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PROUST OU LE BONHEUR DU PETIT PERSONNAGE QUI COMPARE.
CHARDIN PHILIPPE
CHAMPION
59,00 €
Épuisé
EAN :9782745313812
La méfiance dont l'oeuvre de Proust témoigne envers la tradition littéraire française, tant du néo-classicisme que de "l'art pour l'art", semble avoir pour corollaire des références à des contre-modèles étrangers - notamment anglais, allemands ou russes - desquels procède en partie ce providentialisme qui imprègne A la recherche du temps perdu. Second paradoxe essentiel, Proust aura découvert des traits importants de sa "modernité" sans connaître les romanciers étrangers qui peuvent nous apparaître comme les plus proches de lui parmi ses contemporains, Robert Musil, Italo Svevo ou James Joyce (sur l'oeuvre desquels portent plusieurs des parallèles comparatistes de ce livre), mais en proposant des lectures empathiques et "en avance sur son temps" de grands romanciers européens du XIXème siècle comme Flaubert, comme Tolstoï ou comme Dostoïevski. Ce vaste parcours culturel, mis en rapport avec des chapitres consacrés aux représentations proustiennes de "l'amour-jalousie", montrera aussi à quel point l'affect et l'intellectualité se sont trouvés étonnamment imbriqués chez un écrivain qui a toujours su admirablement faire dialoguer avec sa fantasmatique propre les grandes oeuvres du répertoire.
Résumé : Au cours de cette rencontre à Tours qui réunissait nombre des meilleurs spécialistes de Marcel Proust autour de la notion, essentielle pour son oeuvre, d'originalité, ont d'abord été analysés ces passages célèbres d'A la recherche du temps perdu qui font de l'originalité créatrice un absolu et du surgissement de ce " nouvel écrivain ", (dont Flaubert ou Giraudoux furent aux yeux de Proust les prototypes) une sorte de miracle ex nihilo. Néanmoins, plusieurs approches génétiques et linguistiques permettront de prendre du recul par rapport à ces textes mythiques en mettant l'accent sur les fluctuations, sur les doutes et sur les contradictions de cette pensée proustienne de l'originalité - une originalité qui, dans l'oeuvre de Proust elle-même, semble avoir été conquise de manière bien plus progressive (à partir des tâtonnements des oeuvres de jeunesse) et bien moins autarcique en combinant " mémoire de la littérature " et exorcismes de l'imitation (ce qui sera examiné à la lumière d'un large éventail intertextuel allant d'Homère à Baudelaire en passant notamment par Racine, par Balzac et par Michelet). Suivront un ensemble d'articles consacrés à la réception, souvent empreinte d' " idées reçues ", des originalités proustiennes par la critique et à quelques réceptions créatrices plus " originales " de grands écrivains français ultérieurs comme Jean-Paul Sartre, Claude Simon ou Pascal Quignard. Cet ouvrage sera enfin l'occasion de déplacer avec humour la hantise proustienne de l'originalité, comme le fait Antoine Compagnon, du côté de la légère angoisse et de l'auto-ironie des innombrables lecteurs et des fort nombreux chercheurs que cette oeuvre devenue canonique a suscités partout dans le monde : on se sera cru original à l'adolescence en aimant Marcel Proust alors qu'on aura peut-être été seulement typique de la ferveur littéraire de toute une génération !
Chardin Philippe ; Boulanger Alison ; Humbert-Moug
Résumé : Cet ouvrage propose une réflexion comparatiste d'ensemble consacrée à ce genre essentiel qu'est le roman d'éducation, appuyée sur un éventail aussi large que possible de littératures et d'époques différentes (incluant par exemple des romans grecs anciens et des romans chinois). Il mettra en lumière la tendance du roman moderne, particulièrement frappante dans les ?uvres de langue allemande, à s'éloigner de l'optimisme bourgeois, pédagogique, spiritualiste qui imprègne, au XVllle siècle et dans la première partie du XIXe siècle - chez Defoe, chez Goethe ou chez Dickens -, l'âge d'or du roman de formation. Mais l'évolution du genre n'est pas entièrement linéaire et réserve des surprises : ainsi la vision providentialiste de l'existence humaine, tant moquée par Flaubert, resurgira en fait dans l'?uvre de Proust. Ce roman d'éducation apparaît particulièrement apte à évoquer conjointement une intériorité et un itinéraire individuels et une histoire collective, même quand il s'agit surtout (comme c'est le cas pour les héros de Boris Pasternak ou d'Imre Kertész), de " reprendre sa vie au Moloch ". L'apprentissage ou le refus par l'adolescent des jeux de rôles sexués et sexuels représentera une autre dimension importante de la plupart des romans réunis et sera une autre perspective privilégiée au sein de ce volume.
Fascinant personnage que celui de Teilhard de Chardin ! Né en 1881 et mort en 1955, il demeure d'une étonnante actualité. En réponse à un monde en quête de sens bouleversé par les atrocités de la Première Guerre mondiale, il élabore peu à peu la vision saisissante d'un monde entièrement unifié par un centre au-delà de lui. Cette perception est au c?ur d'une démarche intellectuelle dans laquelle foi et science s'interpellent, nouant un dialogue d'une grande fécondité. Des ouvrages comme Le phénomène humain, Le milieu divin, les Écrits du temps de la guerre ou Le c?ur de la matière témoignent éloquemment de son intuition : la mystique "vraie" et le mouvement de la science qui spiritualise la terre coïncident et ne font qu'un. En plus d'introduire à la vie et à l'?uvre de Teilhard de Chardin, cet ouvrage se veut un recueil de ses grands textes où il livre ses intuitions mystiques.