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ESTHETIQUE DE L IMAGE FICTIONS D ANDRE PIEYRE DE MANDIARGUES
CASTANT
PUB SORBONNE
24,00 €
Épuisé
EAN :9782859444365
A la croisée de l'imaginaire, de la rhétorique et de l'art, l'?uvre d'André Pieyre de Mandiargues, écrivain, poète et critique d'art, produit des images au fil de récits qui les explorent sans fin. Ainsi, les peintures de Chirico, le surréalisme et Max Ernst, la photographie comme le cinéma proposent à cette écriture leurs modèles artistiques et parfois poétiques. Or, qu'énoncent de l'image les fictions de Mandiargues, littéralement sans icônes, mais qu'un effet d'image rend obstinément visuelles ? Mandiargues est enfant quand il voit sa mère dans les voiles noirs du deuil. Cette vision, messagère de la mort et médusante, sera le fondement de sa poétique : l'image procède d'abord du désastre. Chaos qui sera doublé d'une autre mort, symbolique et ontologique celle-là : c'est toujours en vain que les mots rendent compte du monde visible où ils s'épuisent. Parallèlement, apparaît une esthétique où l'?uvre de Mandiargues prend également source. L'image est déclinée dans une écriture qui, des spécificités des arts plastiques, fait son intrigue passionnée : la visualité, traduite en un inventaire critique d'elle-même, prend alors corps dans la langue. Sont créées de nouvelles modalités pour appréhender les temps de l'image, pour relire ainsi le temps panique, et les espaces de l'art, la couleur et la forme, la transparence et le son. André Pieyre de Mandiargues expérimente aussi loin qu'il se peut les relations entre le lisible et le visible, entre le texte et l'image, et, ce faisant, constitue une ?uvre, radicale et moderne, dont l'utopie découvre une esthétique de l'image en fictions.
Les paysages méditerranéens ? La construction de leur histoire comme l'expérience de leur aventure esthétique sont fécondées par les migrations, les nomadismes, les rencontres et les commerces géographiques (Fernand Braudel, La Méditerranée). Dans cette perspective, cet essai rend d'abord compte d'une poétique à l'oeuvre dans l'espace méditerranéen, puis d'une représentation en excès où se manifeste un goût des artistes méditerranéens pour l'art des contraires... Les paysages y apparaîtront, dès lors, comme une plate-forme de rencontres inter-sémiotiques, comme une mer des passages entre les images, les textes et les sons dont l'espace et son expression seraient, ici, les dépositaires, le miroir et l'arborescence. Logique de la mappemonde, note sur l'espace (pourquoi méditerranéen ?) est accompagné d'un cahier iconographique de photographies de Florence Chevallier, Bernard Guillot, François Méchain, Corinne Mercadier, Bernard Plossu, ainsi que de photogrammes extraits de films de Jean-Luc Godard et de Jean-Daniel Pollet.
Journal audiobiographique propose une petite histoire du son dans les arts contemporains : c'est-à-dire du son dans le corpus ouvert des arts plastiques, du cinéma, mais aussi de la radiophonie. Sur le principe du " journal ", qui donne son titre au livre et qui le structure, la plupart des 23 textes (articles ou entretiens) de ce Journal audiobiographique ont connu une publication ou une première présentation antérieures en revue ou catalogue lors des 10 dernières années. Depuis, ces textes ont été pour la plupart remaniés, fondamentalement ou en surface. Journal audiobiographique est donc un recueil d'articles de critique d'art et d'entretiens avec des artistes réorganisés en 4 chapitres thématiques : - le chapitre " Journal audiobiographique " est consacré à l'art radiophonique (au journal sonore du Testament d'Orphée de Cocteau, à Jonas Mekas et Laurie Anderson, à l'exposition David Bowie Is de Londres...) - le chapitre " Arts sonores " au son dans les arts plastiques (l'oeuvre vidéo de Tania Mouraud, les paysages sonores d'Alexandre Joly, Vinyle de Christian Marclay...) - le chapitre " Cinémas " explore la notion de plasticité du son au cinéma, dans le cinéma des artistes plasticiens (le son dans les films d'Alain Robbe-Grillet, dans Basquiat de Julian Schnabel, dans Zidane, un portrait du XXIe siècle de Douglas Gordon, dans le cinéma de Vincent Dieutre...) - le chapitre " Elégie " est une réflexion sur une esthétique contemporaine de l'invisible et de l'immatérialité (notamment Une Histoire de vent de Joris Ivens et Marceline Loridan...) Un parcours critique sonore, hors chronologie, presque spatial, qui propose une réflexion sur l'expérience de l'écoute.
Résumé : Pour composer ce récit polyphonique sur la Grande Guerre, cinq voix s'ajustent constamment. Celle d'un soldat dont les quatre années dans les tranchées sont autant le cauchemar que les signes d'un destin fait d'indigence, puis d'ascension sociale. Il y a aussi un narrateur qui, dans une ancienne maison familiale, relaie la mémoire de ce "Poilu" et, pour cela, part sur les traces, visuelles et littéraires, de son histoire. Il y a Thomas, critique d'art : il tient "en dilettante" un journal du centenaire de la Grande Guerre. Il y a encore la maison de famille de cette histoire insituable, mais figée dans une lumière fantomatique et pastorale (languedocienne ? cévenole ? ardéchoise ? ). Enfin, tel un fil d'actualité, des chroniques éditoriales des commémorations du centenaire sont intercalées. Dès lors, cinq voix construisent, dans un monde sensible et sa tragédie, une élégie pour l'humanité, d'hier et d'aujourd'hui.
Résumé : Comment définir la famille en Grèce ancienne ? Qui invite-t-on chez soi ? Suivant quelles modalités ? Pourquoi ? Longtemps, les historiens ont exclu la famille du champ d'étude de la sociabilité, considérant qu'elle relevait de la sphère privée. L'analyse de célébrations ritualisées et normées, le plus souvent festives (mariage, naissance, décès ; sacrifices, banquets, processions, danses, chants), entre parents, amis et voisins, autrement dit entre familiers (oikeioi), ainsi que des discours qui y font référence (tragédies, comédies, plaidoyers civils, discours philosophiques, lois), conduit cependant à éclairer des formes de sociabilité plus ou moins formelle propres à appréhender la composition de la famille grecque dans l'Antiquité, son ouverture, ses limites et à définir ses normes, sa cohésion et son identité par des comportements spécifiques et les liens créés. Elle permet également de situer les individus dans l'oikos en fonction de leur statut, de leur âge et de leur sexe. Les célébrations sont organisées et transformées en spectacle, les relations forgées sont théâtralisées. La famille est ainsi comprise comme un noeud de solidarités organiques et imbriquées, un espace de visibilité sociale aux frontières perméables et floues, plutôt que comme une structure juridique figée et un lieu d'expression du privé à l'intérieur de la cité grecque. Le livre met en lumière les liens qui se nouent et perdurent à l'intérieur de la famille et la manière dont ces relations tissées dans un cadre domestique façonnent des interactions plus larges de la famille à la cité, principalement aux époques archaïque et classique, dans le monde grec. Il pose en définitive la difficile question de la nature de la cité.
L'immigration algérienne des années 1950-1970 est souvent associée à un stéréotype, celui d'hommes seuls, débarqués par bateau à Marseille, logés dans des foyers Sonacotra ou des bidonvilles, à proximité de l'usine où ils travaillent. Ce cliché repose largement sur l'idée que le regroupement familial n'a été instauré qu'en 1976, après avoir mis fin à l'immigration de travail, et a conduit les partisans d'une politique migratoire restrictive à présenter l'immigration familiale comme l'origine des difficultés sociales qui affectent les banlieues populaires au début des années 1980. Pourtant, plus de 80000 familles algériennes vivaient déjà en France à cette époque. Au croisement de l'histoire coloniale, urbaine et des migrations, cet ouvrage retrace les trajectoires des premières familles algériennes installées en France, principalement à Nanterre et dans l'ouest de la région parisienne. Il mobilise à la fois des archives administratives, pour appréhender les politiques publiques mises en place à l'égard de ces familles, mais aussi des dossiers de regroupement familial, des entretiens ainsi que les archives privées de Monique Nerva ? une figure militante qui s'est installée dans le bidonville de la Folie à Nanterre dès 1959 ?, pour saisir l'expérience vécue par ces populations. Ces matériaux, en partie inédits, dessinent une autre image de l'immigration algérienne, où se côtoient les familles des bidonvilles, qui font pour certaines partie intégrante de la société de consommation, et les familles "invisibles", lesquelles, comme les ouvriers français, connaissent les logements trop petits, les taudis, mais aussi, parfois, les logements sociaux. Malgré tout, l'existence même des bidonvilles et de quelques segments du parc social concentrant des Algériens a servi de prétexte au développement d'une politique d'immigration spécifique, qui limite l'arrivée des familles algériennes après l'indépendance. A la fin des années 1970, les tentatives visant à exclure les Algériens du territoire échouent, mais le contexte de la crise économique, les discours hostiles et les pratiques discriminatoires à leur égard entraînent une rupture du processus d'intégration socio-économique amorcé au cours des années 1960.
La musique a-t-elle un genre ? " : dans les milieux autorisés, la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes. Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations. Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente. Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.
Résumé : La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un fait physiologique ou un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de " sexe " ne décrit pas la différence naturelle de l'homme et de la femme mais la produit, par la répétition des normes du genre que nos discours et nos pratiques sociales véhiculent sans cesse. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes d'homme et de femme, Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique globale de l'hétéro-sexisme, c'est-à dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité obligatoire. Trouble dans la matière part du contexte polémique de la réception de Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. L'ouvrage entreprend de mettre en lumière la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, mais aussi d'interroger, en retour, la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste. L'exploration de la postérité inédite de Marx qui se dessine entre Althusser et Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, fait de la construction du " sexe " le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui la ressaisissent. L'ouvrage envisage ainsi de penser la matérialité discursive de l'existence sociale, c'est-à-dire la manière dont le discours, esquissant les contours des sujets et des objets qu'il nomme, les constitue socialement comme tels. Il vise, à partir du problème de la construction discursive du sexe, à proposer des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale, et non simplement de la décrire ou de la refléter.