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Casuistique des psychoses. Du Nom-du-père au père pluralisé
Castanet Hervé
AVENIR LONGTEMP
20,00 €
Épuisé
EAN :9791095704065
Souvent les praticiens, même s'ils sont psychiatres ou psychologues, rencontrent la psychose - non sans angoisse pour certains -, sans avoir les moyens de l'identifier comme telle. Faut-il s'en accommoder ? Non ! Pour contrer cette attitude, un combat décidé s'impose. Deux thèses servent de balises. Thèse 1 : le père en majesté. C'est dans son Séminaire III, en 1955-1956, que Jacques Lacan élabore la psychose lacanienne. La multiplicité des psychoses, décrites par la psychiatrie, se trouve unifiée par un critère structural. Toute psychose dénude une opération psychique : la Verwerfung (= forclusion) qui porte sur le signifiant de la Loi - le Nom-du-Père. La structure psychotique est autonome et il n'est pas possible de la convertir en névrose. Thèse 2 : le père pluralisé. Cette forclusion est-elle le dernier mot de Lacan ? Nullement ! Dans les années 1970, Lacan va se passer du père en le pluralisant. Un enjeu se dénude : "Le choix est un choix forcé : ou bien notre clinique sera ironique, c'est-à-dire fondée sur l'inexistence de l'Autre comme défense contre le réel - ou bien notre clinique ne sera qu'une resucée de la clinique psychiatrique" (Jacques-Alain Miller). A partir de cas singuliers, pris un par un, ce livre tire des conséquences de ces deux thèses.
Le nom de Freud, toujours vivace, est inséparable de sa découverte: l'inconscient, et des conséquences qu'il en tire: la psychanalyse. Ce livre reprend avec force et limpidité les enjeux dégagés par Freud pour en éclairer les points cruciaux. Il démontre en quoi et comment la vexation que la psychanalyse fait subir à l'amour propre de l'humanité est toujours actuelle. Comprendre Freud, c'est entrer sur la scène de l'altérité: nous ne sommes ni notre seul cerveau, ni notre seul corps, ni notre seule famille... Notre spécificité est d'être des sujets qui parlent, assujettis au langage que le désir libère.
Macha Makeïeff a créé début 2018 une Installation minuscule et l'a aussitôt placée dans le hall du théâtre de La Criée qu'elle dirige. A s'approcher, on découvre, coincée entre deux piliers, une lourde et vieille cabine téléphonique des années 1930 transformée en reliquaire. Pourquoi y montrer, enchâssée dans une valise, une figurine de Macha petite fille qui regarde ? En quoi la comédie fantastique de Mikhaïl Boulgakov, La Fuite, y est-elle impliquée ? Quel spectacle immobile se joue ? Menons l'enquête en suivant ce fil de l'artiste : " J'avais besoin de cagibi, d'appentis, d'alcôve où emmurer un secret. " Le nouveau Sherlock devra savoir que l'artiste, avec son secret, toujours précède le psychanalyste puisqu'il livre l'accès à " la place de ce qui ne saurait se voir " (Jacques Lacan).
Résumé : La thèse neurobiologique : l'être humain est un cerveau, le cerveau est une machine à traiter de l'information. Logeant toute causalité dans le cerveau, cette thèse réduit l'être parlant au silence d'un organe. Aujourd'hui hégémonique, cette thèse prétend s'imposer à toute conception humaine et sociale, à la psychanalyse et à tous ceux qui y puisent une orientation, elle légitime la mise sous tutelle administrative des pratiques de la parole, elle postule le tout neuro. A l'endroit de cette idéologie, notre opuscule livre un combat épistémologique, concept contre concept. Car la psychanalyse, elle, fait valoir l'énonciation du sujet : celui-ci dit ce qui cause son tourment, le réel de son symptôme, qui emporte désir, amour et jouissance.
Résumé : Jacques-Alain Miller, né en 1944, est psychanalyste. A l'âge de vingt ans, à l'Ecole normale supérieure, il rencontre Jacques Lacan qui réinvente la psychanalyse. Depuis, il le commente, établit son Séminaire et en tire des conséquences comme aucun autre de ses contemporains n'y parvient. Homme d'action, J.-A. Miller a créé l'Association Mondiale de Psychanalyse pour promouvoir la psychanalyse ; il mène le combat pour la défendre. Son Cours à l'Université Paris VIII, L'orientation lacanienne, fait autorité mais le grand public le connaît mal. Ce livre, clair et argumenté, y remédie et démontre en quoi la psychanalyse au XXIe siècle implique trois noms : Freud/Lacan/Miller, désormais inséparablement noués.
A l'époque de "l'amour toujours" consommable et jetable, que veut une femme célibataire ? quelles ombres hantent l'homme célibataire ? Les passions qui génèrent soufrances du corps et afections de l'âme coupent le lien qu'elles invitent à nouer, condamnant le parlêtre au céli- bat. Lacan augure de la montée au zénith social de l'objet a, une nouvelle forme de solitude pour l'être parlant : la consommation des objets de jouissance, mise aux commandes par le discours capitaliste, afermit la jouissance Une. Au-delà de la solitude, le célibat pose la question du couple qui ne se constitue pas. La psycha- nalyse permet à qui l'entreprend d'identifer le partenaire de jouissance discret, masqué, qui objecte à son désir. Sylvie Goumet pointe sur ce nouveau malaise dans la civilisation l'éclairage de la psychanalyse orientée par Lacan et le fameux Il n'y a pas de rapport sexuel. Extraits de sa clinique, six moments d'analyse d'hommes et de femmes en proie à leurs em- brouilles permettent de saisir comment la psychanalyse les allège en accompagnant leurs propres trouvailles.
ECRITS-CRIEE est une revue semestrielle produite par le Théâtre national de Marseille, La Criée. Son nom : CRI-CRI. Ses textes, ses mots, ses images sont les témoins inventifs d une rencontre entre deux mondes : celui des artistes et des universitaires, des chercheurs. Joyeuse, imparfaite et malicieuse cette revue fait place à leurs paroles, leurs réflexions, leurs désaccords, leurs nouages... Elle récuse les états de fait. CRI-CRI dissidente ? Non, délicieusement créative ! CRI-CRI comme désir et jouissance de la pensée souriante, voilà la fabrique en papier et encre de Macha Makeïeff, Directrice de La Criée. La revue ECRITS-CRIEE joue sa partie sur le seuil où un réel nouveau émerge... et avec lui personne ne fait ami-ami. Il ne se laisse pas dompter. Faire de la création une formidable machine critique et des concepts des balançoires aléatoires ? Voilà le pari que relève le rédacteur en chef de la revue, Hervé Castanet, car, oui, il y a urgence à les faire se rencontrer.
Qu'invente chacun pour tenir dans l'existence ? Avec Lacan, nous savons que d'autres chemins sont possibles hors celui tracé par l'amour du Père, pour permettre que se nouent ensemble les trois dimensions : réel, symbolique et imaginaire. Mais le nouage tient-il ou a-t-il l'air de faire noeud ? S'il ne tient pas, s'est-il défait, et comment ? Quel bricolage s'esquisse pour épingler la langue au corps ? Ces questions guident l'analyste dans sa tentative de cerner, à travers les signifants propres à chacun, un mode de jouissance singulier. Elisabeth Pontier démontre au cas par cas ceci : à rebours de toute entreprise de normalisation, la psychanalyse permet à chacun d'inventer une solution singulière.
Macha Makeïeff, en 2015, crée Trissotin ou Les Femmes savantes de Molière dont elle réalise également le décor et les costumes. Depuis, la pièce tourne régulièrement, rencontrant un succès public et critique. Pourquoi y revenir ? Parce que le travail de Macha Makeïeff, radical et inventif, fait surgir un autre Molière. Il donne un coup de pied dans le carcan qui fige, depuis longtemps, cette comédie de génie. Une phrase de l'artiste fait boussole : "Plus que la misogynie, c'est cette terreur que provoque chez les hommes l'illimité du désir féminin qui m'a intriguée et, plus encore, le désarroi masculin qui en découle." Au passage, Lacan sera sollicité - lui déclarait : "toutes les femmes sont folles, qu'on dit. C'est même pourquoi elles ne sont pas toutes, c'est-à-dire pas folles-du-tout".