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Le surréalisme dans l'art américain
Chassey Eric de ; Rey Xavier ; Camporesi Enrico ;
RMN
18,00 €
Épuisé
EAN :9782711874798
En 1940-1941, un groupe d'artistes surréalistes réunis autour d'André Breton trouve refuge à Marseille puis, quittant l'Europe en guerre, arrive à New York. On considère généralement que ce " passage de Marseille n a été l'élément déclencheur d'une autonomie complète de l'art américain, qui, une fois fécondé par les artistes européens en exil, aurait pris son indépendance avec l'expressionnisme abstrait. Ce catalogue propose, d'une manière largement inédite, une histoire plus complexe et moins nationaliste, en montrant d'abord que l'introduction du surréalisme aux Etats-Unis dès le début des années 1930 a suscité très tôt des interprétations originales et encore mal connues. 11 intègre ensuite l'expressionnisme abstrait, qui triomphe dans les années 1940, au sein d'un surréalisme transatlantique plus large, avec ses versants figuratifs et abstraits. 11 montre enfin l'existence d'une " autre tradition ", où, malgré le silence et le déni des critiques et des historiens de l'art, le surréalisme a continué à constituer un courant souterrain de l'art américain pendant les trois décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, non seulement en peinture et en sculpture, mais aussi dans la culture visuelle populaire ou le cinéma expérimental. Quatre décennies durant, les artistes, entre attirance et répulsion, n'ont cessé de réactiver le potentiel créatif et déstabilisant du surréalisme. Prendre en compte ce potentiel conduit à abandonner les regroupements figés par l'histoire de l'art traditionnelle et à mettre en valeur de nouvelles constellations, qui mêlent artistes très connus et artistes injustement ignorés : Marcel Duchamp y côtoie Joseph Cornell, Jasper Johns, Robert Morris et H. C. Westermann ; Max Ernst etJoan Miró voisinent avec Dorothea Tanning, Jackson Pollock, Mark Rothko, Helen Frankenthaler et Wes Wilson ; Salvador Dali et René Magritte fraient avec Pavel Tchelitchew, Kenneth Anger,James Rosenquist et Paul Thek ; Yves Tanguy et Alberto Giacometti résonnent avec Louise Bourgeois, Eva Hesse et Claes Oldenburg.
Résumé : Pendant les années 1960, et jusqu'à la fin des années 70, de nombreux artistes à travers le monde s'interrogent sur une question devenue pour eux centrale : la peinture est-elle encore possible ? Cette interrogation se développe dans le contexte idéologique particulier de l'époque, baigné de marxisme, où le statut lui-même d'artiste est interrogé, souvent en termes d'engagement politique. Et chacun réagit à sa manière. A travers dix chapitres, ce livre expose les différentes réponses qu'ont données les artistes : ceux qui ont changé de médium, comme Martin Barré en France, ou ailleurs les membres du groupe Art and Language ; ceux qui ont arrêté toute pratique artistique pendant quelques années, comme Agnes Martin ou Michel Parmentier, voire de façon définitive comme Lee Lozano, Charlotte Posenenske ou Eugen Schönebeck. Mais la plupart de ceux qui avaient arrêté la peinture y ont revenus à partir du début des années 1970, comme on peut le voir dans les parcours qui sont retracés ici - dont ceux d'artistes parfois encore vivants. Si aujourd'hui le contexte idéologique a changé, avec le reflux des engagements politiques, un nouveau rapport au marché, il n'est pas inutile d'analyser cette mise en suspension de la peinture pendant près de vingt ans - comme un spectre que l'époque aurait voulu mettre de côté -, qui se révèle un moment riche et complexe dans l'histoire de l'art contemporain.
Introduite depuis peu dans les programmes scolaires du secondaire, l?histoire de l?art provoque de vives polémiques dans le monde enseignant. Pourtant les enjeux sont importants, nous rappelle Eric de Chassey. Le livre se divise en trois chapitres : ?La discipline?, ?L?école?, ?La société?, partant d?une problématique d?enseignement, analysant ses enjeux sur le terrain de l?école et suivant le débat au sein de la société, l?école étant le miroir de celle-ci. Car l?histoire de l?art n?est pas la nostalgie d?un passé poussiéreux mais analyse ce dernier pour faire comprendre le présent. Et plus que jamais les élèves, les citoyens ont besoin de ce type de repères sans quoi le monde contemporain leur paraîtra abscons. Quand il trace un historique de la discipline, Eric de Chassey insiste sur l?importance matérielle de l?objet d?art et sur la nécessité de le placer dans une perspective chronologique pour le comprendre. En ce sens, l?histoire de l?art appelle le double point de vue de l?esthétique et de l?Histoire. A travers une kyrielle d?exemples passionnants et à la portée de tous, Eric de Chassey démontre que la perception d?un objet est historiquement et culturellement constituée. Par ailleurs, il met en garde contre l?angélisme du ?choc esthétique?, problématique au centre des questions que se posent les élèves et les étudiants. L?étude oblige à un décentrement et à une recontextualisation. Le savoir ne contredit en rien l?émotion, insiste Eric de Chassey, mais la beauté est exigeante. Il faut donc s?informer sur le contexte de l?oeuvre, les conditions de sa commande, le choix des matériaux, car tous ces indices en disent quelque chose et nous obligent à sortir de notre anthropomorphisme contemporain. A l?inverse, l?histoire de l?art nous apprend à ne pas nous limiter aux seuls écrits des artistes analysant leurs oeuvres, mais à prendre du recul. L?artiste qui commente est comme ?l?assassin?, ?le premier témoin de son crime?, et il n?est pas celui qui voit le plus clair. Vérité qu?il est bon de rappeler également. L?esprit universel de cette démarche demeure la grande force du livre. L?auteur n?a de cesse de réconcilier les approches : celles d?une histoire de l?art positive et celles qui émane des études d?archives. L?histoire de l?art est une science au carrefour de beaucoup de disciplines : linguistique, sociologie, histoire, esthétique, sciences politiques. Il est rappelé qu?après la Seconde Guerre mondiale le centre de gravité du monde intellectuel a basculé dans le monde anglo-saxon et que l?essentiel de la production en Histoire de l?art s?est fait en langue anglaise. L?université française a pris du retard, déplore Eric de Chassey, et ?Il a fallu un temps incroyable pour que les élites françaises se rendent compte qu?elles n?étaient plus au centre du monde.? Et l?auteur d?évoquer sans langue de bois l?ouverture d?esprit qui existe dans les universités américaines en l?opposant à notre triste fermeture. Avec beaucoup d?élégance, Eric de Chassey prône une forme d?extraterritorialité de l?esprit et de la perception. Européen éclairé, conscient des enjeux du mondialisme et de l?économie de marché, il n?en est pas moins convaincu par la richesse de notre patrimoine et du message unique que délivrent les ?uvres millénaires exposées dans nos musées. Partisan de la construction d?une véritable histoire européenne de l?art, il développe dans ce livre un plaidoyer pour l?Europe. Fustigeant le modèle capitaliste du signe désincarné, il espère en retour qu?une histoire de l?art européenne saura mieux maîtriser les effets pervers du nationalisme. Des dangers du relativisme culturel à la critique de ?la culture du divertissement?, ce livre nous conduit sur le chemin passionnant de la contemplation et du questionnement, en ce sens où l?art transmet toujours un surcroît d?humanité au spectateur de bonne volonté.
Incroyable parcours que celui de ce peintre flamand qui se fait diplomate, s'élève dans la société et intercède auprès des princes ! Très jeune, Pierre Paul Rubens sillonne de cour en cour une Europe belliqueuse où les alliances entre familles dominantes se font et se défont. Recommandé auprès des uns en Italie, mandaté par les autres en Espagne, adoubé aussi bien par la maison d'Angleterre que par la famille de Habsbourg, Rubens se nourrit un peu plus à chaque séjour des modèles qu'il découvre dans les collections des grands monarques de son temps. Mais Rubens n'est pas seulement peintre virtuose au service du pouvoir car l'art de la couleur rejoint, chez lui, l'art de la politique. Réunir ses portraits, c'est aussi prendre le parti de mettre en avant cet aspect si particulier de sa carrière. Le Musée du Luxembourg, à travers cette exposition sur les portraits princiers de Rubens, met à l'honneur un sujet qui résonne avec l'histoire du lieu comme avec celle de Marie de Médicis.
Girveau Bruno ; Comte-Sponville André ; Rosset Clé
La nature éphémère de la joie de vivre, presque indéfinissable, explique sans doute la rareté de cette notion dans la philosophie et a contrario la fréquence de ses représentations dans l'art. Il est plus simple en effet pour un peintre que pour un philosophe de saisir un bonheur fugitif. Quelles images les artistes donnent-ils de la joie de vivre ? La plupart d'entre eux célèbrent la grâce et la spontanéité de l'instant présent. La joie est vécue ici et maintenant. Elle est plus attachée à l'être qu'à l'avoir, à l'être ensemble qu'à la possession ou la consommation de richesses. C'est ainsi qu'à travers les siècles en Occident, depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, parfois en dépassant les interdits, le soleil, le jeu, l'amitié, la famille, la fête, le corps, l'amour et le rire sont célébrés par les artistes. Réunies pour l'exposition du Palais des Beaux-Arts de Lille, une centaine d'oeuvres d'art, de la peinture au cinéma, tentent d'illustrer l'art du bonheur.