succès fulgurant. Dix ans plus tard, il y en existait des centaines de l'Allemagne au Japon en passant par les Etats-Unis et l'Australie. Aujourd'hui, on les compte sur les doigts. L'école de plein air fut imaginée par un médecin et un éducateur comme un établissement de prévention de la tuberculose, destiné aux enfants fragiles des quartiers populaires. Elle disparut au fil de l'éradication de la maladie. Par son utilité sociale et sa marginalité institutionnelle, elle a été un lieu d'expériences et d'innovations pédagogiques et architecturales. Plusieurs édifices remarquables sont nés de son développement, comme l'école de plein air d'Amsterdam de Jan Duiker ou celle de Suresnes d'Eugène Beaudouin et Marcel Lods. En nous offrant ici la première synthèse de l'histoire internationale du mouvement des écoles de plein air, Anne-Marie Châtelet dévoile les fils culturels, programmatiques et techniques qui situent ces bâtiments scolaires emblématiques dans le débat sur l'architecture moderne, le renouveau de la pédagogie et les progrès de la médecine et de l'hygiène. Elle écrit ainsi un chapitre fascinant de l'histoire du rapport de l'homme avec la nature au XXe siècle.
L'École d'architecture de Strasbourg a une histoire singulière. Comme ses semblables, elle est née école régionale, a vécu dans le giron de l'École des beaux-arts jusqu'aux années 1968, puis a connu une effervescence qui l'a menée vers l'autonomie. Seule de sa sorte, c'est une " école d'extrême frontière ", imposée à une ville qui possédait une école technique fondée par les Allemands, par un ministère soucieux d'étendre l'influence française. Sa vie, qui commence en 1921, est assez jeune pour que nous ayons pu retrouver certains de ceux qui l'ont connue. Le premier volume offre ainsi un florilège de leurs souvenirs et le second, un choix de leurs dessins en couleurs. Son histoire est retracée à travers une vingtaine d'articles signés de différents auteurs, éclairant non seulement l'évolution de l'École, mais aussi celle de l'enseignement de l'architecture au XXe siècle.
Acteur des débats de son temps et grand voyageur, Gottfried Semper a dégagé de ses lectures et de ses observations des conceptions stimulantes. Cette anthologie offre un choix de ses textes traduits par L. Biétry. Elle privilégie ceux qui touchent à l'architecture et fait valoir la maturation de sa pensée. Elle est introduite par une biographie de l'architecte et suivie par une étude de ses relations avec la France.
Au-delà de la valeur littéraire d'une écriture, dont l'influence souterraine sur la littérature contemporaine est de plus en plus reconnue, au-delà de l'effort d'élucidation critique des essais, l'oeuvre de Maurice Blanchot, depuis Thomas l'obscur jusqu'à Discours sur la patience, ouvre une série de questions que notre époque se pose encore sous une forme confuse. Le parti pris de Blanchot pour la littérature a eu pour conséquence, voulue ou non, de constituer un dehors de l'oeuvre littéraire où, étroitement dépendant de l'écriture, s'édifiait un autre monde pour les hommes. Cet autre monde, dont nous parvient la rumeur prolixe et sourde, fût-il le produit d'une passion pour l'écriture, appartient à tous, à la communauté anonyme, mais à ce point piégé dans un rapport au langage et aux exigences dialectiques et sociales, qu'il est réduit au silence, et cela presque politiquement. C'est de ce monde recouvert que l'oeuvre de Blanchot se fait l'écho. Le dehors, le neutre, l'incessant, l'immédiat, la dissolution du présent et du sujet, l'absence de livre, ces termes n'appartiennent pas seulement à l'espace littéraire, ils commencent aussi à dessiner le monde à venir. Mais peut-être est-ce à condition d'en parler comme " parle " la littérature, que ce monde viendra au jour. Ce monde exige de nous une adhésion agissante, dont la portée est politique, et s'exprimant sous le terme de non-pouvoir.
Marie-Louise Roth présente dans ce volume la genèse des textes des ?uvres pré-posthumes et analyse le processus d'évolution créatrice de Musil ; elle retrace le cheminement progressif de l'écrivain vers l'abstraction et la typisation. Les nombreux textes sur lesquels Marie-Louise Roth appuie sa démonstration sont ici présentés en édition bilingue (traduction de Annie Brignonne), accompagnée d'un commentaire littéraire.