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La famille et ses embrouilles. Que dit aujourd'hui la psychanalyse de la famille ?
Castanet Hervé ; Laniez Gérard
AVENIR LONGTEMP
18,50 €
Épuisé
EAN :9782856030042
Le lien familial est le seul lien qui s'inscrit d'un rapport dont on peut rêver qu'il soit naturel. On aimerait croire que la famille anticipe le lien social, qu'elle est un avant la société. On a pu même rêver de construire une société sur le modèle de ce lien espéré naturel, premier. Force est de constater qu'il n'en est rien - le lien familial est une forme particulière du lien social. A ce titre, il est dénaturé, variable selon l'histoire et la géographie : la nature est un pot-pourri de hors-nature. Les sociologues, historiens et autres anthropologues l'ont démontré au cas par cas. La psychanalyse, elle, affirme sa thèse : le lien social se constitue à partir du trou du non-rapport sexuel. Le lien social supplée au défaut du rapport entre les sexes. Le lien familial nouant des parlêtres pour lesquels l'impossible est toujours certain, les embrouilles sont au rendez-vous - et ce rendez-vous est de structure. Les familles de nos sociétés contemporaines indiquent assez les changements de ce qui faisait jusqu'ici l'actualité clinique autant que politique, mais attestent également de la vitalité de la famille, à travers l'invention de mille et une façons de faire lien. Le découplage contemporain entre enfant et famille fait en outre apparaître que c'est à partir de l'enfant, pris comme objet a de la famille, que celle-ci souvent se structure - souvent n'est pas toujours. La question tombe : la famille ne peut-elle être régie que selon la loi de l'oedipe ? Justement, une clinique orientée par le réel de la jouissance aboutit à d'autres conséquences. La psychanalyse, à l'Ecole de Freud et de Lacan, à partir de son éthique, prend en compte cette évolution rapide de la famille en accueillant ces mutations comme des formes nouvelles du lien social et en se tenant prête à répondre aux demandes symptomatiques qui pourront en émerger au cas par cas. Une série de cas cliniques, présentés dans cet ouvrage, déplient ces questions et nomment les bricolages auxquels les parlêtres sont interpellés pour créer du nouveau.
Résumé : Dans cet essai, la psychanalyse ne convoque pas autoritairement les artistes - Poètes, vos papiers ! C'est l'inverse : il y a dans le travail des artistes un savoir - généralement insu d'eux-mêmes - qui implique la psychanalyse. Cette dernière se trouve mise à la question - " l' énigme étant de son côté " (Lacan, 1971). Cette psychanalyse impliquée oblige à une politique des conséquences : semblants et constructions de simulacres ne peuvent faire l'économie d'un réel. Ce réel est cause. Mots, images, concepts en sont des traitements. Quels sont-ils ? Quelle logique y préside? Quels résultats sont obtenus - et quelles impasses, quels ratages? Quels effets écrire ou montrer ont-ils sur les créateurs eux-mêmes? Le savoir de l'artiste touche précisément à ce réel de la cause - il en est sa doublure, son envers, son intime (et son extime !). Une mise en garde pratique : " [...] se rappeler avec Freud qu'en sa matière, l'artiste toujours le précède et qu'il n'a donc pas à faire le psychologue là où l'artiste lui fraie la voie " (Lacan, 1965). Le savoir de l'artiste et la psychanalyse fait suite à Entre mot et image paru chez le même éditeur en 2006.
Le mot « S K beau » est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l?esthétique de l?écrivainJames Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la foisfaire surgir le réel auquel l?artiste se confronte: au coeur du beau, ce S K énigmatique, hors sens.Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L?image fait voir, ellemontre en particulier; le mot désigne, il est porteur d?universel. Hervé Castanet indique une autre direction: l?image se construit, nous dit-il, à partir d?une faille, d?une béance, d?une rupture. C?est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu?il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l?écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. A ce titre, ils touchent au corps. A travers les exemples d?écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l?art, tels Constant, Jorn, Debord, d?un théologien comme Origène, Castanet s?attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S K beau, chaque artiste dénoue et renoue l?image ou le mot pour y forger un « trou réel ».
Un psychanalyste choisit d'exposer précisément quatre cas relevant de la clinique appliquée aux psychoses, plus un, célèbre, celui d'Antonin Artaud. Pourquoi un tel livre aujourd'hui ? Assurément pour casser quelques stéréotypes sur ce que fait, ou ne fait pas, un psychanalyste avec des analysants psychotiques. Trop de balivernes se colportent encore et parfois au nom de Lacan. La conception déficitaire de la psychose comparée à la névrose a la vie dure. Mais ce livre ne se limite pas à cet enjeu. Il se propose de montrer en quoi s'orienter du dernier enseignement de Lacan a des effets radicaux pour la clinique psychanalytique en général, et avec des analysants psychotiques en particulier. " L'inconscient est le témoignage d'un savoir en tant que pour une grande part il échappe à l'être parlant. (Chacun) présente toutes sortes d'affects qui restent énigmatiques. Lalangue nous affecte d'abord par tout ce qu'elle comporte comme effets qui sont affects. " (Lacan) La seule définition freudienne de l'inconscient comme discours de l'Autre scène n'est plus utilisable. Lacan propose d'y substituer la clinique du parlêtre : le signifiant percute le corps, faisant sourdre la jouissance. La psychanalyse change, et la conduite des cures avec elle : " Quand on analyse l'inconscient, le sens de l'interprétation, c'est la vérité. Quand on analyse le parlêtre, le corps parlant, le sens de l'interprétation, c'est la jouissance. Ce déplacement de la vérité à la jouissance donne la mesure de ce que devient la pratique analytique à l'ère du parlêtre. " (Jacques-Alain Miller).
Résumé : Jacques-Alain Miller, né en 1944, est psychanalyste. A l'âge de vingt ans, à l'Ecole normale supérieure, il rencontre Jacques Lacan qui réinvente la psychanalyse. Depuis, il le commente, établit son Séminaire et en tire des conséquences comme aucun autre de ses contemporains n'y parvient. Homme d'action, J.-A. Miller a créé l'Association Mondiale de Psychanalyse pour promouvoir la psychanalyse ; il mène le combat pour la défendre. Son Cours à l'Université Paris VIII, L'orientation lacanienne, fait autorité mais le grand public le connaît mal. Ce livre, clair et argumenté, y remédie et démontre en quoi la psychanalyse au XXIe siècle implique trois noms : Freud/Lacan/Miller, désormais inséparablement noués.
Comment des hommes, des femmes font-ils couple au XXI e siècle ? A l'ère du capitalisme, de l'avènement de la science et des technologies, ce n'est plus la loi symbolique qui ordonne le lien social dont le mariage et la famille étaient les piliers. Les couples se font, se défont, conjugalité et parenté ne riment plus nécessairement, la famille traditionnelle se fragmente et se recompose autrement. Il ne s'agit pas de regretter le passé mais de repérer les conséquences de ces mouvements. Dominique Pasco suit Lacan lorsqu'il réintroduit le réel comme constitutif du parlêtre. Au registre du hors-symbolique, il n'y a pas de programme génétique pré-établi qui écrirait le rapport entre les sexes. En réponse, chacun bricole, invente son lien et, pour ce faire, en passe par une médiation : son symptôme. Le partenaire en question n'est plus seulement celui de l'amour, du désir et de la jouissance, mais un plus-de-jouir. C'est ce qu'elle propose de démontrer au un par un extrait de l'expérience clinique.
Macha Makeïeff a créé début 2018 une Installation minuscule et l'a aussitôt placée dans le hall du théâtre de La Criée qu'elle dirige. A s'approcher, on découvre, coincée entre deux piliers, une lourde et vieille cabine téléphonique des années 1930 transformée en reliquaire. Pourquoi y montrer, enchâssée dans une valise, une figurine de Macha petite fille qui regarde ? En quoi la comédie fantastique de Mikhaïl Boulgakov, La Fuite, y est-elle impliquée ? Quel spectacle immobile se joue ? Menons l'enquête en suivant ce fil de l'artiste : " J'avais besoin de cagibi, d'appentis, d'alcôve où emmurer un secret. " Le nouveau Sherlock devra savoir que l'artiste, avec son secret, toujours précède le psychanalyste puisqu'il livre l'accès à " la place de ce qui ne saurait se voir " (Jacques Lacan).
La souffrance au travail est un constat. Les média régulièrement s'en font l'écho insistant sur les drames qui s'y jouent. Pour le sociologue ou l'économiste cette souffrance est un fait social à traiter comme un objet (" les faits sociaux sont des choses " disait le père fondateur de la sociologie Emile Durkheim). Le verdict tombe : cette souffrance résulte des nouvelles conditions du travail - de ses exigences de rentabilité quantitative mais aussi, et peut-être surtout, de la précarité symbolique qu'elles promeuvent (le travailleur est sans place, sans reconnaissance, devenu objet interchangeable). Ces analyses sont justes et souvent fouillées. Qu'en dit le psychanalyste ? A-t-il à reprendre ces thèses en y ajoutant la touche du singulier, le point de vue des travailleurs eux-mêmes ? Le psychanalyste a à dire plus et mieux. D'abord, il doit savoir qu'il " n'entérine pas la réalité collective " selon l'expression de Jacques-Alain Miller. Ensuite, qu'il a à mettre cette souffrance au travail de la parole en accueillant (au cabinet, à l'hôpital et autres dispensaires) les plaintes prises une par une. Que produit un tel travail clinique ? En quoi prendre la parole pour un sujet fait passer de la généralité du constat à la particularité du symptôme ? Quel réel propre est rencontré dans cette souffrance ? Ce séminaire, à partir de cas cliniques, se propose de déplier les réponses de la psychanalyse orientée par Freud et Lacan. L'Autre social n'en sortira pas pour autant dédouané car, comme le martèle Lacan, " le collectif n'est rien que le sujet de l'individuel ".
Qu'invente chacun pour tenir dans l'existence ? Avec Lacan, nous savons que d'autres chemins sont possibles hors celui tracé par l'amour du Père, pour permettre que se nouent ensemble les trois dimensions : réel, symbolique et imaginaire. Mais le nouage tient-il ou a-t-il l'air de faire noeud ? S'il ne tient pas, s'est-il défait, et comment ? Quel bricolage s'esquisse pour épingler la langue au corps ? Ces questions guident l'analyste dans sa tentative de cerner, à travers les signifants propres à chacun, un mode de jouissance singulier. Elisabeth Pontier démontre au cas par cas ceci : à rebours de toute entreprise de normalisation, la psychanalyse permet à chacun d'inventer une solution singulière.