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Le démon à la crécelle
Châteaureynaud Georges-Olivier
GRASSET
24,00 €
Épuisé
EAN :9782246518419
C'est au seizième siècle que le chevalier Agrippa de Coscas, bretteur et assassin sans scrupule, transperce le sein d'une étrange créature et qu'il en sort le f?tus mourant d'un ange ailé. Scellée dans une ampoule de verre, cette preuve par la chair de l'existence divine erre désormais de siècle en siècle. Le jour où Charles-Honoré Milo, chef du service du contentieux à la Providence, trouve chez un bouquiniste la confession d'Agrippa de Coscas, cet amateur de curiosités se mue en chasseur de surnaturel, en paladin métaphysique. Mais le diable veille, en la personne d'Isacaron, démon du second ordre. Comment fléchir Milo ? Comment détruire la confession de Coscas, le repenti ? Ruses, hallucinations, incendies, femmes fatales, Lilith aux yeux violets, excréments et crocodiles dans la cuisine, mais surtout, le Malin se sert d'une crécelle maléfique dont le bruit subjugue les volontés. Que le meilleur gagne ! Des guerres de religion à la Vendée sous la Terreur, du Garde-Meuble royal aux prisons de la Bastille, de Salonique occupée par les nazis à un balcon de Berchtesgaden, de Berlin à une cave parisienne, Milo et Isacaron pistent l'ampoule de verre. Mais battre le diable à son propre jeu, serait-ce possible ? Mêlant le fantastique et l'histoire de France, la sorcellerie et Internet, l'illusion de la vérité et les caprices de Satan, fouillant les recoins les plus obscurs de l'âme, Georges-Olivier Châteaureynaud part à la poursuite des anges. Dans un éclat de rire.
« Je n?ai que faire ici de l?entière vérité. Ce qui m?intéresse, ce sont les lambeaux et bribes déposés en moi au fil du temps, que je manipule à tâtons, que j?examine à l?aveuglette comme au fond d?une crypte ». La rencontre des parents lors d'un bal de la Victoire, les premières impressions fugitives sous le soleil d'Algérie et de Marseille, les inconstances d'un père, son goût des femmes et des ailleurs, l'adoration d'une mère, le divorce, la dépression...Dans ce livre où pour la première fois il parle de lui, Georges-Olivier Châteaureynaud exhume d'un passé brumeux des images, des légendes, et c'est toute une mythologie familiale qui se constitue.Il se souvient.D'une chambre de bonne perchée au huitième étage. Du nomadisme. De la pauvreté. De Grand-Père, de Tantine, ou du terrible Leturc, l'enfant qui lui apprit à lire.La vie nous regarde passer, ce sont les années de formation d'un écrivain, c'est une adolescence dans les années 1960. Entre la "vie de café, mai 68, et les ultimes"glorieuses", c'est aussi le discret parfum d'une certaine époque, celle des aventures indochinoises et des années algériennes, celle de la France d'après-guerre. "
« Je suis un buveur de nuit, ou plus exactement un alcoolique en rêve. Moi qui ne bois que de l?eau, je rêve chaque nuit que je bois une infinité de liqueurs diverses. Par un curieux paradoxe, l?instant où, enfin assommé, je sombre en songe dans l?inconscience, coïncide avec celui où je reprends conscience dans la réalité. »Ces huit nouvelles fantastiques prennent racine dans le quotidien. Le personnage central est en général un homme ordinaire à qui il arrive quelque chose d?extraordinaire. Ainsi, le héros des Intermittences d?Icare aura par trois fois dans sa vie le don de voler durant quelques instants. Dans La Face perdue, au temps des duels au sabre à l?occasion desquels les étudiants allemands se tailladaient le visage, un jeune homme trop beau refuse de se battre et perd la face. Les Amants sous verre montre deux amoureux pris au piège d?un couple de vieux sorciers qui vont user de leur jeunesse, le temps d?une nuit d?amour inespérée.L?art du conte n?est pas perdu, ce recueil en administre la preuve, par la magie d?une imagination féconde et d?une écriture sensible et précise.
Au soir de sa vie, Louis Vertumne, critique littéraire redouté, est poignardé par un jeune skinhead. Une fraction de seconde plus tard, debout, un couteau ensanglanté en main, c'est lui-même qu'il découvre gisant à terre. Epouvanté, Vertumne comprend qu'il habite désormais le corps de son meurtrier de vingt ans, voyou inculte, sale, misérable. Partagé entre fascination et dégoût, convaincu d'être recherché pour meurtre, il prend la fuite... Fantasme d'un esprit dérangé? Inquiétante étrangeté d'une réalité dont les lois, comme à Vertumne, nous échappent? Tout le talent de Georges-Olivier Châteaureynaud au service du plus brillant réalisme fantastique.
Résumé : Un professeur de lettres, Odilon Frêle, écrivain à ses temps perdus, se rend en Pénombrie, à l'occasion du congrès de fantomologie qui se tient à Tremnobör, la capitale d'un petit pays soumis à un régime totalitaire. Mais Odilon a été invité là par erreur et la police de Pénombrie l'accuse d'être un espion. C'est le début d'une série d'épisodes rocambolesques : Odilon s'enfuit, est rattrapé, déporté, pour servir enfin de cobaye dans une mystérieuse expérience de "fantomologie". Georges-Olivier Châteaureynaud nous conduit lentement aux portes de l'invraisemblable avec l'air de nous conter une histoire banale. Le lecteur se balade, médusé, entre des mondes de spectres, de scientifiques mégalomanes, de policiers suspicieux, avec un bonheur où l'humour et l'horreur font bon ménage. Georges-Olivier Châteaureynaud a trouvé une veine à la fois très littéraire et très "populaire". Le "Prix Renaudot 82" se renouvelle avec un talent encore plus neuf et original.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.