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Problèmes politiques et sociaux N° 984, mai 2011 : Internet et réseaux sociaux
Cardon Dominique
DOC FRANCAISE
9,90 €
Épuisé
EAN :3303332109845
Les réseaux sociaux n'ont peut-être jamais autant été d'actualité, leur rôle dans les révoltes du Printemps arabe les ayant notamment placés au centre des débats sur le nouveau pouvoir de la société civile dans la sphère politique. Mais de quoi les réseaux sociaux sont-ils le catalyseur ? Ce dossier s'attache à montrer que ces outils en perpétuelle évolution sont à la fois le reflet et les acteurs de différentes transformations de la société. Réseaux en ligne par essence, les réseaux sociaux sont encore largement l'apanage des " digital natives ", nés dans un univers où tout est numérique et pour qui la frontière entre le privé et le public est peut-être moins infranchissable. Certains y voient d'ailleurs un espace où se perd la notion de l'intime. Or, ce n'est pas tant l'exhibition de la sphère privée qui est en jeu que ce que les internautes souhaitent montrer de leurs relations sociales à travers les réseaux sociaux. Et il se trouve que différents leviers de mise en ligne de leur sociabilité sont offerts aux utilisateurs. Parallèlement, les données personnelles d'internautes qui se dévoilent toujours plus sur les réseaux sociaux représentent une manne informationnelle et financière pour les annonceurs ou pour des institutions diverses. Cette divulgation est d'ailleurs susceptible de nuire aux individus, notamment sur la plan professionnel ainsi que l'ont illustré certains cas de licenciement. C'est donc une réalité complexe que celle des réseaux sociaux, où est questionnée la relation verticale entre pouvoir, médias et citoyens ainsi que des formes nouvelles de sociabilité. A la fois source d'émancipation et source d'uniformisation, les réseaux sociaux de l'internet, dont l'utilisation est très peu réglementée, représentent une rupture technologique profonde. Celle-ci, comme souvent dans le passé, suscite des craintes dont on peut espérer qu'elles s'avèreront sans fondement si les pratiques se mettent en place dans un cadre juridique approprié et de façon réfléchie et progressive.
Disparition de l'espace privé, incitation à la diffamation, menaces sur l'avenir de la presse: dans de nombreux débats, Internet fait figure de coupable. Mais, bien plus qu'un média de communication et d'information, Internet est une forme politique à part entière. En décloisonnant le débat et en l'ouvrant à de nouveaux participants, Internet renouvelle les possibilités de critique et d'action. Surtout, le web constitue à l'échelle planétaire un laboratoire d'expériences démocratiques: auto-organisation des citoyens, délibération élargie à de nouveaux publics, mise en place de collectifs transnationaux, socialisation du savoir, etc. Internet ne permet pas seulement de communiquer davantage; il élargit formidablement l'espace public et transforme la nature même de la démocratie. Avant de la célébrer ou de la dénigrer, il faut penser la révolution numérique.
Extrait PREMIÈRE PARTIE L'ART DE LA TEINTURE Dans les parties suivantes de ce livre, on va trouver de nombreuses descriptions des méthodes de teinture mises au point, à diverses époques, par les teinturières et teinturiers de différents continents pour extraire de leur mieux les colorants des plantes et de certains animaux disponibles dans leur environnement et pour les fixer sur une grande variété de supports, principalement textiles. Ces recettes - on ne tardera pas à le remarquer - présentent souvent des parallèles étonnants d'une civilisation à l'autre. Comment l'expliquer ? Sans doute parce que ces virtuoses de la couleur qu'étaient les teinturiers ont, grâce à leurs dons d'observation, reconnu l'existence de groupes de substances qu'ils avaient avantage à préparer chacun d'une manière différente. Nous savons aujourd'hui que ces distinctions techniques correspondent à des différences de compositions chimiques. La teinture est, effectivement, un domaine de l'activité créatrice humaine où peut se vérifier rapidement, à l'oeil nu, la validité des procédés mis en oeuvre : la couleur apparaît ou n'apparaît pas, reste ou ne reste pas sur la fibre ou le tissu. Pourtant, il ne suffit pas de savoir pratiquer pour pouvoir expliquer tout ce qui se passe. Très tôt, des esprits curieux - pré-alchimistes mésopotamiens, alchimistes grecs et égyptiens - se sont intéressés aux phénomènes de la teinture et ont cherché à en percer les mystères. À l'avènement de la chimie moderne, ces problèmes sont toujours au coeur des préoccupations des chimistes européens des XVIIIe et XIXe siècles : Claude-Louis Berthollet (1748-1822), Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), August Wilhelm von Hofmann (1818-1892), William Henry Perkin (1838-1907). Ces recherches mèneront, en fait, à l'invention des teintures synthétiques. À leur tour, les réactions de ces dernières avec les fibres, d'abord naturelles, puis synthétiques elles aussi vont être très étudiées et sont maintenant assez bien comprises. Mais la teinture par les colorants naturels est encore plus complexe. D'abord parce que ces colorants sont constitués de groupes parfois très nombreux de molécules dont beaucoup ne sont pas encore connues. Mais aussi parce que ces molécules colorantes n'ont souvent qu'une faible affinité chimique avec les fibres textiles et qu'il faut employer pour les fixer d'autres substances - «mordants», «adjuvants» - dont le rôle exact, c'est-à-dire les réactions avec les colorants et les fibres ne sont pas encore complètement élucidées. À notre époque où les hommes voyagent dans l'espace et finissent de percer les secrets de l'atome et du génome, il reste donc encore beaucoup de recherches interdisciplinaires à mener pour offrir une explication scientifique assurée de l'ensemble des processus qui permettent de fixer les colorants extraits de tel ou tel organisme vivant sur telle ou telle fibre textile. Parmi les voies d'approche, figure évidemment l'étude approfondie des méthodes traditionnelles de teinture. Aussi, pour permettre de mieux évaluer la validité des procédés anciens décrits dans la suite de ce livre, cette première partie offre d'abord un exposé synthétique des techniques de préparation des fibres textiles et de leur teinture par les colorants naturels, puis retrace les étapes de la découverte et de l'adoption des différents mordants. (...)
Bleu mignon, fleur de coing, agriotte, langouste... Des couleurs surgies du passé, un trésor d'inspiration. Ce cahier bilingue français-anglais donne la parole aux échantillons de teinture d'Antoine Janot, maître-teinturier languedocien de la première moitié du xviiie siècle, aux couleurs appréciées jusqu'aux confins de l'Orient. Après une brève présentation du teinturier et de son oeuvre, ce cahier livre les clés des couleurs de 67 de ses échantillons de fin drap de laine : nom et photo de chaque nuance, description du procédé permettant de l'obtenir et - nouvel apport à l'histoire des noms de couleurs - ses coordonnées colorimétriques dans l'espace chromatique CIELAB. Il devient alors possible de vérifier l'exactitude des essais de reproduction de ces couleurs et de s'en inspirer pour concevoir les couleurs de demain.
Résumé : Parmi les espoirs et les craintes que suscite la numérisation de nos sociétés, la constitution de grandes bases de données confère une place de plus en plus centrale aux algorithmes qui gouvernent les comportements de chacun. L'ambition de ce livre est de proposer une exploration critique de la manière dont les techniques de calcul façonnent nos sociétés. Classement de l'information, personnalisation publicitaire, recommandation de produits, orientation des déplacements, mesures corporelles, etc., les calculateurs sont en train de s'immiscer, de plus en plus profondément, dans la vie des individus. Cet ouvrage voudrait montrer comment les techniques statistiques qui prennent leur essor avec les big data enferment des conceptions différentes de la société qu'elles calculent. Loin d'être de simples outils techniques, les algorithmes enferment un projet politique. La thèse défendue dans cet ouvrage est que la personnalisation des calculs est à la fois l'agent et la conséquence de l'individualisation de nos sociétés. Elle témoigne de la crise des catégories statistiques traditionnelles qui permettaient à la société de se représenter. Elle encourage le déploiement de la course méritocratique vers l'excellence, la compétition des individus pour la visibilité et le guidage personnalisé des existences. Comprendre la logique des nouveaux algorithmes du web, c'est aussi donner aux lecteurs les moyens de reprendre du pouvoir dans la société des calculs.
Ce rapport de la Cour des comptes vise à identifier les principaux axes de la réforme de gestion de l'Institut de France constitué de cinq académies. La loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006 a érigé l'Institut et les Académies en personnes morales de droit public à statut particulier placées sous la protection du Président de la République. La Cour a de nouveau examiné la gestion des institutions du quai de Conti et l'utilisation de leur patrimoine pendant les années 2014 à 2020. Ces institutions se trouvent aujourd'hui confrontées à une situation financière déséquilibrée en raison de négligences de longue date, auxquelles elles n'ont pas remédié depuis le dernier rapport de la Cour, et d'une succession d'évènements récents, parmi lesquels la crise sanitaire et le retrait anticipé de l'Aga Khan du domaine de Chantilly. Le soutien exceptionnel de l'Etat met en évidence l'impérieuse nécessité où se trouvent l'Institut et les académies de réformer leur gestion.