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Apocalypse et salut dans le christianisme ancien et médiéval
Carozzi Claude
AUBIER
20,20 €
Épuisé
EAN :9782700723113
Le christianisme est une religion de salut : comme le Christ, le chrétien ressuscitera à la fin des temps. Cette certitude est tout particulièrement illustrée dans le dernier livre du Nouveau Testament, l'Apocalypse de Jean. Mais la langue symbolique, obscure, de ce texte ne permettait pas d'imaginer concrètement l'avenir de l'humanité ; en outre, comment devait-on vivre, au quotidien, l'attente de la fin des temps ? Cette question a suscité, entre le VIème et le XVIème siècle, deux types d'attitudes. Certains, probablement minoritaires, formaient des communautés d'élus espérant, dans le court terme, le retour du Christ et l'avènement du millenium messianique ; l'Eglise, hostile à toute spéculation millénariste, ?uvrait dans la perspective d'un jugement dernier dont elle se refusait à fixer le terme. En étudiant l'évolution historique de la mentalité apocalyptique, Claude Carozzi met en lumière des idéologies qui se sont greffées sur l'interprétation de l'Apocalypse.
Carozzi Claude ; Le Blévec Daniel ; Taviani-Carozz
De nombreux ouvrages ont traité de la société ou des sociétés du Moyen Âge, mais ce sont le plus souvent les structures sociales ou encore les institutions dans leurs rapports avec la société, qui ont retenu l'attention. Choisir pour thème de réflexion " vivre en société " nécessite d'abord de s'interroger sur cette expression pour en examiner toutes les implications et pour envisager la façon de les rapporter à l'ensemble de la période médiévale : d'où la nécessité de revenir sur le sens des mots et d'abord sur celui de " société ", dans le cadre de l'occident chrétien. Parallèlement, dire que l'on vit en société implique que l'on puisse vivre en dehors, par volonté ou par contrainte : la dialectique de l'inclusion et de l'exclusion est donc au centre de la réflexion sur toute forme de société. Les quinze études présentées ici sont le reflet d'un travail collectif d'une année qui a rassemblé des historiens médiévistes connus et un certain nombre de leurs élèves, nouveaux médiévistes dont beaucoup n'en sont pas à leur première publication.
Nostalgie d'un paradis perdu, attente d'une paix millénaire liée au renouveau cosmique et au règne de l'abondance: cette quête n'est pas propre au christianisme. Mais le Moyen Âge chrétien, bien avant et bien après l'année mille, a connu les manifestations d'une tension apocalyptique fixée sur le retour du Christ. Partant du texte de l'Apocalypse de Jean, qui décrit le drame de la fin des temps, certains ont vu, dans l'ouverture du septième sceau du Livre que Dieu tient en main, l'annonce du millenium, règne terrestre du Christ qui durerait mille ans. D'autres, à la suite de saint Augustin, ont considéré que ce règne avait commencé avec la naissance du Christ et celle de son Église, et ils ont renvoyé les signes avant coureurs du jugement dernier à une fin des temps connue de Dieu seul: manifestations de l'Antichrist, tribulations des chrétiens secourus, toutefois, par le prophète Elie. Dans les textes présentés et traduits ici, clercs et moines du Moyen Âge se font l'écho de ces deux interprétations du mythe de la fin des temps, et nous montrent des foules anonymes agitées par l'attente millénariste, guidées par de faux Christs et de pseudo-prophètes. Le changement de millénaire ne fut pas, en cela, une période privilégiée, mais il continue d'intriguer l'imagination de nos contemporains.
Van Orman Quine Willard ; Bonnay Denis ; Laugier S
L a logique, pour Quine comme pour les membres du Cercle de Vienne dont il a repris et critiqué l'héritage, est un outil qui permet d'éclairer les débats philosophiques ; elle est le langage de la science, le langage dans lequel la science peut être exprimée avec la clarté maximale et dans lequel les discussions concernant l'existence de tel ou tel type d'objet ou la meilleure explication de tel ou tel concept peuvent être tranchées. Mais, à la différence des philosophes du Cercle de Vienne, et en particulier de son maître Rudolf Carnap, Quine n'attribue pas pour autant à la logique un statut épistémologique d'exception. La logique est une partie du grand tout de la science, et, à ce titre, elle est sur un pied d'égalité avec les mathématiques, la physique et les autres sciences. C'est là la conséquence de la critique par Quine du mythe de l'analyticité, selon lequel il y aurait des vérités - celles de la logique et, par réduction, des mathématiques - qui ne dépendraient pas du monde mais seulement du langage. Philosophie de la logique est commandé par cette double perspective : d'un côté, il s'agit de proposer une reconstruction de la logique classique qui soit en harmonie avec le rôle d'arbitre accordé au " point de vue logique ", et d'un autre, Quine doit préciser le statut qu'il accorde à cette partie de la science, pour expliquer en quel sens les vérités logiques, tout en étant des vérités " comme les autres " s'imposent à nous par leur évidence. C'est ainsi qu'on retrouve dans ce livre les grands thèmes de la philosophie quinienne, qu'il s'agisse du rejet des concepts intensionnels ou de l'utilisation philosophique de la situation de traduction.
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.
Biographie de l'auteur Vannina Micheli / Rechtman est psychanalyste, psychiatre de formation et docteur en philosophie. Elle est membre de Espace Analytique et chercheur associée à l'université Paris 7.