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Conditions nobles et ignobles. La constitution du perfectionnisme moral émersonien
Cavell Stanley ; Fournier Christian ; Laugier Sand
ECLAT
24,99 €
Épuisé
EAN :9782905372864
Après Une nouvelle Amérique encore inapprochable et Statuts d'Emerson, premiers jalons d'une présentation du transcendantalisme américain et de la reconnaissance philosophique d'Emerson et Thoreau, voici une ceuvre majeure de Stanley Cavell, où il poursuit la constitution de la philosophie américaine. Dans ces Carus Lectures, Cavell déroule le fil qui, partant de Nietzsche et Heidegger d'une part, de Kripke et Rawls d'autre part, nous conduit à ce qu'il appelle le perfectionnisme moral d'Emerson. Cette redéfinition radicale des problèmes les plus actuels de la philosophie - paradoxes de la connaissance et du scepticisme, fondement de la morale publique et privée - s'accomplit ici à travers la lecture des Recherches Philosophiques de Wittgenstein, et de films appartenant à la période classique de Hollywood. C'est l'occasion pour Cavell d'exposer et de défendre, engageant ainsi le débat avec Théorie de la Justice, une conception spécifiquement démocratique de la morale perfectionniste. Il la retrouve dans le cinéma américain, héritier d'Emerson, ainsi que dans la tradition littéraire et philosophique européenne.
Résumé : La projection du monde est un classique de la réflexion cinématographique, le premier livre consacré au septième art par un philosophe de renom. Connu par ses écrits sur Wittgenstein, Austin, Emerson et Thoreau, Stanley Cavell est le promoteur d'un retour en amont vers une authentique philosophie américaine, longtemps recouverte par les influences européennes, et dont l'une des caractéristiques essentielles consiste dans la reconnaissance et l'acceptation de l'ordinaire. Il était inévitable qu'un art si enraciné dans la vie et aussi spécifiquement américain que le cinéma constituât un chapitre essentiel de cette méditation. Partant de sa propre expérience de cinéphile au temps de l'âge d'or des studios hollywoodiens, Cavell souligne la spécificité d'un médium qui, à la différence des arts traditionnels, sut conserver un contact vivace avec un vaste public. Lecteur attentif des textes de Bazin et Panofsky, il propose une ontologie originale fondée sur d'innombrables souvenirs de films. Le livre témoigne également de la difficulté à rétablir un contact authentique avec le cinéma quand, d'occupation ordinaire et ludique, il devient objet de réflexion. Anticipant sur les méditations européennes (celle de Godard en particulier) de la conscience de cette perte, La projection du monde ouvre au cinéma l'espace du philosophique, et impose en retour au philosophe la nécessité de reconnaître l'importance du cinéma.
Cavell Stanley ; Fournier Christian ; Laugier Sand
Qu'est-ce que la philosophie américaine? La philosophie analytique, fondée sur la logique et l'analyse du langage et se revendiquant de l'héritage de Wittgenstein, et le libertarianisme d'autre part, répondra-t-on. Stanley Cavell préfère reformuler la question à nouveaux frais: Y a-t-il même une philosophie américaine? Question provocatrice? Malentendu, assure Cavell. Car comment entendre et recevoir Wittgenstein, si l'Amérique s'est déjà montrée incapable de faire place à un héritage proprement américain: la voix originelle et philosophique d'Emerson - et à sa suite de Thoreau -, qui annonce pourtant à sa manière Wittgenstein. Nietzsche, lui, ne s'y est pas trompé qui était grand lecteur d'Emerson, antiesclavagiste notoire, défenseur de l'homme sans condition, de la réalité apparemment triviale, mais théoricien du perfectionnement moral. Biographie de l'auteur Stanley Cavell, né en 1926, est professeur à Harvard. Il est une des grandes voix véritables de la philosophie américaine.
Résumé : "Le fondement de la présente publication est que la réception de Wittgenstein est encore à venir. Je ne dis pas d'ailleurs que ce soit une mauvaise chose. L'écriture de Wittgenstein n'est pas du genre qui se prête à la professionnalisation. Je ne dis pas non plus que cette absence de réception soit surprenante. Comme les grandes oeuvres modernes depuis un siècle, les Investigations philosophiques sont, au sens logique, ésotériques, autrement dit elles sont essentiellement et toujours en attente de réception. Elles ont donc les désagréments des oeuvres-cultes qui exigent, pour être reçues sincèrement, le choc de la conversion. Wittgenstein avoue lui- même que son oeuvre "semble détruire tout ce qui est intéressant, c'est-à-dire tout ce qui est grand et important". Mais ce qui s'exprime ici, dans l'idée de destruction, c'est en réalité un renversement de nos idées de ce qui est grand et important."
Dans le domaine métaphysique, le philosophe et théologien médiéval Guillaume d'Occam énonça des préceptes de simplicité passés à la postérité sous le nom de " Rasoir d'Occam " et sous la forme d'une injonction: Il ne faut pas multiplier les êtres et les principes d'explication au-delà de ce qui est nécessaire. Le " Rasoir de Kant " fait jouer ce même principe d'économie dans le domaine moral, et permet ainsi de dessiner les contours d'une éthique minimaliste, mais non moins propre à la vie sociale. Plus de deux cents ans après Diderot, Ruwen Ogien repose, à sa manière, la question du Supplément au voyage de Bougainville concernant les " inconvénients d'attacher des idées morales à certaines actions qui n'en comportent pas ", et soumet la réflexion morale à un diagnostic qui décevra sans doute les amateurs de certitude, mais réjouira ceux qui se refusent à la réduire au moralisme ambiant.
Résumé : Les Chatons des Sagesses des Prophètes (Fusûs al-Hikam) est le livre le plus célèbre d'ibn 'Arabi (1165-1240), qui dit l'avoir reçu de la main du prophète dans une vision en songe. Il y décrit les nombreuses 'semblantes' qui reconduisent à l'unité divine, où viennent s'enchasser les dires les grands prophètes, depuis Adam jusqu'à Muhammad, en passant par Idris et Abraham, Ismael et Jacob, Ezra et Jésus, Job et Jean, Moïse et Khâlid, embrassant dans un même geste 27 prophéties issues des trois monothéismes et se concluant par un hymne au féminin d'une étonnante modernité. Plusieurs fois publié, les Chatons des sagesses paraît ici non seulement dans une version intégrale, mais traduit sur la base d'un manuscrit autographe du plus proche disciple d'ibn 'Arabi, Sadr al-clin Qunawi, signé de la main de l'auteur. Le texte introduit à une pensée parmi les plus riches de l'islam spirituel, dont "l'influence fut d'une portée considérable" comme l'a écrit Henry Corbin, même si le soufisme d'ibn 'Arabi, qui privilégie l'imaginaire sur les intelligences, et considère que la divinité est trop vaste et trop sublime pour être enfermée dans un seul dogme, suscita autant d'enthousiasmes que d'anathèmes au sein de l'orthodoxie musulmane.
Dans ce long inédit, Benjamin Fondane révèle les implications philosophiques révolutionnaires qui découlent des travaux de Lévy-Bruhl (1857-1939) sur la mentalité primitive. En mettant à jour les mécanismes d'une logique différente, Lévy-Bruhl fait voler en éclat l'universalité de la logique d'Aristote sur laquelle repose notre pensée occidentale. Dès lors cette logique n'est rien d'autre qu'une arme politique qui fonde l'hégémonie de la rationalité. La démonstration de Fondane est implacable et bouleverse notre conception de la philosophie. Il nous incite à reconsidérer nos manières de penser et de vivre sous la contrainte de la raison, faisant écho à une tradition non aristotélicienne qu'incarnent des penseurs comme Michelstaedter, Lukasiewicz ou Alfred Korzybski.
Yona Friedman est né à Budapest en 1923. Il vit et travaille à Paris depuis 1948. Il a publié de nombreux livres, parmi lesquels: L'Architecture mobile (Casterman, 1970), Pour une architecture scientifique (Belfond, 1971), L'Univers erratique (PUF, 1994). Ses Utopies réalisables, publiées pour la première fois en 1975, ont été rééditées aux édifions de l'éclat en 2000.