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La peinture efficace. Une histoire de l'abstraction aux Etats-Unis (1910-1960)
Chassey Eric de
GALLIMARD
30,40 €
Épuisé
EAN :9782070757046
De l'abstraction américaine, on connaît surtout l'expressionnisme abstrait et ses champions - Pollock, Rothko, Newman -, moins souvent quelques pionniers des deux premières décennies du XXème siècle - Dove, Russell -, plus rarement encore le petit groupe de peintres qui en ravivent la flamme dans les années trente - Davis, Diller. Pour la première fois depuis cinquante ans est ici reprise l'histoire de l'introduction de l'abstraction aux Etats-Unis jusqu'à son triomphe provisoire dans les années soixante, non pas seulement en rapportant une succession de faits et d'oeuvres, mais en montrant comment réception et création se mêlent indissolublement. En prenant en compte tous les modes possibles de réception - depuis l'essai théorique jusqu'à la bande dessinée en passant par la critique journalistique, la constitution de collections et la pratique d'expositions -, Eric de Chassey montre comment trois vagues abstraites se sont succédé aux Etats-Unis, dont seule la troisième a connu le succès et a pu durer. Analysant comment les artistes ont eux-mêmes fait évoluer le sens de l'idée abstraite - au départ très floue - selon des voies largement inexplorées en Europe, il dessine non pas des influences mais des continuités d'interrogation. Questionnant ainsi l'histoire de la notion d'abstraction à propos du pays qui en a assuré la popularité, il permet de ne plus concevoir la peinture abstraite en tant que style ou absolu mais en tant que méthode, modèle de relation au monde et à l'art, sans cesse en redéfinition.
Résumé : Pendant les années 1960, et jusqu'à la fin des années 70, de nombreux artistes à travers le monde s'interrogent sur une question devenue pour eux centrale : la peinture est-elle encore possible ? Cette interrogation se développe dans le contexte idéologique particulier de l'époque, baigné de marxisme, où le statut lui-même d'artiste est interrogé, souvent en termes d'engagement politique. Et chacun réagit à sa manière. A travers dix chapitres, ce livre expose les différentes réponses qu'ont données les artistes : ceux qui ont changé de médium, comme Martin Barré en France, ou ailleurs les membres du groupe Art and Language ; ceux qui ont arrêté toute pratique artistique pendant quelques années, comme Agnes Martin ou Michel Parmentier, voire de façon définitive comme Lee Lozano, Charlotte Posenenske ou Eugen Schönebeck. Mais la plupart de ceux qui avaient arrêté la peinture y ont revenus à partir du début des années 1970, comme on peut le voir dans les parcours qui sont retracés ici - dont ceux d'artistes parfois encore vivants. Si aujourd'hui le contexte idéologique a changé, avec le reflux des engagements politiques, un nouveau rapport au marché, il n'est pas inutile d'analyser cette mise en suspension de la peinture pendant près de vingt ans - comme un spectre que l'époque aurait voulu mettre de côté -, qui se révèle un moment riche et complexe dans l'histoire de l'art contemporain.
Introduite depuis peu dans les programmes scolaires du secondaire, l?histoire de l?art provoque de vives polémiques dans le monde enseignant. Pourtant les enjeux sont importants, nous rappelle Eric de Chassey. Le livre se divise en trois chapitres : ?La discipline?, ?L?école?, ?La société?, partant d?une problématique d?enseignement, analysant ses enjeux sur le terrain de l?école et suivant le débat au sein de la société, l?école étant le miroir de celle-ci. Car l?histoire de l?art n?est pas la nostalgie d?un passé poussiéreux mais analyse ce dernier pour faire comprendre le présent. Et plus que jamais les élèves, les citoyens ont besoin de ce type de repères sans quoi le monde contemporain leur paraîtra abscons. Quand il trace un historique de la discipline, Eric de Chassey insiste sur l?importance matérielle de l?objet d?art et sur la nécessité de le placer dans une perspective chronologique pour le comprendre. En ce sens, l?histoire de l?art appelle le double point de vue de l?esthétique et de l?Histoire. A travers une kyrielle d?exemples passionnants et à la portée de tous, Eric de Chassey démontre que la perception d?un objet est historiquement et culturellement constituée. Par ailleurs, il met en garde contre l?angélisme du ?choc esthétique?, problématique au centre des questions que se posent les élèves et les étudiants. L?étude oblige à un décentrement et à une recontextualisation. Le savoir ne contredit en rien l?émotion, insiste Eric de Chassey, mais la beauté est exigeante. Il faut donc s?informer sur le contexte de l?oeuvre, les conditions de sa commande, le choix des matériaux, car tous ces indices en disent quelque chose et nous obligent à sortir de notre anthropomorphisme contemporain. A l?inverse, l?histoire de l?art nous apprend à ne pas nous limiter aux seuls écrits des artistes analysant leurs oeuvres, mais à prendre du recul. L?artiste qui commente est comme ?l?assassin?, ?le premier témoin de son crime?, et il n?est pas celui qui voit le plus clair. Vérité qu?il est bon de rappeler également. L?esprit universel de cette démarche demeure la grande force du livre. L?auteur n?a de cesse de réconcilier les approches : celles d?une histoire de l?art positive et celles qui émane des études d?archives. L?histoire de l?art est une science au carrefour de beaucoup de disciplines : linguistique, sociologie, histoire, esthétique, sciences politiques. Il est rappelé qu?après la Seconde Guerre mondiale le centre de gravité du monde intellectuel a basculé dans le monde anglo-saxon et que l?essentiel de la production en Histoire de l?art s?est fait en langue anglaise. L?université française a pris du retard, déplore Eric de Chassey, et ?Il a fallu un temps incroyable pour que les élites françaises se rendent compte qu?elles n?étaient plus au centre du monde.? Et l?auteur d?évoquer sans langue de bois l?ouverture d?esprit qui existe dans les universités américaines en l?opposant à notre triste fermeture. Avec beaucoup d?élégance, Eric de Chassey prône une forme d?extraterritorialité de l?esprit et de la perception. Européen éclairé, conscient des enjeux du mondialisme et de l?économie de marché, il n?en est pas moins convaincu par la richesse de notre patrimoine et du message unique que délivrent les ?uvres millénaires exposées dans nos musées. Partisan de la construction d?une véritable histoire européenne de l?art, il développe dans ce livre un plaidoyer pour l?Europe. Fustigeant le modèle capitaliste du signe désincarné, il espère en retour qu?une histoire de l?art européenne saura mieux maîtriser les effets pervers du nationalisme. Des dangers du relativisme culturel à la critique de ?la culture du divertissement?, ce livre nous conduit sur le chemin passionnant de la contemplation et du questionnement, en ce sens où l?art transmet toujours un surcroît d?humanité au spectateur de bonne volonté.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.