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Charb n'aime pas les gens. Chroniques politiques 1996-2002
CHARB
AGONE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782748900026
LES DÉBATS SUR LA SÉCURITÉ sont bien pratiques. La sécurité permet au plus nul des élus, au plus lamentable des politiques de se faire applaudir par le populo. Plus il y a de flics, plus ils tapent fort et moins il y a d'insécurité. Voilà le théorème simpliste récité par le gouvernement et l'opposition. On veut nous faire croire que les problèmes d'insécurité, ça fait appel au bon sens, mais surtout pas à la politique. Pourtant, la sécurité, la manière dont on l'envisage et, surtout, la manière dont on essaye ou pas de la garantir, ce n'est que de la politique. La fréquence même à laquelle est prononcé le mot sécurité, c'est de la politique. Aucun homme politique n'est assez bête pour vraiment penser que la sécurité se garantit en arrosant de pognon la flicaille. Et pourtant, les gouvernements arrosent, et sans discuter. Combien de mois les cheminots ou les enseignants devraient-ils faire grève pour obtenir ce que les policiers obtiennent ? Comptons plutôt en années. Si les gouvernements sont si généreux avec la police, c'est parce que ça lui coûte toujours moins cher de lui payer des gilets pare-balles, des voitures de course et des primes à la noix que de mener les longues et chères réformes économiques et sociales qui seraient à même de réduire ce " sentiment d'insécurité " qui a fait son nid dans le crâne des Français. On a bien dressé les gens, de manière qu'ils ne fassent surtout plus le lien entre chômage, éducation, consommation, économie et sécurité. Une société sécuritaire, c'est plus facile à mettre en place qu'une société juste. Mais voilà, dire cela est ringard, utopiste, et dangereux.
Résumé : "Lutter contre l'islamophobie, c'est lutter contre quoi ?". Contre la liberté d'expression, répond Charb. Car ce que le mot islamophobie condamne, c'est en fait le blasphémer, ce n'est pas faire preuve de racisme mais exercer son esprit critique sur une religion. En attirant notre attention sur un terme devenu récurrent dans les médias français, le dessinateur partage son inquiétude grandissante : celle de voir la lutte contre le racisme, quel que soit l'individu qu'il vise, confondue avec un combat pour la promotion et la protection d'une religion. Dans un texte précis, incisif, et plus actuel que jamais, il dénonce un brouillage malsain, dangereux, entretenu à la fois par les communautaristes, les journalistes et les politiques, et nous invite à rejeter les amalgames trop faciles.
Vous trouvez touchants les dessins d'enfants affichés au bureau? Sexy, les filles qui boitent, torturées par leurs chaussures à talons? Accueillants, les hôtes qui insistent pour vous offrir "quekchose" à boire quand vous arrivez chez eux, comme si vous veniez de traverser le désert de Gobi? Alors, ce livre n'est pas fait pour vous! Tous ces détails de la vie quotidienne qui enchantent Amélie Poulain donnent plutôt à Charb l'envie de distribuer des fatwas!
Vous trouvez touchants les dessins d'enfants affichés au bureau et la nostalgie branchée des trentenaires? Sexy les filles perchée sur des talons de 12 cm? Sympathiques les festivals thématiques qui fleurissent un peu partout les week-ends? Alors ce livre n'est pas pour vous! Tous ces détails de la vie quotidienne qui enchantent Amélie Poulain donnent à Charb des envies de meurtre et lui inspirent, dans ce livre, de petites chroniques acides et hilarantes.
Non, vraiment, le terme "islamophobie" est mal choisi s'il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n'est pas seulement mal choisi, il est dangereux. [...] Lutter contre le racisme, c'est lutter contre tous les racismes, 7Iors lutter contre l'islamophobie, c'est lutter contre quoi ? Contre la critique d'une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu'ils sont d'origine étrangère ? Charb, acteur majeur de Charlie Hebdo depuis 1992 et fervent défenseur de l'égalité des droits, témoigne de son inquiétude de voir la lutte antiraciste remplacée par une lutte pour la protection et la promotion d'une religion. Car le terme "islamophobie" laisse entendre qu'il est plus grave de détester l'islam, c'est-à-dire un courant de pensée parfaitement critiquable, que les musulmans. Or, si critiquer une religion n'est pas un délit, discriminer quelqu'un en raison de son appartenance religieuse l'est, incontestablement. Un opuscule salutaire pour démontrer que le mot "islamophobie" contente à la fois les racistes, les islamistes radicaux, les politiques démagogiques et les journalistes fainéants.
Il n'y avait pourtant pas que le politique dans notre vie. "Le personnel est politique", comme les camarades féministes nous l'avaient fait comprendre, bon an mal an. En fait, alors que nous plongions la tête la première dans la dernière tentative de révolution communiste en Europe, c'est dans la sphère des relations interpersonnelles que nous étions en train de faire une révolution... Mais nous n'en avions pas vraiment conscience, pris comme nous l'étions dans des schémas anciens. Nous avions alors 20 ans, quelques-uns plus, d'autres moins. Et nous avions un désir débordant de mordre la vie, de plonger de tout notre corps dans une aventure enivrante, de profiter au maximum de tout ce que la vie pouvait nous offrir, ici, tout de suite, sans attendre ni le paradis céleste, ni le grand soir. "Qu'est-ce que vous voulez ?", nous demandait-on. On répondait : "Nous voulons tout !"
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.