Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La Société des Observateurs de l'homme (1799-1804). Des anthropologues au temps de Bonaparte
Chappey Jean-Luc
CTHS EDITION
46,00 €
Épuisé
EAN :9782908327458
La Société des Observateurs de l'homme (1799-1804), en dépit de son existence éphémère, constitue un témoignage essentiel sur la fameuse " transition " des savoirs entre les XVIIIe et XIXe siècles. Autour d'un projet scientifique particulièrement ambitieux, la construction d'une science générale de l'homme, les membres de cette société mettent progressivement en place les fondements théoriques et institutionnels d'un nouveau domaine de savoir qu'ils définissent sous le nom d'anthropologie. Bénéficiant de la reconnaissance des plus hautes personnalités politiques et scientifiques de l'époque, ces premiers anthropologues prennent une part très active dans les débats, souvent polémiques, qui touchent à la définition de la nature humaine, et participent aux plus grands chantiers scientifiques du Consulat : l'observation du jeune enfant sauvage de l'Aveyron ; la rédaction des instructions de voyage destinées aux membres de l'expédition maritime du capitaine Baudin. Accueillant des anatomistes, des hygiénistes, des antiquaires, des linguistes, des pédagogues..., la Société des Observateurs de l'homme s'impose comme un véritable laboratoire d'idées où viennent se cristalliser les interrogations anthropologiques les plus diverses touchant aussi bien au statut du " sauvage " qu'à celui de l'infirme, de l'étranger ou de l'enfant. Mêlant étroitement l'étude prosopographique et l'analyse des logiques qui guident la construction de son projet anthropologique, cette approche renouvelle en profondeur l'histoire de la Société des Observateurs de l'homme tout en faisant largement écho aux luttes Intellectuelles, mais aussi politiques et religieuses, qui traversent la période consulaire. Cette relecture ouvre de nouvelles perspectives à une plus large connaissance de la vie scientifique des années 1800. Il faudra désormais placer les Observateurs et leurs activités aux côtés de l'Institut national et des Idéologues, au risque d'ignorer une étape essentielle dans l'histoire des productions et des pratiques intellectuelles de la Révolution française.
Résumé : " C'est une révolte ? Non Sire, c'est une révolution ! " Cette citation pseudo-historique peut prêter à sourire, et pourtant... Comme louis XVI, ceux qui ont été les premiers témoins et acteurs de la Révolution française se sont interrogés sur l'événement (subi par certains, voulu par d'autres) qui marque une rupture majeure dans l'ordre politique et historique. En France comme en Europe, la conscience de cette rupture va s'imposer progressivement au rythme de la diffusion de la notion et de l'acte de " révolution ", désignant désormais non un retour cyclique mais une coupure irréductible dans l'ordre du temps. Des crispations du " despotisme éclairé " à la " crise " des Lumières, comment rendre compte transformations profondes, mais toujours différentes selon les espaces, qui traversent les sociétés américaines et européennes bien avant 1789 ? Des logiques économiques, sociales, politiques, culturelles, unifient-elles, unissent-elles les différents mouvements, émeutes, soulèvements, révolutions ? Existe-t-il des facteurs de déclenchement commun ? Pourquoi des régions sont-elles plus touchées que d'autres ? Quel est le poids des réalités et des identités nationales ? Quelle est l'influence respective des modèles américain et français ? Voici quelques-unes des interrogations qui ont conduit le présent ouvrage, dont la périodisation privilégie évidemment la Révolution française, son expansion et son audience européenne et internationale.
Le 5 novembre 1792, Robespierre se présente de nouveau à la tribune. C'est toute l'action de la Commune de Paris qu'il défend : "Citoyens, vouliez-vous une Révolution sans révolution ? Les insurgés doivent être regardés comme fondés de procuration pour la société tout entière. Si vous désavouez les moyens que nous avons employés pour vaincre, laissez-nous les fruits de la victoire ; reprenez votre Constitution et toutes vos lois anciennes, mais rendez-nous nos concitoyens, qui sont morts pour la cause commune ! La sensibilité qui gémit presque exclusivement pour les ennemis de la liberté m'est suspecte. Cessez d'agiter sous mes yeux la robe sanglante du tyran, ou je croirai que vous voulez remettre Rome dans les fers." Les applaudissements de la tribune et de la majeure partie de la Convention saluent Robespierre. En vain certains s'efforcent de se faire entendre, de limiter l'effet produit. Une foule immense l'acclame et lui fait cortège. C'est la réponse de la canaille aux honnêtes gens de la Gironde.
Résumé : "Louis Pasteur s'est imposé en figure du Grand Homme, bienfaiteur de l'humanité et savant républicain. Ses travaux ont été érigés en étape décisive, non seulement de la médecine, mais aussi de l'idéologie scientiste et progressiste. A l'inverse, ses adversaires, pourtant nombreux, sont délégitimés et ravalés au rang d'irréductibles réactionnaires et de parfaits incompétents. De fait, Pasteur impose un nouveau modèle de médecine : une science de laboratoire, tenue à l'écart de l'opinion, voire secrète. Par là, elle semble correspondre au modèle d'une République qui promeut un nouvel ordre social et politique, fondé sur une version pédagogique de la raison qui justifie la domination sociale, sexuelle et coloniale. Les "microbes" participent ainsi à l'élaboration d'une forme de démocratie "moderne", entre élections et affirmation de la société civile qui fait émerger une forme de solidarité et de responsabilité fondée sur la pratique vaccinale. Tandis que domine une figure du savant et médecin mise à profit par la République pour sortir de la crise de légitimité politique à laquelle elle fait face." Ce livre revient sur la victoire de la médecine pasteurienne pour analyser les rapports entre la république et la science. Qu'est-ce qui rend le vaccin aussi clivant et situe ses partisans en défenseurs et ses adversaires en opposants au modèle républicain ? Prenant pour objet l'étude des discours et arguments des critiques de Pasteur et de ses recherches, cet ouvrage met à jour les enjeux politiques et sociaux de la vaccination que ne résume pas la question : est-elle plus liberticide que médicale ?
Chappey Jean-Luc ; Christen Carole ; Moullier Igor
Joseph-Marie de Gérando (1772-1842) est une personnalité centrale du monde politique, intellectuel et administratif de la première moitié du XIXe siècle. Il a souvent été célébré pour son rôle fondateur dans des champs aussi divers que l'histoire de la philosophie, l'anthropologie, le droit administratif, la philanthropie, ou l'enseignement mutuel. Au temps des révolutions, dans un contexte où débattent les premiers réformateurs sociaux, il offre, à la croisée des savoirs, des outils pour comprendre, normaliser et transformer la société : des pauvres aux sourds et muets, toutes les formes de marginalité deviennent des objets d'enquête et d'action. Issu d'un colloque interdisciplinaire, ce livre cherche à saisir toutes les facettes d'un acteur encyclopédique et de son parcours complexe entre la fin des Lumières et l'invention du XIXe siècle. Prenant en compte les renouvellements historiographiques les plus récents, les contributions réunies dans ce volume font le lien entre histoire intellectuelle, histoire politique et histoire sociale. Elles portent plus précisément sur la constitution de nouveaux savoirs de gouvernement, sur les modalités idéologiques et pratiques de réforme et de contrôle de la société et, plus généralement, sur les manières de penser les rapports entre les élites et le peuple dans une société libérale naissante.