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LA FRANCE DES PATRIOTES. Tome 5
Caron François
FAYARD
29,75 €
Épuisé
EAN :9782213016559
Les affrontements qui se produisent tout au long du Second Empire et de la IIIe république entre la France cléricale et la France anticléricale, entre la France dreyfusarde et la France antidreyfusarde, entre la France paternaliste et la France socialiste dissimulent le consensus qui rassemble les Français autour de certaines valeurs : la foi dans le progrès, qui les unit à travers l'effort ; l'irrésistible montée de la démocratie qui, en dépit des apparences, se réconcilie sous l'Empire avec le parlementarisme ; la ferveur pour la patrie, humiliée à Sedan et vengée à Verdun dans un sacrifice unanime. Ces affrontements et ce consensus sont évoqués selon une périodisation dictée par les événements _ politiques, culturels, économiques _ qui sont autant d'éléments constitutifs des mémoires individuelles comme de la mémoire collective de la nation tout entière. Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Dijon puis de Paris-Sorbonne, François Caron, né en 1931, étudie principalement l'essor économique de la France et de l'Europe aux XIXe et XXe siècles. Créateur du Centre de Recherche en histoire de l'Innovation, il mène des travaux pionniers sur l'incidence des sciences et des techniques et sur le rôle des entrepreneurs dans le développement des sociétés industrielles.
Résumé : L'histoire du chemin de fer, premier réseau technique capable d'influencer l'ensemble des comportements humains, doit être replacée dans son contexte tout à la fois économique, institutionnel, culturel et social. Depuis plus d'un siècle et demi, il se trouve au c?ur du débat politique, du débat sur la modernité, du débat sur le choix de société. Avec lui, l'homme est entré dans la civilisation des macrosystèmes qui l'enserrent aujourd'hui de toutes parts. Le chemin de fer a été un lieu privilégié de l'innovation et n'a jamais cessé de se transformer. Depuis l'origine, ses ingénieurs et ses agents ont, jour après jour, recherché les moyens techniques et humains d'améliorer la sécurité et la rentabilité des compagnies tout en répondant toujours mieux aux besoins de la clientèle : proliférante, la technologie ferroviaire est marquée par une permanente confrontation entre des solutions d'une infinie diversité. Issu du double héritage de la culture routière et canalisée du XVIIIe siècle et de la Révolution industrielle, ce mode de locomotion fut adopté par les Français dans les années 1840. Institutionnellement affermi dans les années 1850, il se consolide dans les premières années de la IIIe République, et son organisation constitue une expérience originale d'économie mixte largement imitée en Europe. Ainsi, les six " grandes compagnies " créées dans les années 1850 durent-elles, particulièrement à partir de 1883, subir de la part de l'Etat une tutelle de plus en plus pesante, et de véritables " cultures de réseau " prirent naissance, qui ne disparurent que bien après la création de la SNCF...
La période 1883-1937, couverte par ce volume, passe pour avoir été l'âge d'or des chemins de fer en France. Entré dans les m?urs pour les hommes comme pour les marchandises, ce mode de transport connaît en effet un accroissement sans précédent. Les réseaux se dotent de milliers de kilomètres supplémentaires, des connexions sont aménagées, les lignes secondaires sont ouvertes, le matériel s'améliore sans cesse, les ouvrages d'art se multiplient, la vitesse est à l'honneur, le monde des cheminots se structure et cultive un état d'esprit particulièrement typé. De la Bête humaine à la Madone des sleepings, le train pénètre dans l'imaginaire des artistes, des écrivains, et des cinéastes. Les chemins de fer, enfin, ont joué un rôle majeur dans le déroulement de la Première Guerre mondiale en assurant, en toutes circonstances, l'acheminement des hommes, du matériel et du ravitaillement. Pourtant les effets de la grande dépression des années 1880 furent longs à se résorber. Les conventions passées par l'Etat en 1883 avec les six grandes compagnies furent interprétées comme la preuve d'une collusion entre le monde politique et le capitalisme, et certaines grèves -par exemple celles de 1910 et de 1920 -furent très dures et demeurent dans tous les esprits. La situation financière des compagnies se dégrada dès les années 1906-1913, en raison, surtout de la hausse des salaires et des prix et du refus opposé par l'Etat à toute augmentation de tarif. Les conventions de 1921, qui préparent l'unification du réseau en maintenant le système des concessions, échouèrent principalement en raison de la crise des années 1930 et de la concurrence de l'automobile. En 1936, le déficit des compagnies était devenu insupportable. D'où l'idée, mise en ?uvre par le Front populaire et les gouvernements suivants, d'unifier et de nationaliser les réseaux, tout en prenant en compte les droits des actionnaires. C'est la naissance de la SNCF, appelée à un long et glorieux avenir.
Trois grandes questions traversent ce livre: d?où vient le processus d?innovation? s?effectue-t-il par rupture ou continuité? quels en sont les acteurs? François Caron propose une interprétation sur nouveaux frais du développement de la civilisation technicienne. Par-delà la volonté de résoudre des problèmes ou des blocages techniques, l?innovation répond à une demande de nature sociale. En retour, elle modifie les pratiques sociales, qu?elles soient d?ordre culturel, économique ou organisationnel. L?innovation ne s?inscrit pas en rupture. Pour se développer, les nouvelles technologies s?appuient sur des pratiques anciennes: c?est un phénomène cumulatif. Le passage d?un système technique à un autre est le produit d?une dynamique résultant de l?état de déséquilibre permanent du système. C?est dans cette perspective dynamique qu?il faut replacer l?analyse des dysfonctionnements et de la demande sociale. Ils sont à l?origine d?une transformation à la fois progressive et radicale. Après la période artisanale vient celle des ingénieurs, des entrepreneurs et des savants, et l?entreprise, petite ou grande, devient le lieu privilégié de l?émergence des innovations. A cette fin, elle doit organiser autour d?elle un système complexe de réseaux sociaux allant jusqu?à l?Etat, dont le rôle est de fournir les institutions nécessaires et de soutenir la recherche. L?innovation n?en reste pas moins toujours le fruit de la concurrence et ne peut se satisfaire des monopoles, qu?ils soient publics ou privés.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Abromont Claude ; Montalembert Eugène de ; Fourque
Extrêment complet et passionnant, un guide à conseiller à tous les musiciens, qu'il soit étudiant, professionnel ou simplement mélomane." --Piano, le Magazine
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.