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Rien n'est jamais fini
Chapelan Maurice
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246004585
L'auteur durant les années folles (1930-1936). La dèche à Montparnasse, les combines, les aubaines, les frasques. Intermède militaire en Corse, héroï-comique et libertin. Des personnages de tous les milieux croqués avec esprit. L'amour et les aventures galantes mêlés aux amitiés et aux premiers essais littéraires. Enfin, le portrait, cruellement indiscret mais fraternel, de Bernard Grasset, dont Maurice Chapelan fut le secrétaire. Tous les apprentissages parfois risqués de l'homme et de l'écrivain d'où sortiront le moraliste désinvolte de {Main courante}, d'{Amoralités familières, d'Amours, amour}, et, en 1972, le conteur tendrement cynique de {Mémoires d'un voyou}. Son jaillissement, d'une liberté surprenante, permet au lecteur de voir le livre se faire : le présent y recoupe sans cesse le passé, et les réflexions du narrateur, cocasses ou profondes, le récit toujours si vif de ses souvenirs. Partout à son habitude, d'une sincérité absolue. "Se peindre petitesse nature, si besoin est, écrit-il, me paraît être l'une des formes recommandables de la grandeur".
Courtois, ou contraint de l'être, et enclin à quelques sévérité envers soi, il est impossible de publier tel quel tout ce qu'on a pu recueillir au jour le jour, dans de petits carnets toujours dans la poche, où ont fini par s'entasser, après plusieurs lustres, propos, anecdotes, indiscrétions, choses vues, souvenirs, aveux, aphorismes ou notations qui, pour devenir aphorismes, n'attendaient qu'un peu plus de rigueur dans le style. Il s'agit de trier, de faire un choix et parfois de polir. C'est ainsi qu'en ordonnant tant bien que mal ce que la nature des choses avait fait naître dans le désordre, avec le souci d'éliminer à la fois l'inopportun et l'indésirable, j'ai vu le présent ouvrage s'organiser librement autour d'un petit nombre de thèmes. Donc, tout ici n'est pas dit, ni ne pouvait l'être, mais ce qu'on a consenti de livrer, du moins ne porte-t-il pas de masque (si ce n'est quelque initiale ou un pronom personnel ne renvoyant à personne) : je veux bien que ce soit le comble du déguisement. Si j'ose enfin faire paraître ces pages, c'est qu'à défaut d'une oeuvre qui justifiât l'intérêt de seconde main qu'on y pourrait prendre, je les tiens pour la première manifestation de cette oeuvre même, sachant que je n'écrirai rien qui le soit sous une autre forme, par la raison que des notes au gré de ma fantaisie sont la façon de m'exprimer la plus naturelle et qu'il n'y a d'autre devoir, ou mieux d'autre bonheur pour un écrivain, que faire simplement ce pour quoi il se sent fait. Peu de lecteurs s'affectionnent à cette sorte d'ouvrage : j'appartiens à ces lecteurs-là. Rêverais-je meilleurs ? M. C.
Depuis Main courante, paru en 1957, qui obtint le prix du " Journal intime " et fut accueilli très favorablement par la critique, on sait que Maurice Chapelan a choisi de s'exprimer sous la forme de notes " au gré de sa fantaisie ". Il les griffonne sur des carnets à trente-cinq francs, qui entrent largement dans sa poche à côté de son portefeuille : " Ils ont quarante-huit feuillets quadrillés, avoue-t-il, retenus par un ressort à boudin, entre deux rectangles de carton souple et vaguement glacé, bleu, vert, jaune, orangé ou rouge. Ma femme les achète au petit bazar de Coye. " Cette forme littéraire, qui lui est la plus naturelle, a aussi l'avantage de se concilier fort bien avec le métier de journaliste et celui d'éditeur que Maurice Chapelan mène de front. S'il a intitulé Lire et écrire les nouveaux extraits de ses carnets que voici, c'est qu'il s'agit de réflexions qui lui ont été inspirées à la fois par sa double activité professionnelle et, bien entendu, par un retour sur lui-même en tant qu'homme qui lit et qui écrit avant tout pour son plaisir. Le présent ouvrage comprend, en outre, sept courts chapitres, groupés sous le titre Règlements de comptes, où l'auteur s'est fait un devoir de payer quelques dettes - ou parfois de réclamer son d-. Et comme il lui est arrivé de traduire quelques poèmes de Novalis, de Hölderlin et quelques robaï d'Omar Khayyam, il les a glissés à la fin du livre, en se disant que s'il ne leur faisait pas une place là ils ne sauraient en avoir nulle part.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
Résumé : Après " La pensée post-nazie " et " L'autre pensée 68 " , tous deux publiés au printemps 2018, voici le dernier volume de l'extraordinaire chantier de Michel Onfray : écrire une " contre-histoire " de la philosophie, cheminant le long de la philosophie officielle, majoritaire, face à elle, et envisager une contre-philosophie embrassant tous les domaines, métaphysiques, esthétiques, politiques, phénoménologiques, poétiques, sociaux. Et proposant des oeuvres, des lectures, des philosophes inconnus. Voici donc " La résistance au nihilisme " . " Les promesses de Mai n'ont pas été tenues. La révolution politique n'a pas eu lieu, quelle qu'aient pu être ses formes. En revanche la révolution métaphysique a eu lieu, elle a été libertaire. Le meilleur fut la fin d'un monde tout entier construit sur la hiérarchie qui, étymologiquement, suppose le pouvoir du sacré. Le patriarcat associé au monothéisme chrétien avait fait son temp. Pour autant, la fin des valeurs judéo-chrétiennes n'a pas été suivi par l'avènement de nouvelles valeurs postchrétiennes. Dès lors, l'abolition de la domination du supérieur par l'inférieur a accompagné une transvaluation des valeurs de sorte que l'inférieur s'est mis à dominer le supérieur. Jadis, le patron faisait la loi sur les ouvriers, les enseignants sur leurs élèves, les parents sur leurs enfants. Après Mai ce fut l'inverse. Révolte des esclaves aurait dit Nietzsche : le nihilisme comme symptôme de ce que les déshérités n'ont plus aucune consolation " . Après une longue introduction sur la construction du nihilisme (le " gauchisme culturel " , l'antifascisme et l'antiracisme revisités, le structuralisme, Deleuze, les nouveaux philosophes, Foucault, les libéraux libertaires, la " gauche libertaire " de Bourdieu...), Michel Onfray s'arrête longuement sur trois figures : Vladimir Jankélévitch ; Mikel Dufrenne et " l'affirmation joyeuse " ; enfin Robert Misrahi et " les actes de la joie " . Avant de conclure sur la vie philosophique...