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Le Maggid de Mezeritch. Aux sources du hassidisme
Chalier Catherine
ARFUYEN
14,00 €
Épuisé
EAN :9782845902077
Extrait Esquisse biographique Rabbi Dov Baer de Mezeritch naquit dans une petite ville de Volhynie, au nord-ouest de l'Ukraine, entre 1700 et 1710. Peu de choses sont connues de son enfance mais ses parents, Abraham et Havah, estimaient descendre du roi David comme le rapporte une légende hagiographique souvent citée. Ils lui donnèrent une éducation juive traditionnelle : étude de la Torah et de ses commentaires ; du Talmud et de la Halakha (loi juive). Après un mariage précoce, comme requis alors, il continua dans la voie de l'étude et de l'enseignement, vivant dans une grande pauvreté presque exclusivement des revenus d'une petite boutique tenue par sa femme. Les commentateurs soulignent que le caractère ascétique de sa vie était autant une nécessité qu'un choix qui correspondait bien à son caractère et à sa conception de l'existence humaine. Cette austérité allait de pair avec une certaine tristesse, voire une tendance à la mélancolie qu'il parvenait toutefois à surmonter en transmettant force et joie à ceux qui venaient écouter son enseignement. Elle l'incitait aussi à la solitude et au silence. Or la mélancolie, le propre des âmes élevées qui ne peuvent s'accommoder de la vie quotidienne dite normale, comme l'estime R. Schneour Zalman de Liady, rend la vie douloureuse alors qu'elle cache une étincelle qu'il s'agit de délivrer et de faire grandir afin qu'elle éclaire autour de soi. La rencontre entre Rabbi Dov Baer et le Baal Chem Tov, dit le Becht, le fondateur du hassidisme en 1734 selon la date officielle, sera sur ce point révélatrice et libératrice pour lui. Sous son influence, ce mouvement s'était développé en Podolie, au sud-ouest de l'Ukraine, et en particulier à Miedzyboz où le Becht résidait, attirant beaucoup de juifs par son charisme et son enthousiasme, par ses capacités thérapeutiques, par le renouveau émotionnel qu'il apportait jusqu'au coeur de l'étude et par son souci des gens simples. Sur fond d'une crise sociale et religieuse due au délitement des autorités traditionnelles incapables de s'imposer comme pôle unificateur et à l'intrusion de la modernité naissante, le Becht (1700 P-1760) avait su redonner confiance et espoir à beaucoup de juifs. A l'époque de sa rencontre avec R. Dov Baer, il jouissait d'ailleurs d'une notoriété certaine et son enseignement avait touché des milieux très divers. Son nom, Baal Chem Tov, le «Maître du Bon Nom», fait allusion à une tradition de magiciens ou de guérisseurs qui aidaient les plus pauvres, voire pratiquaient l'exorcisme, grâce à leur initiation à la connaissance des saints noms. La grande innovation du Becht aurait été toutefois de s'adresser à un public plus large que celui issu des maisons d'étude traditionnelles (yechivot) pour lui transmettre un savoir issu de ses études de la tradition mystique. Ce qui lui sera fortement reproché par ses opposants. Prenant au sérieux la souffrance et les violences subies par les populations juives durant leur exil parmi les nations - le souvenir des massacres de 1648 en Podolie était proche - il s'efforçait de les interpréter - non de les justifier -, selon des thèmes issus de la Cabale. Toutefois la joie était surtout au centre de son enseignement puisque celui-ci suggère un chemin individuel et collectif de salut qui, s'il exige une transformation de soi, n'est pas basé sur l'ascèse et le renoncement mais sur la joie propre à un renouvellement qui doit affecter la vie dans ses diverses expressions. (...)
Résumé : Notre existence n'est elle qu'une petite lumière au coeur de l'obscurité ? Il ne va pas de soi de penser que l'enfant - et tout être humain donc - vienne du néant, du rien. Socrate enseigne que la vérité est déjà en lui. Les sages du Talmud font baigner l'enfant à naître dans la lumière originelle. Pour ces pensées, pourtant très différentes, l'âme humaine est irréductible à un pur effet de la matérialité. L'autre pôle de notre finitude - la mort - a bien davantage été pensée par les philosophes et les théologiens. Vie et mort ne sont pas deux contraires, mais deux forces, l'une de création et l'autre de "décréation", elles concernent tous les champs de l'existence. Dans ce texte de réflexion puissant et lumineux, Catherine Chalier invite à penser la mort autrement. Pas seulement en constatant les effractions du mal, de la souffrance ; pas seulement non plus donc en méditant sur notre destinée ultime, que ce soit avec mélancolie, sagesse, voire espérance, mais plus simplement, de façon plus grave, en faisant en sorte que la pensée de la mort insuffle en nous une nouvelle urgence dans notre amour de la vie.
Résumé : Remercier et rendre grâce, en pensée, en parole et en acte, est souvent difficile. Notamment pour ceux que le malheur personnel épargne ou au contraire pour ceux qui sont trop éprouvés. Comment donc une vie à première vue condamnée à ignorer ce sentiment de gratitude peut-elle donc le découvrir, soudain ou peu à peu ? La crise sanitaire mondiale du printemps 2020 peut-elle jouer un rôle dans cette découverte ? Comment penser que la gratitude reste si souvent un tourment ? Pourquoi certaines personnes estiment-elles que celui qui remercie atteste son infériorité, par rapport à celui qu'il remercie ? Probablement parce que remercier place dans une position où les êtres humains affrontent une asymétrie entre eux. Reconnaître cette asymétrie, la voir comme une fragilité, mais aussi une richesse, voilà le chemin philosophique et spirituel que propose dans ce beau texte la philosophe Catherine Chalier.
Résumé : Témoin de l'emprise ténébreuse des idéologies qui ont présidé à tant de tragédies de ce siècle, Emmanuel Lévinas appelle à un éveil et à un dégrisement éthiques indissociables de la tâche de penser la priorité de l'autre. Pour lui, la philosophie ne peut trouver le chemin de cette orientation ultime sans se rendre attentive à la source hébraïque de la pensée. Une tension entre le mode grec de réflexion et la fidélité à la voix des prophètes anime donc son ?uvre. Ce livre montre comment elle autorise un bouleversement des concepts destinés à dire l'humain autrement.
Résumé : Les sources bibliques relatives aux rites concernant la pureté et l'impureté attestent que la pureté fut anxieusement cherchée dans le judaïsme ancien comme une façon de faire prévaloir les forces de la vie sur celles de la mort. Pureté et impureté, dont les modernes retiennent surtout les aspects anthropologiques, moraux et politiques, ne sont donc pas pensées comme des essences violemment exclusives l'une de l'autre. Il s'agit de forces en devenir qui peuvent s'altérer l'une l'autre. De nos jours, le désir de plaider la cause censée bénéfique des mélanges, en substitut d'une pureté jugée figée et menaçante, n'a-t-il pas cependant sa part d'illusions néfastes et destructrices ? Inversement, le souci de pureté défendu avec une âpreté redoutable et terrible, induit le désir de nier le devenir, de vouloir effacer les aléas de l'histoire et d'en réparer les tares. D'où son fanatisme. Dès lors, il faut analyser "l'autre pureté", une pureté animée par une tension créatrice et altérée par les mélanges qui lui permettent de veiller à l'oeuvre de la création et de faire grandir la vie, en soi et en autrui, sur tous les plans où elle s'exprime.
L'oeuvre de Rilke n'a cessé d'accompagner les éditions Arfuyen depuis leur création. De Rilke elles ont publié six ouvrages, souvent réédités : Le Vent du retour, trad. Claude Vigée (1989, rééd. 2005) ; La Vie de Marie, trad. Claire Lucques (1989, rééd. 1992 et 2013) ; L'Amour de Madeleine (1992, rééd. 2000 et 2015) ; Le Livre de la Pauvreté et de la Mort, trad. Jacques Legrand (1997, rééd. 2016) ; " Donnez-nous des maîtres qui célèbrent l'Ici-Bas " (2006), enfin Ainsi parlait Rainer Maria Rilke, trad. Gérard Pfister (2018). Le Livre de la vie monastique (Das Buch vom mönchischen Leben) a été écrit par en 1899 au retour de son premier voyage en Russie (avril-juin 1899) avec Lou Andreas-Salomé, à qui il est dédié. Il constitue la première partie du Livre d'heures publié en 1905. Lou Andreas-Salomé en conservait le manuscrit original qui sera publié en fac-similé en 1936 : y figurent à côté des poèmes de nombreux et précieux commentaires sur les lieux, les circonstances et l'état d'esprit dans lesquels ils ont été écrits par le " moine " réputé en être l'auteur. Ils sont reproduits ici pour la première fois avec les poèmes. Ecrit dans des circonstances exceptionnelles, ce texte est une des oeuvres les plus fortes, les plus " nietzschéennes " de Rilke, l'une de celle qu'Etty Hillesum gardait toujours avec elle. Peu et souvent très mal traduite en français (car très difficile à rendre), elle reste à découvrir par le public français.
Publiées seulement en 1997, les Select Meditations ont été écrites avant les Centuries et sur une longue période, sans doute de 1664 à 1667. Tout autant que la beauté de leur écriture, ce qui frappe dans ces textes, c'est la force de l'expérience qui les inspire. En bien des pages, ils témoignent d'un détachement et d'une lucidité qui évoquent l'Advaïta Vedanta : " Dans mes plus Intimes Retraites, certaines années, c'était comme si Personne d'autre que moi n'avait été dans le monde. Tous les Cieux étaient à moi, rien qu'à moi. Et je n'avais rien à faire d'autre qu'à cheminer avec Dieu, comme s'il n'y avait personne d'autre que Lui et Moi. Quand je vins parmi les hommes, je découvris qu'ils étaient des Trésors Surnuméraires. Et Seul je Demeure : le Goûteur de tout. " C'est une vision du monde dynamique et étonnamment moderne que Traherne nous apporte : " C'est nous qui sommes de nature Successive, l'Eternité ne l'est pas. Nous dépassons les arbres lors d'une promenade Bien qu'eux-Mêmes se tiennent immobiles. Les moments se Tiennent là, nous nous déplaçons, nous les dépassons et nous nous écrions que le Temps s'enfuit. [...] Mais il ne peut se déplacer ni même Bouger. Quelle infinie liberté dans Son Royaume ! " Toujours sa méditation de Traherne débouche sur l'émerveillement et la gratitude d'être un témoin de cette Vie et de pouvoir y participer.
Présentation de l'éditeur Pédagogique, ce guide de référence propose une lecture guidée de la Torah : il délivre l'histoire, les mots-clés, les grands récits et la philosophie de ce texte fondateur. Vivant, il repose sur de nombreuses citations et il décrit la position de la Torah sur les principales questions de société. Une approche nouvelle, qui introduit avec précision à la connaissance et à la compréhension de nos références culturelles communes.
De 1941 à 1943, à Amsterdam, une jeune femme juive de vingt-sept ans tient un journal. Le résultat : un document extraordinaire, tant par la qualité littéraire que par la foi qui en émane. Une foi indéfectible en l'homme alors qu'il accomplit ses plus noirs méfaits. Car si ces années de guerre voient l'extermination des Juifs en Europe, elles sont pour Etty des années de développement personnel et de libération spirituelle. Celle qui note, en 1942, " Je sais déjà tout. Et pourtant je considère cette vie belle et riche de sens. A chaque instant. ", trouve sa morale propre et la justification de son existence dans l'affirmation d'un altruisme absolu. Partie le 7 septembre 1943 du camp de transit de Westerbork, d'où elle envoie d'admirables lettres à ses amis d'Amsterdam, Etty Hillesum meurt à Auschwitz le 30 novembre de la même année.
Un récent ? et remarquable ? ouvrage de Sylvie Germain nous a permis de renouer avec la figure tragique d'Etty Hillesum, cette intellectuelle juive hollandaise morte dans les camps après s'être dévouée, dans le camp de transit de Westerbork, à ses frères raflés et promis à la mort. À côté de cet acte de foi d'une femme à un autre femme, d'une romancière à une martyre, l'ouvrage du jésuite Paul Lebeau apporte une autre vision, plus biographique et érudite mais non moins fervente. Ponctué d'émouvantes photos (d'Etty, de ses proches), basé sur une lecture patiente des 800 pages laissées par Etty Hillesum (dont certaines traduites pour la première fois), ce livre reconstitue la trame de ses angoisses et de son cheminement intellectuel ; un parcours intérieur nourri de philosophie et de contemplation esthétique auquel une "révélation" mystique donnera son sens, et la mort à Auschwitz en 1943 son couronnement tragique et sacrificiel. Un ouvrage précieux pour découvrir et approfondir la connaissance de cette s?ur d'Anne Frank et d'Edith Stein. --François Angelier
Nahum André ; Chanfrault Bernard ; Bensoussan Albe
Depuis des siècles, toute une tradition populaire d'humour et de sagesse marque le monde de la Méditerranée. Ecrivain, conteur, André Nahum offre ici avec les farces de Ch'hâ, personnage mythique du bassin méditerranéen, une anthologie d'histoires, d'expressions et de proverbes utilisés par les juifs de Tunisie. Certains ont été adoptés et adaptés par les juifs à partir du folklore arabe, d'autres sont spécifiquement juifs. Recueillies, pour la plupart, auprès de personnes originaires d'Afrique du Nord et d'Egypte, ces expressions de la sagesse populaire ont accompagné vingt siècles de présence juive au Maghreb. Originaire de Tunisie, médecin, André Nahum (1921-2015) a voulu conserver par ses livres la mémoire de la communauté juive de Tunisie. Il est l'auteur d'une demi-douzaine d'ouvrages sur les traditions orales des différentes communautés du Maghreb, l'humour populaire et le personnage de Djoha. Il a également publié un roman historique, Le Médecin de Kairouan, chez Ramsay.