Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Nazareth, maison du livre. Nouvelles considérations sur la Lectio divina
Cassingena-Trévedy François
AD SOLEM
9,00 €
Épuisé
EAN :9782884820509
Il y a un rapport profond entre Marie et le livre en chacun d'eux, le Verbe vient se déposer, ici dans l'intelligence et le sein de la Mère de Dieu, là sur la page blanche, immaculée, disponible à tout dire. Un rapport de virginité féconde. C'est pourquoi le livre est au centre du christianisme et de la civilisation qu'il a engendrée. Le Livre n'est pas un simple bibelot dans l'intérieur de la Vierge : il est l'Enfant, le Verbe déjà qui prend naissance. Vierge au livre ou Vierge à l'enfant, c'est le même mystère et la même maternité. Sur les genoux de la Vierge, le Livre est en train de naître, le Livre est en train de se confectionner, puisque aussi bien la sainte lecture accouche en incarnation. L'ange trouve la Vierge en train de lire. L'Événement, le grand Fait - Verbum taro factum - interrompt la lecture sans en perdre le fil : au contraire, il en assure la cohérence. Ce doigt que la Vierge glisse sans mot dire entre les pages, là où elle s'est arrêtée, c'est en réalité la Page de garde, l'aide-Mémoire, le franchissement vertigineux d'un testament à l'autre. La prise de corps, la coagulation de la Parole est arrivée là, au beau milieu du Livre, irradiant de Sens l'avant et l'après.
Résumé : La personnalité si singulière de l'Auvergne fait d'elle un monde d'une austère et fascinante majesté. Avec des paysages dont on ne revient pas, elle cache un peuple que l'érosion des vieux volcans, l'ascèse des longs hivers et la proximité du monde animal prépare à d'étonnantes tendresses. A l'automne 2015, François Cassingena-Trévedy, depuis longtemps familier de cette région, a arpenté en solitaire le massif du Cézallier, entre Monts Dore et Cantal. Il nous livre ici le récit de sa marche, accompagnée des premières neiges et comme étoilée de chaleureuses rencontres. Il y a ici bien plus qu'un simple récit de randonnée : un hymne de l'univers, un hommage au monde paysan et une profession de foi en l'amitié des hommes.
Lors du premier et du second confinement, dans le silence de la vie bénédictine, et pourtant en lien étroit avec ses amis de l'extérieur, François Cassingena-Trévedy a consigné ses réflexions sur une situation qui a plongé le monde dans ta sidération. A bonne distance des controverses politiques, il interroge ici les chrétiens sur le sens de la foi, leur rapport à l'Eucharistie, dans des périodes où ils n'y ont plus accès, la relation au corps et à la sexualité, mais s'adresse aussi à tous les citoyens sur le danger du fanatisme religieux à la lueur des assassinats de l'automne 2020 et sur notre sens du commun. Ce livre, arraché aux heures sombres que nous traversons, interroge sur ce qui nous anime profondément pour rendre possible en chacun une renaissance intérieure.
A force de paroles, il se fait au monde beaucoup d'obscurité. Mais il est une obscurité d'obsidienne, transparente celle-là, que donne la Parole, et c'est celle-là que l'on cherche ici. Commenter l'Ecriture est trop dire : annoter suffit. On ne trouvera ici que des annotations, comme des étincelles surgies du brasier du Verbe. Il s'écrit de par le monde beaucoup de textes, mais combien asphyxient l'âme de ceux qui les lisent, faute d'interstices ! Combien expirent, faute d'avoir laissé la parole à la Parole, et à ce Silence consubstantiel qui lui sert à la fois d'ambassade et de suite ? C'est pourquoi le texte des étincelles est aéré, ajouré.Leur unité de lieu est la cellule (celui qui les écrit voit tout de sa fenêtre qui résume l'espace autant qu'elle rassérène le regard) : leur unité de temps est, d'un avent à l'autre, cet an de grâce qu'il faut au Mystère pour se dérouler, pour nous enrouler à Soi, peu à peu, jusqu'à ce que nous basculions pour de bon dans cet Instant unique où tout est simultané, où tous sont contemporains, Intra in gaudium Domini tui (Mt XXV, 21). Alors il y aura de la joie dans le ciel (Lc 15, 7) : le livre d'étincelles aura transmis le Feu.
La manière dont on conçoit l'éducation varie du tout au tout selon que l'on défend la possibilité de l'erreur et de la vérité du jugement moral, et l'universalité de la raison pratique - ce que C. S. Lewis désigne par le terme de voie, ou "Tao", dans ce livre de 1943. Pour ceux qui sont à l'intérieur de la voie, l'éducation consiste à favoriser la naissance de ces réactions au monde qui sont justes en elles-mêmes, indépendamment du fait qu'on les éprouve ou non - ces réactions dont la possibilité définit l'humanité même. Ceux qui sont étrangers au Tao doivent par contre, s'ils sont logiques, regarder tous les sentiments comme également irrationnels, comme des sortes de buées qui nous cachent la réalité. Ce n'est pas que ce soient des hommes mauvais : ce ne sont plus des hommes du tout. En sortant du Tao, ils sont entrés dans le vide. Quant à ceux qu'ils dominent, ils ne sont pas forcément malheureux ; ce ne sont pas des hommes non plus : ce sont des produits fabriqués. La victoire finale de l'homme ce n'est pas un affranchissement de I'"ordre naturel" ; c'est au contraire un retour à la nature, mais qui s'affranchit de toute médiation culturelle. Aujourd'hui, cette libération s'appelle "écologisme" et "transhumanisme n. Ce sont les autres noms de l'abolition de l'homme.
Résumé : Ces Fragments réunissent thématiquement une collection de propos échangés entre Dom Jean-Baptiste Porion (1899-1987) et un autre moine chartreux, notamment sur le taoïsme, la mystique d'Hadewjich d'Anvers et des Rhéno-flamands, ou les réformes de Vatican II, recueillis sans ordre explicite au fil des ans et des dispositions intérieures. Ceux qui liront ce livre ne seront pas nécessairement chartreux, ni religieux ni même, peut-être, prédisposés au silence contemplatif ou à la prière. Ils y découvriront la hauteur d'une pensée qui ne s'est pas détournée des plus hautes sagesses : issues du temple de Delphes, des écrits taoïstes de Lao Tseu ou de Tchouang Tseu, de la mystique nuptiale des béguines ou de celle de l'Essence des Rhéno-Flamand. Cette sagesse, une et multiple à la fois, a trouvé sa croissance et son équilibre sur le fin fil de l'Absolu où l'amour de Dieu livre son éclat dans une déprise patiente et tranquille de soi : "Celui qui dit je vois, ne dit plus je veux" . C'est l'essence même de la vocation cartusienne qui est exposée ici à travers le cristal d'une intelligence exceptionnelle, douée d'un rare pouvoir d'analyse et de synthèse, érudite et passionnée et pour qui le chemin de soi à Dieu n'emprunte aucune courbe, attachée à la seule voie droite de l'oubli du monde, le regard plongé dans l'infini. Maximilien Porion est né à Wardrecques (Pas-de-Calais) le 21 mars 1899. Il fit profession à La Valsainte le 1er novembre 1925 et devint procureur général des Chartreux à Rome en 1946. Il retourna à La Valsainte en 1981, où il mourut le 4 aout 1987. Il est l'auteur notamment de Amour et Silence. Edition établie et présentée par Nathalie Nabert
Gravir avec lenteur, là où disparaissent les chemins, les sentiers, là où rien n'altère la noble attente de la roche, la trahison des graviers, les cris du glacier, "L'homme passe l'homme" écrit Pascal. Encore faut-il pouvoir entendre résonner en soi le bruit de la source - la parole de l'origine - qui nous appelle à nous dépasser. L'échelle invisible désigne moins un passage qu'un espace dans lequel la Parole peut s'entendre : dans les mots du poète "qui aspire au ciel". Cette aspiration est universelle, mais c'est dans la solitude d'un chemin toujours particulier - celui de sa propre existence - qu'elle acquiert une valeur exemplaire. L'échelle est invisible. C'est la grâce de la parole du poète que de la faire apparaître dans la confidence d'une expérience dans laquelle nous pouvons puiser la force de notre propre ascension. et confier à la cascade que crache la glace, mourant dans un lac, oublié de la vallée, quelques secrets, quelques blessures, quelques prières ; la plénitude d'être là, si seul, ivre de toi.