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LA QUERELLE DE L'HYSTERIE. La formation du discours psychopathologique en France (1881-1913)
Castel Pierre-Henri
PUF
21,28 €
Épuisé
EAN :9782130494010
Lorsqu'on évoque aujourd'hui Charcot à la Salpêtrière, ou ses belles hystériques en crise, l'ombre de Freud se profile aussitôt, et la psychanalyse paraît balayer ce qui n'aurait été qu'une formidable méprise. De ce que fut la querelle de l'hystérie et des débats féroces que suscitèrent, indépendamment de Freud, les essais pour en comprendre les symptômes, nous ne savons plus rien. Babinski, Bernheim ou Delboeuf font sourire, comme des trouvailles érudites pour historiens de la médecine, et leur incroyable ingéniosité n'arrête plus personne. Mais que se passe-t-il, si l'on prend au sérieux leurs observations et leurs arguments ? On s'aperçoit que l'idée banale selon laquelle Freud aurait été le seul à avoir aperçu l'énigme sur laquelle Charcot avait buté tombe d'elle-même. En lieu et place de cette Vulgate, surgit, comme le montre Pierre-Henri Castel, une multiplicité d'options épistémologiques, dont la psychanalyse a bifurqué, et qui ont chacune leur histoire : la séméiologie neurologique, la médecine psychosomatique, la théorie du psychisme morbide. Mais on s'aperçoit aussi que cette dispute médico-philosophique " fin de siècle ", apparemment obscure, a été un véritable séisme, dont les ondes concentriques se font encore sentir et ont bouleversé les représentations les mieux établies du positivisme, du romantisme et de l'individualisme libéral.
Résumé : Ce volume offre une introduction à Freud articulée autour de sa thèse la plus célèbre, mais qui demeure aussi invraisemblable qu'à la première heure : un inconscient sexuel régit la vie psychique, y compris dans ses prétentions intellectuelles, morales ou esthétiques. La notion traditionnelle du moi est du coup ébranlée par les conflits multiples, et souvent insoupçonnés, qu'y engendre la sexualité avec tous ces idéaux. L'accent, cependant, n'est pas ici mis sur les conséquences anthropologiques ou éthiques qui devraient s'ensuivre. Il est placé sur la justification de la thèse elle-même. Comment Freud a-t-il travaillé pour la formuler et la défendre, tant dans le contexte où la psychanalyse est née (celui de la sexologie naissante, de la psychopathologie des névroses et du darwinisme), qu'au fur et à mesure du développement de la théorie dans l'espace de ses propres difficultés (quand il fut en particulier confronté à la résistance des patients à la guérison) ? Comment cette thèse peut-elle, encore aujourd'hui, mobiliser la réflexion des psychanalystes sur les responsabilités qu'implique leur pratique - d'autant que la teneur sexuelle des symptômes n'est pas toujours patente ? Ces analyses sont destinées à tous ceux - philosophes, psychanalystes, psychologues, etc. - qui s'intéressent à la psychanalyse et aux souffrances psychiques, dans la mesure où elles relèvent d'un fond humain extrêmement riche, sur lequel elles se détachent, et à partir duquel elles deviennent intelligibles.
Résumé : Non, la psychanalyse d'enfant n'est pas une technique médico-psychologique pour traiter les symptômes mentaux des enfants qui leur applique des procédés d'abord mis au point pour les adultes par Freud. C'est un rituel thérapeutique qui existe chez nous comme dans toutes les sociétés humaines pour parer aux échecs de la socialisation primaire des enfants. Non, la psychanalyse d'enfant n'est pas une technique médico-psychologique pour traiter les symptômes des enfants, qui leur appliquerait juste les procédés mis au point pour les adultes par Freud. C'est chez nous, comme il y en a dans toutes les sociétés, un rituel thérapeutique pour parer aux échecs de la socialisation primaire des enfants. Pour le démontrer, Pierre-Henri Castel ne part pas des " grandes théories " d'Anna Freud, Melanie Klein ou Winnicott. Il examine ce que font les psychanalystes avec leurs petits patients : ils dessinent, racontent des contes et des fables et, surtout, ils jouent avec eux. Les notions-clés de la psychanalyse d'enfant, soutient-il, ne font jamais qu'expliciter l'implicite de ce savoir-faire. Ce renversement d'approche radical mobilise autant l'histoire que l'ethnologie et la théorie de l'art. Mais sa visée est morale et politique : comment des enfants naissent-ils à l'autonomie et à la subjectivité, et que faire quand le malheur et l'angoisse les en empêchent ? La psychanalyse d'enfant est alors reconstruite à la lumière de ces enjeux majeurs.
Etre un homme ou une femme est-il naturel ou culturel? L'identité sexuelle s'enracine-t-elle dans le corps, est-ce un donné physiologique, voire neurobiologique? Ou ne s'agit-il que d'un rôle qu'on joue, qu'on pourrait intervertir avec d'autres et dont on puisse altérer le texte?La métamorphose transsexuelle est une voie d'accès privilégiée à ces interrogations, parce que le réel de l'identité, avant d'avoir pu dire son mot, est ici forcé par un fabuleux acte autoconstructif: si tant de magistrats, tant de psychiatres sont embarrassés par les transsexuels, si leur affaire est à la pointe avancée de la bioéthique, de la critique de la culture ou de la protestation libertaire, c'est justement parce qu'ils assument leur identité comme une "construction sociale". Dans la sphère éthérée des débats savants, ils font sentir l'urgence d'une affaire de vie ou de mort, en un court-circuit inattendu entre une question de catégorisation et une atteinte directe à la chair.Le problème est, pour le dire d'un mot, métaphysique. Il vise le n?ud obscur qui attache ce corps à ce je; il oblige donc à dévoiler quelle nature humaine il faut, à un moment ou à un autre, nous supposer. Et il est à peine besoin de l'approfondir pour que la philosophie, la psychanalyse, mais aussi la médecine, la sociologie, le droit - toutes disciplines aspirant à sauver leur rationalité, voire leur scientificité, face à ce qui paraît la déraison même, "changer de sexe" - en ressortent ébranlés.Telle est la crise des certitudes qui motive cet essai.
Résumé : Voici deux essais sur le problème du Mal. Leur sécheresse conceptuelle, leur caractère argumentatif, sont de principe. Car ils sont tous deux animés d?une conviction forte : le Mal est une question philosophique qu?il faut ôter des mains des théologiens, des psychologues du crime et des critiques littéraires assoiffés de sublime. Faire le mal, et le plus de mal possible, obéit en effet à des règles rigoureuses, et il faut mettre ces règles au jour. Adoptant une posture analytique, Pierre-Henri Castel combat, dans un premier essai, deux idées communes : être pervers n?est pas soluble dans le relativisme culturel ou historique, pas plus qu?il n?existe de disposition naturelle à faire le mal. Le second essai, prenant la forme d?une lecture critique de l?Histoire de Juliette de Sade, interroge, au-delà de la forme littéraire, le programme philosophique et éthique de son oeuvre pour en révéler toute la portée : la pensée de Sade n?est pas une source de frissons délicieux, elle est objectivement dangereuse, elle ne parle pas juste du Mal ; elle le fraye.
L'ouvrage aborde des situations cliniques diverses (victimes d'agressions violentes, de viol et d'inceste, réfugiés du Kosovo ou du Rwanda) rencontrées lors de prises en charge individuelles ou de groupe. Il décrit le travail de survivance grâce auquel le psychisme mobilise des défenses actives contre les expériences d'anéantissement et contre leur fascination. Il analyse les processus psychiques comme la subjectivation de la mort et sa liaison à la vie qui permettent aux personnes de se remettre à vivre. Il souligne également le travail de reliance par lequel la personne violentée parvient à se relier à la communauté humaine et à restaurer un sentiment d'appartenance à l'humanité qui avait été détruit.
Les enseignants et formateurs du XXIe siècle peuvent-ils espérer que la psychologie scientifique les aide dans leur pratique? Cet ouvrage prend le parti d'affirmer que, même si la science ne peut apporter toutes les réponses attendues, elle peut identifier des conditions nécessaires mais non suffisantes! pour « apprendre et faire apprendre »: des conditions liées aux caractéristiques des apprenants en interaction avec celles de leur environnement d'apprentissage. Les psychologues d'aujourd hui n'étudient plus l"« Apprentissage » avec un grand « A », comme s'il s'agissait d'un objet défini et statique. Ils préfèrent en décrypter les mécanismes et les dynamiques spécifiques. Leur objet est donc moins « l'apprentissage » qu" « apprendre », verbe d'action qui permet d'intégrer les facettes cognitives, affectives et sociales en jeu. L'expression « faire apprendre » rappelle par ailleurs que l'action ne se déclenche pas nécessairement d'elle-même. Elle nécessite une implication de l'apprenant lui-même, mais aussi de celui qui lui transmet connaissances et compétences: l'enseignant, le formateur ou tout autre éducateur. Les auteurs ont dès lors choisi de convoquer les sous-disciplines de la psychologie qui, en 2006, peuvent l'éclairer: les neurosciences cognitives, dont fait partie la psychologie cognitive, la psychologie différentielle, qui cherche à comprendre les spécificités individuelles, la psychologie du développement, mais aussi la psychologie sociale et la psychologie de la motivation. En plus d'être collectif, cet ouvrage est donc pluridisciplinaire et fondé sur les travaux de recherche les plus récents, tout particulièrement dans les différents pays francophones.
Héraclès, Thésée, Jason, Athéna, Zeus... Tous ces héros et ces dieux nous sont familiers, mais connaît-on véritablement les mythes qui s'attachent à leurs noms? Pourtant, Ceux-ci revêtent une importance considérable pour qui se passionne pour l'histoire de la pensée humaine. Mais l'intérêt de les connaître concerne aussi chacun d'entre nous. Constamment repris, réutilisés dans la littérature antique, médiévale, mais également contemporaine, ils sont devenus des références que nul ne peut ignorer, un patrimoine que chacun se doit de connaître. Pierre Grimal, grand spécialiste des études latines, n'a pas eu pour objectif de proposer un système explicatif de ces mythes, mais de les faire connaître et d'apporter ainsi des éléments indispensables à la compréhension de nombreux textes et oeuvres d'art. Fruit d'un colossal travail d'inventaire et de classement des textes, ce dictionnaire est d'un abord simple, clair et précis. Classés par ordre alphabétique, les mythes sont accompagnés des références des textes qui en font mention. Complet et pratique, cet ouvrage publié en 1951, réédité de très nombreuses fois, est toujours précieux.
Résumé : L'ouvrage est destiné à tous ceux qui s'intéressent à la question fondamentale : " Est-ce que j'éduque bien ? " Parents, enseignants, éducateurs, responsables politiques, travailleurs sociaux, chercheurs peuvent y trouver matière à réflexion. Un modèle de besoins psychopédagogiques fondamentaux est présenté. Il tente de prendre en compte les dimensions les plus importantes entrant en jeu dans la construction de l'identité d'un individu : besoins affectifs, cognitifs, sociaux, idéologiques. Il donne donc un contenu - et, en cela, il constitue une véritable innovation - à la réponse à la question précitée. Par ailleurs, les auteurs s'interrogent : " Comment, concrètement, répondre au mieux à ces différents besoins ? " Pour cela, ils proposent un " système pédagogique multiréférentiel et intégré " car ils se sont aperçus que les divers courants de pensée pédagogique développent spécifiquement un besoin particulier. Ainsi, ils font correspondre une pédagogie à chaque besoin fondamental. Leur proposition - et c'est en cela que leurs propos sont " postmodernes " - est de ne pas privilégier un courant au détriment des autres. Chaque courant apporte des éléments importants. La multiréférence que chaque adulte doit intégrer dans un modèle pédagogique propre est, selon eux, une démarche incontournable. Leur conception de la formation des adultes est de faire de ceux-ci des sujets-acteurs, voire, mieux, des sujets-auteurs de leur projet éducatif. En d'autres termes, on peut dire que complexité éducative et agir communicationnel sont ici au c?ur des propositions.