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Des naturalistes en Révolution. Les procès-verbaux de la Société d'histoire naturelle de Paris (1790
Chappey Jean-Luc ; Corsi Pietro
CTHS EDITION
28,01 €
Épuisé
EAN :9782735507078
La Société d'histoire naturelle de Paris voit le jour le 27 août 1790. Comme beaucoup de sociétés savantes de la période révolutionnaire, elle est, sinon méconnue, quelque peu oubliée par les historiens des sciences qui privilégient trop souvent l'étude des institutions dominantes. Les procès-verbaux des séances rédigés entre le mois d'août 1790 et le printemps 1798 constituent des sources exceptionnelles pour l'analyse du fonctionnement d'une société savante pendant cette période riche en mutations institutionnelles et en transformations théoriques ou méthodologiques. Permettant de mettre à distance certains des stéréotypes et des interprétations canoniques véhiculés par l'histoire des sciences, ces sources précieuses permettent ainsi de saisir au plus près les respirations du travail des naturalistes soumis à diverses contraintes et confirment l'importance de l'histoire naturelle dans les dynamiques tant scientifiques que politiques de la Révolution française.
Résumé : " C'est une révolte ? Non Sire, c'est une révolution ! " Cette citation pseudo-historique peut prêter à sourire, et pourtant... Comme louis XVI, ceux qui ont été les premiers témoins et acteurs de la Révolution française se sont interrogés sur l'événement (subi par certains, voulu par d'autres) qui marque une rupture majeure dans l'ordre politique et historique. En France comme en Europe, la conscience de cette rupture va s'imposer progressivement au rythme de la diffusion de la notion et de l'acte de " révolution ", désignant désormais non un retour cyclique mais une coupure irréductible dans l'ordre du temps. Des crispations du " despotisme éclairé " à la " crise " des Lumières, comment rendre compte transformations profondes, mais toujours différentes selon les espaces, qui traversent les sociétés américaines et européennes bien avant 1789 ? Des logiques économiques, sociales, politiques, culturelles, unifient-elles, unissent-elles les différents mouvements, émeutes, soulèvements, révolutions ? Existe-t-il des facteurs de déclenchement commun ? Pourquoi des régions sont-elles plus touchées que d'autres ? Quel est le poids des réalités et des identités nationales ? Quelle est l'influence respective des modèles américain et français ? Voici quelques-unes des interrogations qui ont conduit le présent ouvrage, dont la périodisation privilégie évidemment la Révolution française, son expansion et son audience européenne et internationale.
De la fin du XVIIe au début du XIXe siècle s'étend l'âge des dictionnaires marqué par le succès éditorial de ces genres particuliers et l'affirmation d'une pensée classificatoire qui tend à prendre pour objets tous les éléments du réel, hommes, plantes, animaux. Les dictionnaires historiques et les listes de noms envahissent l'espace public et s'imposent comme de nouveaux supports de lecture du monde politique, social ou culturel. Il s'agit toujours, sous le prétexte de présenter un savoir ordonné, d'opérations de qualification et de disqualification, de réputation ou de stigmatisation. En faisant voler en éclats les modes de reconnaissance anciens, en laissant à des inconnus devenir du jour au lendemain des hommes célèbres, la période révolutionnaire va stimuler la production puis la diffusion d'un genre entièrement renouvelé, le dictionnaire biographique ayant pour vocation de dire qui est qui dans un monde bouleversé. L'auteur analyse ici les modalités à partir desquelles se construit l'écriture des notices biographiques. Une véritable bataille de portraits-écrits se déchaîne entre 1789 et 1840, dont l'enjeu est essentiel pour qui veut conserver et consolider sa réputation ou détruire celle de son adversaire. La biographie n'est plus seulement un récit de vie, elle devient un pouvoir affirmé dans l'espace public et politique, que jean Luc Chappey définit sous le terme de biocratie. A l'heure de Wikipédia, cette archéologie du Who's Who de la société révolutionnée s'impose comme une réflexion politique et critique sur les systèmes de reconnaissance des individus en profondes mutations et sur la construction historique des médias qui font et défont des réputations en période de crise.
Chappey Jean-Luc ; Gainot Bernard ; Mazeau Guillau
Alors que son legs est de plus en plus méconnu ou délibérément ignoré, la Révolution française n'est pourtant pas morte. De Tunis au Caire, de Tripoli à Sana'a, la révolution fait son retour dans l'histoire mondiale. Face au débat public que ces événements ont inspiré, les historiens ne peuvent se contenter d'une position de commentateurs. Les analogies paresseuses et anachroniques entre révolution et totalitarisme ne convainquent aujourd'hui plus personne. Les temps ont changé et ils invitent à interroger ce phénomène historique qui, à intervalles réguliers, vient rompre le cours du temps pour renverser les puissants et inventer des régimes censés être pins justes pour le plus grand nombre. Il s'agit de regarder la révolution bien en face, avec ce qu'elle charrie de méprises et d'occasions manquées, pour lui redonner sa dimension de laboratoire du politique.
L'invention du mètre, la création du cadastre et des départements, le développement des statistiques ou de la chimie moderne, l'éducation des sourds, mais aussi l'ouverture du Muséum d'histoire naturelle ou encore la fondation de l'Ecole polytechnique... Durant la Révolution française, la science a fait des pas de géant. Si le tribunal révolutionnaire a pu considérer que " la République n'a pas besoin de savants ", Jean-Luc Chappey, en nous emmenant sur les traces de Condorcet, de Lavoisier et des grands scientifiques de l'époque, nous montre que, sans eux, rien n'aurait été possible. Il a fallu faire la guerre et inventer de nouvelles armes, dresser l'inventaire des richesses de la France (les plantes, les livres, les oeuvres d'art...) et notamment celles saisies aux nobles ou au clergé, recenser la population pour mieux la connaître afin de repenser son éducation, se donner les moyens de forger un homme nouveau... Pour toutes ces tâches, les savants furent en première ligne. Classer, informer, réglementer, combattre, soigner, voyager : les scientifiques, au lendemain de la Révolution, ont à la fois oeuvré à la construction politique et sociale de la France et légué au monde des avancées qui traverseront les siècles.