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LACAN. LA SCENE
CHAMBON PATRICK
EPEL
24,99 €
Épuisé
EAN :9782354270247
Extrait Extrait de la préface de Claude Jaeglé Comment le corps d'un penseur se déforme-t-il pour accueillir la distorsion d'une idée nouvelle ? A quelle succession d'univers correspond une inspiration intellectuelle ? Patrick Chambon nous en montre un exemple : une gestuelle de prestidigitateur, des postures clownesques, une silhouette formant des lettres avec ses bras, ses jambes, un dandy déhanché en scène, la magie artisanale de Méliès, les lumières d'un cabaret expressionniste et toutes sortes de théâtres d'ombres... Lacan aurait été tous ces mondes et tous ces personnages pour devenir un grand théoricien de l'inconscient : c'est l'hypothèse qu'illustre Patrick Chambon en se faisant lui-même clinicien du néologisme. Cette mise en rapport d'un théoricien, non avec la rigueur objective de sa pensée, mais avec sa théâtralité et les manifestations de son public, pouvait conduire à une mauvaise caricature de Jacques Lacan. L'insistance de l'auteur à représenter un séminaire de psychanalyse dans les formes du music-hall, de même que le choix d'illustrer des néologismes, mode de pensée difficile à prendre au sérieux, achèvent la liste des dangers assumés par Chambon pour célébrer le psychanalyste de la rue de Lille. Ces planches dessinées sont d'autant plus un tour de force. Leur virtuosité a surpris ceux qui en ont été les premiers spectateurs. Voir Lacan revenir vers nous dans ce numéro burlesque provoque sur ses connaisseurs un étrange effet de reconnaissance : la distorsion que propose Patrick Chambon incarne des forces qui ont concouru à la création de cette pensée originale ; elle les rend visibles en figurant une multitude de personnages et de dynamismes que l'histoire des sciences et des idées n'autorise pas, en général, à reconnaître derrière la figure d'un penseur respecté. Ce sophiste redoutable que fut Lacan eut à redouter une attention intense, des perspectives fantastiques et de brutales variations de plan équivalant à un grand drame sous les projecteurs. Mais c'est bien lui, dans une apparence plus vraie que nature. De même restons-nous étonnés de découvrir qu'un événement de pensée - le séminaire de Lacan - est mieux rendu quand il est caricaturé avec finesse et humour. L'histoire de l'art a eu beau nous apprendre comment la caricature participe à l'établissement de l'exactitude historique, nous restons rêveurs et perplexes quand ce moyen formel concerne notre propre intérêt - avant de nous délecter de sa vérité non conforme. En ce sens, Patrick Chambon respecte au mieux la mission picturale qui n'est pas d'imiter la forme objective d'un événement mais d'en faire percevoir des traits essentiels par le choix de déformations spécifiques. Le bonheur paradoxal de ce graphisme à l'encre et au fusain est dans la délicatesse qu'il obtient par des images outrées, dans ce jeu entre ressemblance et équivalence qui, selon Gombrich, qualifie l'art de la caricature - à ceci près qu'elle ne comporte pas, chez Patrick Chambon, le dessein d'hostilité auquel Gombrich associe cette forme dans l'histoire de l'art.
Dès l'assassinat du tsar Alexandre II, les pogroms se multiplient et leurs victimes se comptent par milliers. Son successeur promulgue les Lois de Mai, très répressives envers les Juifs, pourtant étrangers à l'attentat. Entre 1881 et 1914, deux millions et demi d'entre eux fuiront alors la Russie. Evsei-Leib Doubrovsky, né en 1882 à Tshnigoff, au nord de Kiev, se réfugiera en 1905 dans la France des Droits de l'homme. Pour mieux s'intégrer, il francisera son prénom en Léon et, pour parachever son intégration, s'engagera dans la Légion étrangère pour la Grande Guerre. Il mourra en 1928. Son histoire, proche de celle de beaucoup d'émigrés juifs de cette époque, peut sembler banale. Elle est néanmoins singulière, car elle n'est que celle d'un seul homme, qui plus est le grand-père de l'auteur. Tout en relatant la vie de Léon et de sa famille dans le milieu de la confection parisienne, elle s'inscrit dans le contexte général de l'Europe de cette époque, de la Russie tsariste à la France des Années folles, en passant par les bouleversements de la Grande Guerre et de ses conséquences. Mais, pour l'auteur, il s'agit avant tout d'élucider une légende qui a bercé sa vie et dont il n'a réussi à percer le mystère qu'en menant une véritable enquête à partir de témoignages, de documents cachés, de recoupements et de ses propres souvenirs. La forme autobiographique et posthume à la fois fait du récit un roman. La mélancolie du sujet est contrebalancée par un humour sous-jacent, typiquement ashkénaze. Un cahier de 8 pages de photos de famille, plus une carte et un arbre généalogique éclaire cet itinéraire.
Parmi les plus de quatre cents formes de psychothérapies répertoriées, comment en retirer la quintessence ? Comment reconnaître les ingrédients de base utiles et indispensables ? Et surtout, comment les intégrer et les adapter au cas particulier de chaque patient ? C'est pour répondre à ces questions essentielles que cet ouvrage identifie et décrit de façon détaillée et pédagogique les principales techniques et attitudes permettant de favoriser le changement psychologique issues des écoles majeures de la psychothérapie. L'essentiel du livre détaille, avec de nombreux exemples cliniques et tableaux de synthèse, les applications techniques des facteurs communs des psychothérapies individuelles ambulatoires de patients non psychotiques.
Peintre, dessinateur et plasticien, Patrick Chambon s'invite au célèbre séminaire de Jacques Lacan sur le transfert (1960-1961), et rend compte, à sa manière, de l'interprétation du Banquet de Platon à laquelle se livre le psychanalyste, et notamment de son élaboration sur l'AMOUR. Dans ce livre d'artiste, il se met en scène feuilles et crayons à la main dans un amphithéâtre imaginaire où se côtoient philosophes grecs du temps de Socrate et auteurs d'hier et d'aujourd'hui, convoqués au gré de ses associations d'idées, comme dans une cure analytique. Au centre de toute l'attention, Lacan incarne et déploie l'interprétation d'un sujet, Socrate et d'un espace, celui de l'amour. Au dessus de l'épaule de l'auteur, le lecteur assiste à la construction d'une pensée qui se représente, se dessine, se montre et se forme dans les détours du discours du maître. Sur les doubles pages, circulent dans l'amphithéâtre les lignes en boucles, noeuds, tores, bandes de Moebius, lassos, qui viennent prendre les paroles de Lacan et les réactions du public... En associant le lecteur à cette dynamique, par des clins d'oeil et des apartés explicatifs, Patrick Chambon propose une entrée personnelle dans la théorie lacanienne et une mise en perspective originale du texte de Platon.
Alors qu'il entend dire l'essentiel de l'homme en tant qu'animal rationnel, le mot sujet sert aussi bien à désigner un cadavre en anatomie. De la liberté à la servitude, son spectre sémantique est si large qu'il frise l'homonymie. Le droit, la politique, la médecine, les lettres, les arts ne sauraient s'en passer. Sa carrière philosophique? Prestigieuse! Jacques Lacan en a fait d'emblée un leitmotiv de son enseignement. En lançant par la suite sa formule nouvelle d'un sujet représenté par un signifiant pour un autre signifiant, il ne lui a plus accordé identité ni réflexivité. Cette subversion, dont les étapes constitutives sont ici examinées, l'a placé dans de curieuses compagnies, tantôt avouées (Maine de Biran), tantôt inaperçues (averroïsme latin), parfois de circonstance (Foucault). En recoupant ces références disparates, le présent essai redonne à la trouvaille de Lacan son espace épistémique singulier. Et sa puissance d'appel.
Comment Marcel, le brillant mais stérile narrateur d'a la recherche du temps perdu, en est-il devenu l'auteur? Un tel passage à l'acte semble voué à rester une énigme. Cependant, la Recherche est ainsi construite qu'on peut induire l'idée dont Proust fut l'homme, celle qui lui a permis de réaliser sa «vocation invisible». Cette enquête lit Proust à la lumière de ce qu'il fait, souvent sans le dire, ou seulement à demi-mot. Elle montre que le lent accomplissement de sa destinée créatrice recèle une démonstration rigoureuse, aussi nouvelle dans ses principes ou dans ses fins que dans ses moyens romanesques. On ne songe guère à consommer de la philosophie dans Proust. À tort. Car, lorsqu'on relie le théorème du temps retrouvé à la structure profonde de la Recherche, l'idéalisme proustien apparaît alors comme une véritable leçon de créativité. Thierry Marchaisse est philosophe, éditeur, traducteur de philosophie anglo-saxonne (Quine, Rorty, Kripke). Il a publié avec François Jullien, Penser d'un dehors (la Chine), Le Seuil, 2000.