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Contre la perte et l'oubli de tout
Châteaureynaud Georges-Olivier
ALBIN MICHEL
20,55 €
Épuisé
EAN :9782226435743
En nous entourant de livres, nous nous efforçons de délimiter autour de nous un enclos d'éternité. Une telle compulsion signe notre appartenance à l'espèce humaine : nous le savons jusque dans nos gènes, rien n'est impérissable, et nous tentons désespérément d'apurer notre éternel débit sur les registres du temps. Dans notre lutte contre la perte et l'oubli de tout, nous usons d'armes paradoxales. Le fragile papier dure plus que le granit. C'est qu'il se prête à la duplication, à la multiplication, à la dissémination. Les vingt ou trente exemplaires combustibles et putrescibles d'un incunable avaient plus de chances de traverser les siècles qu'une stèle de pierre. Pour celle d'Hammourabi qui nous est parvenue, combien reposent à jamais "sous dix couches de ténèbres" ? A contrario, a-t-on vraiment perdu une phrase, une ligne, depuis l'invention de l'imprimerie ? Naïfs nazis, gourdifles en chemise brune ! Brûler un livre, c'est brûler Phénix.
L'une des nouvelles de ce recueil s'intitule l'Habitant de deux villes et l'on pourrait de même appeler l'auteur l'habitant de plusieurs mondes. Des mondes non point tant distincts dans le temps et l'espace que plus ou moins profondément enfouis en nous-mêmes. On passe ici du monde quotidien à une réalité secrète, qui s'impose à nous avec la force des rêves. Ces histoires relèvent-elles du symbolisme poétique, de l'exploration psychanalytique ou simplement de la fantaisie romantique ? Au lecteur de décider. Châteaureynaud connaît les divers domaines du fantastique et nous propose aussi bien un conte illustrant le merveilleux moyenâgeux, comme dans l'aventure du chevalier et de la belle charbonnière, qu'une nouvelle propre à enchanter les amateurs de science-fiction. C'est dire le grand éventail de plaisirs que vous dispensera ce livre aux miroitantes facettes.
Résumé : C'est au seizième siècle que le chevalier Agrippa de Coscas, bretteur et assassin sans scrupule, transperce le sein d'une étrange créature et qu'il en sort le f?tus mourant d'un ange ailé. Scellée dans une ampoule de verre, cette preuve par la chair de l'existence divine erre désormais de siècle en siècle. Le jour où Charles-Honoré Milo, chef du service du contentieux à la Providence, trouve chez un bouquiniste la confession d'Agrippa de Coscas, cet amateur de curiosités se mue en chasseur de surnaturel, en paladin métaphysique. Mais le diable veille, en la personne d'Isacaron, démon du second ordre. Comment fléchir Milo ? Comment détruire la confession de Coscas, le repenti ? Ruses, hallucinations, incendies, femmes fatales, Lilith aux yeux violets, excréments et crocodiles dans la cuisine, mais surtout, le Malin se sert d'une crécelle maléfique dont le bruit subjugue les volontés. Que le meilleur gagne ! Des guerres de religion à la Vendée sous la Terreur, du Garde-Meuble royal aux prisons de la Bastille, de Salonique occupée par les nazis à un balcon de Berchtesgaden, de Berlin à une cave parisienne, Milo et Isacaron pistent l'ampoule de verre. Mais battre le diable à son propre jeu, serait-ce possible ? Mêlant le fantastique et l'histoire de France, la sorcellerie et Internet, l'illusion de la vérité et les caprices de Satan, fouillant les recoins les plus obscurs de l'âme, Georges-Olivier Châteaureynaud part à la poursuite des anges. Dans un éclat de rire.
Résumé : Sur Consolation Island, une île volcanique du Pacifique, le " Mount Renbourn ", menace de se réveiller. Ex-révolutionnaire touché par le doute, aventurier traînant les remords d'un crime sans pardon, Saule craint d'être rendu à la civilisation qui lui demandera des comptes. Dans l'imminence de l'évacuation, Laura Penrose, la femme du gouverneur, se promet à Saule, en échange de lettres oubliées à Ville-d'en haut, devenue un no man's land. Par dés?uvrement suicidaire autant que par désir de croquer ce fruit interdit qu'est Laura, Saule accepte. Commence alors, dans un assourdissant fracas de fin du monde, une équipée tragique, sur une île où n'habitent plus désormais que les chiens errants et affamés, les spectres du passé, et la tribu fossile des premiers occupants de cet Eden menacé, derniers vrais innocents d'un monde peut-être condamné. A la fois satire de nos sociétés coloniales, récit d'aventure, épopée des misérables sous la cendre du volcan, ce roman renverse notre idée du paradis : le paradis, c'est parfois l'enfer.
Résumé : Un professeur de lettres, Odilon Frêle, écrivain à ses temps perdus, se rend en Pénombrie, à l'occasion du congrès de fantomologie qui se tient à Tremnobör, la capitale d'un petit pays soumis à un régime totalitaire. Mais Odilon a été invité là par erreur et la police de Pénombrie l'accuse d'être un espion. C'est le début d'une série d'épisodes rocambolesques : Odilon s'enfuit, est rattrapé, déporté, pour servir enfin de cobaye dans une mystérieuse expérience de "fantomologie". Georges-Olivier Châteaureynaud nous conduit lentement aux portes de l'invraisemblable avec l'air de nous conter une histoire banale. Le lecteur se balade, médusé, entre des mondes de spectres, de scientifiques mégalomanes, de policiers suspicieux, avec un bonheur où l'humour et l'horreur font bon ménage. Georges-Olivier Châteaureynaud a trouvé une veine à la fois très littéraire et très "populaire". Le "Prix Renaudot 82" se renouvelle avec un talent encore plus neuf et original.
Résumé : En 195 aphorismes, les Yoga-Sutras de Patanjali codifient l'enseignement d'une pratique traditionnelle plusieurs fois millénaire. C'est l'esprit même du Yoga qui se trouve ici décrit, résumé en une série de remarques lapidaires et lumineuses. Vrai traité de connaissance de soi, cet ouvrage est l'un des textes majeurs de l'humanité. Son message, transcendant les siècles, se révèle bien plus que moderne : essentiel.
L'esprit du Zen fut introduit au Japon chez un peuple dont la guerre était l'occupation habituelle. Ce fut le génie du Zen de transformer les techniques brutales de la guerre en arts qui ne se souciaient plus seulement de l'efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Le sabre, l'arc et la flèche, instruments de mort devinrent des supports de méditation. Sous cette influence naquit le Bushido, code d'honneur, discipline chevaleresque qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. Tant et si bien que le Zen fut cette voie d'éveil, appelé "la religion des samouraïs." En termes vifs et imagés, parfois même en s'amusant, Maître Deshimaru répond aux questions de ses disciples, sans jamais leur faire oublier que Zen et arts martiaux sont l'apprentissage de la vie et la mort.
Le Zen est une discipline de concentration exigeante en même temps qu'une philosophie de la vacuité. Son enseignement, qui s'enracine dans les paroles du Bouddha, tient tout entier en zazen, c'est-à-dire la méditation assise : sous l'apparent dépouillement se révèle une formidable méthode de dépassement de l'ego. Découvert par l'Occident dans les années soixante-dix, il est rapidement devenu un élément majeur de son renouveau spirituel. Taisen Deshimaru, maître japonais qui a grandement contribué à diffuser le Zen en France, livre ici la quintessence de son enseignement sous forme de paraboles, de questions-réponses ou encore de (aphorismes). Il traduit et commente aussi intégralement deux textes fondateurs et inédits du bouddhisme zen, le Hokyo Zan Mai et le San Do Kai,
Djalâl-od-Din Rûmî que le monde de l'islam désigne, par respect, comme "notre maître" (Mawlânâ, Mevlana en turc) n'est pas seulement l'un des plus grands penseurs mystiques de tous les temps, un voyant qui (au XIIIe siècle !) parlait de la fission de l'atome et de la pluralité des systèmes solaires, c'est aussi l'un des plus merveilleux poètes de la littérature universelle, fondateur de l'ordre des derviches tourneurs. La mise de l'homme au diapason du cosmos, l'oratorio spirituel des derviches qui symbolise la ronde des planètes autour du soleil et, à un second niveau, la recherche du Soi, sont longuement célébrés dans les Rubâi'yât: comme les atomes, le soufi danse, et la musique ne fait que "réveiller les mystères du coeur".