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Toulouse au Moyen Age. 1000 ans d'histoire urbaine (400-1480)
Cazes Quitterie ; Catalo Jean
LOUBATIERES
45,00 €
Épuisé
EAN :9782862666303
A Toulouse, comme ailleurs, le Moyen Age - considéré comme la période allant de la fin de l'Antiquité au XVe siècle - est une période clef pour l'organisation du centre historique de la ville. Capitale des rois goths, tête de pont des souverains carolingiens, centre du pouvoir des comtes Raimond, puis relais de la puissance royale dans le Midi, Toulouse a connu un destin singulier et parfois brillant. Les monuments religieux qui subsistent de l'époque médiévale, comme les exceptionnelles églises de Saint-Sernin et des Jacobins, en témoignent de façon éloquente. Depuis trente ans, l'archéologie urbaine a livré, à travers les résultats d'une quarantaine de fouilles, nombre d'informations inédites sur son développement topographique et sur l'histoire de ses quartiers, de ses rues, de ses bâtiments civils et religieux, de ses maisons et hôtels particuliers. Confrontées aux données des archives, ces informations permettent de porter un regard nouveau sur la ville médiévale et sur les grandes étapes de son histoire pendant un millénaire.
Si Toulouse a pratiqué tous les arts, aux XIe et XIIe siècles, elle a manifesté un amour immodéré pour la sculpture. In situ, à Saint-Sernin ou à Saint-Etienne, elle se trouve aussi - et surtout - au musée des Augustins dont elle constitue indéniablement l'un des points forts. Que peuvent bien nous raconter, neuf siècles après leur création, ces sculptures qui furent faites pour un autre temps, une autre façon de penser le monde, un tout autre rapport à la société et au divin ? Cet ouvrage veut jeter un pont à travers le temps, pour mieux comprendre la singularité de cette Toulouse médiévale qui, d'une certaine façon, a façonné la ville actuelle.
L'actuelle église de la Daurade à Toulouse a remplacé un prestigieux sanctuaire démoli en 1761. Sancta Maria Deaurata (la " dorée ", à cause du magnifique décor de mosaïques à fond d'or tapissant les murs de son abside) a alimenté bien des légendes. On la disait fondée sur un temple gaulois, ou romain, dédié à Apollon ou Pallas. On a eu bien des doutes sur sa fonction : chapelle palatine des Wisigoths ou mausolée royal, église consacrée par saint Exupère au début du Ve siècle ? Pas un auteur, du XVIe au XXIe siècle, qui n'ait eu son avis. Rattaché à la grande abbaye clunisienne de Moissac en 1077, le monastère s'orne d'un cloître, l'église est progressivement transformée. A la fin du Moyen Age, la Daurade est à la tête d'immenses possessions dont les origines ont également fait l'objet de bien des spéculations. De tout cela, il ne reste que des fragments épars dans quelques musées... Jacqueline Caille rassemble ici toutes les sources disponibles, dispersées dans les fonds d'archives les plus divers et dans la bibliographie internationale. Elle rend ainsi possible l'étude de cet ensemble monastique exceptionnel, et fait revivre, à travers des documents inédits, la Toulouse du XVe siècle avec sa population, ses métiers et son organisation urbaine.
Que sont les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle aujourd'hui ? Assurément un phénomène sociétal du XXIe siècle, qu'analysent ici des chercheurs universitaires, des responsables politiques et institutionnels, des acteurs de terrain. Vers Compostelle. Cet ouvrage propose un regard pluridisciplinaire résolument tourné vers un phénomène contemporain : la réactivation des chemins de Saint-Jacques. Elle témoigne de la revitalisation de l'itinérance sur des sentiers aménagés, de son appropriation par les sociétés du XXIe siècle et des multiples initiatives observées dans les territoires traversés. Sa consécration par l'inscription au patrimoine mondial des " Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France " incite, vingt ans après, les chercheurs en sciences humaines et sociales à questionner le processus de construction de cet objet patrimonial. En interrogeant la valeur exceptionnelle de ce bien commun et la diversité de ses 78 composantes, cette publication met en évidence l'importance des traces et des témoignages historiques en des lieux spécifiques, comme les enjeux aujourd'hui incarnés dans les politiques publiques de développement culturel et touristique des territoires.
Plus qu'un traité de philosophie ou de théologie, L'Europe et la Profondeur doit être lu comme un "roman philosophique" - une enquête quasi-policière à travers la peinture, la littérature, l'histoire et la géographie, pour revenir à la source du destin de l'Occident. Celui-ci est pensé à partir de l'événement cardinal du départ du Christ et dé la détresse en laquelle il plonge l'homme européen, cette détresse induisant notamment les catégories nouvelles d'espace et de temps qui régissent aujourd'hui le monde. Dans sa première partie (Espace et lieu), s'aidant d'une réflexion sur la perspective considérée comme une méditation en actes autour de l'Incarnation, il est montré comment l'espace moderne - c'est-à-dire celui où l'étendue prend le pas sur le lieu - se met en place, espace libéré par le retrait du Christ, ce "dieu qui se dérobe", et, en ce dérobement, déracine et désenchante. Dans la deuxième partie (Temps et vérité) est étudié plus spécialement le phénomène dit de "la fuite des essences" pointé par Hölderlin dans l'hymne Patmos qui évoque justement le moment précédant le départ du Christ ; et comment ce phénomène signe le temps moderne, torrentueux et brisé, à la tonalité élégiaque. Enfin, dans la troisième partie (Histoire et Profondeur) apparaît véritablement le concept de Profondeur, car si espace et temps eux-mêmes changent, il faut bien qu'ils le fassent dans l'élément d'une dimension plus originelle qu'eux ; et cette dimension - appelée ici Profondeur et qui se déploie dans l'histoire - est ouverte par le seul christianisme. La "pensée la plus profonde" de l'ouvrage est que le christianisme agit dans l'histoire à la manière d'un nihilisme, ce qu'avait en son temps bien vu Nietzsche, mais sans aller tout au bout de cette pensée, c'est-à-dire sans aller jusqu'au retournement de l'Apocalypse. Ce nihilisme est un destin et c'est pourquoi toutes les tentatives politico-historiques du XXe siècle pour l'enrayer ont conduit ou conduiront à des catastrophes. La nostalgie d'une permanence qu'elles illustrent est à chaque fois, quoique sous des guises différentes, une apostasie du message christique. En ce sens, le commandement le plus absolu, et peut-être le seul, du christianisme est le Noli me tangere signifié à Marie-Madeleine par le Christ ressuscité, et qui exhorte l'individu à ne pas retenir le divin quittant le monde, mais au contraire à s'engager sans crainte dans la "profondeur sans étoiles" qu'ouvre ce départ. P. L. C.
Gommier, le narrateur, s'est retiré dans une maison du piémont. Cela aurait pu être ailleurs. Il y vit très simplement, n'a pas d'activité régulière, pas de métier précis. Il passe ses journées avec les quelques habitants qui sont encore là. Comme eux, il tue le temps entre l'oisiveté, les discussions sans queue ni tête, la recherche des champignons, la préparation des repas, les tournées de bière à la fête du village, la voisine dans les bois... Il s'adapte, il observe, il donne des coups de main, il s'intègre dans une société qui ressemble beaucoup à un jardin potager: utilitaire, des légumes de saison, quelques fleurs pour faire joli quand même, des bouts de bois qui traînent, un lieu bricolé, rafistolé, mais dans lequel rien n'est vraiment laissé au hasard. " Carne " est un livre drôle, rempli de personnages attachants faits de bric et de broc mais capables de raffinements soudains. Un roman où l'on croise tous les grands thèmes de la littérature : l'amitié, l'amour, la mort, le sexe, la cuisine... De la chaleur humaine à haute dose.
Dans ce treizième tome de L'Europe et la Profondeur, à partir d'analyses, tant picturales (Cézanne, Van Gogh, Lascaux, Vermeer, Picasso) que poétiques (Rimbaud, Hôlderlin, Rilke), Pierre Le Coz ne tente rien de moins que de raconter l'histoire des rapports que, depuis son origine, l'espèce humaine entretient avec l'image. Et cela comme si la capacité de cette espèce à "fabriquer des images" constituait, avant même peut-être le langage, sa véritable essence : de signature donc, non tant d'abord "poétique" que picturale. L'homme, avant que d'être l'homo sapiens de notre moderne anthropologie, serait-il cet homopictor : la créature qui, pour avoir loisir de configurer le chaos phénoménal d'un "univers sans images" (Rimbaud) en un monde de/du sens, doit faire passer cet univers au filtre de l'élaboration - par traitement préalable de celui-ci en "motifs" - de telles images ? Il faut donc lire ce Paradis des orages comme une sorte de plongée généalogico-pensive dans l'abîme du temps en direction de l'origine de notre propre espèce : comment l'homme est devenu "humain" par cette faculté qu'il a développée de tirer-"figure"-de/isoler-en-"motifs" les choses qui l'environnent. Faculté toutefois, qui, tout en ayant fait de lui ce "configurateur-de-monde" (Heidegger), trouve aujourd'hui sa sanction comme "hubristique" - en le mouvement de l'oubli de cette même essence picturale - dans cette inflation du procédé de l'image qui semble être comme la signature de notre époque. Ce pour quoi ce Paradis - de tonalité le plus souvent, dans le cours de sa rédaction, analytico-picturale - s'achève par un long examen du concept debordien de "Spectacle", avatar moderne- marchand de l'ancienne idolâtrie. Par quoi l'ouvrage, après cette exploration de l'origine ontologico-iconique de l'humanité, revient à des questions, elles, très actuelles et, pour cette humanité-là : la nôtre, tout ce qu'il y a de plus crucial : celles qu'avaient déjà abordées - quoique par des biais, selon, plus "philosophiques" ou plus "théologiques", voire très "politiques" - les tomes précédents du "grand récit" de Pierre Le Coz.
Le "Traité du Même" constitue le deuxième tome de "L'Europe et la Profondeur" publié en 2007 aux Nouvelles Editions Loubatières. Ici, en bien des points, la philosophie cède le pas à la théologie; la métaphysique à l'histoire, à la politique et à la critique sociale. Il s'agit maintenant de tirer les conséquences pratiques de ce qui, dans "L'Europe et la Profondeur", n'était encore qu'une "généalogie" de l'Occident. Des thèmes nouveaux ou seulement ébauchés dans le premier livre sont abordés de front, pour certains débouchant sur des analyses de l'actualité la plus brûlante sinon la plus vulgaire de notre monde. C'est ainsi qu'à côté de relectures des grands textes de la tradition littéraire (Dante, Kafka, Chrétien de Troyes, Shakespeare, Dostoïevski, Saint-Simon, Proust, etc.), on trouvera dans ce "Traité du Même" des examens approfondis de phénomènes très modernes tels que le système néo-libéral, la laïcité, le sionisme, le mouvement caritatif, le persistant malaise de l'école, le "Spectacle" et les émissions de télé-réalité - examens qui, menés dans une lumière historico-théologique, risquent d'en surprendre plus d'un. Si notre temps est celui d'une détresse maximale, il offre aussi, en contrepartie, la possibilité d'assister au dégagement de la signification profonde des choses. En particulier, ce deuxième livre répond à une question qui, jusqu'ici, n'avait trouvé aucune réponse satisfaisante: pourquoi le capitalisme et l'industrie moderne sont-ils nés en Europe? Dans la dernière partie, enfin, une longue analyse de l'oeuvre du romancier de science-fiction Philip K. Dick ("les Variations ubikiennes") introduit à la méditation autour de la kénose christique, vrai noyau de l'ouvrage: au "dieu qui se retire" de "L'Europe et la Profondeur" répond le "dieu qui se vide" de ce "Traité", et, en ce "videment", permet l'envoi d'une guise nouvelle de l'être dont la guise technique, aujourd'hui planétairement dominante, n'est que l'ombre portée. C'est leur confrontation de plus en plus visible à mesure que l'époque va vers sa fin - confrontation qui prend l'aspect d'une rivalité entre les deux figures de "l'Empire et du Royaume" - qui confère aux temps modernes leur tonalité nettement apocalyptique, expression à entendre ici au sens d'une "mise à découvert" de ce qui est en route depuis le commencement de la piste temporelle ouverte par l'Evénement de la Révélation.