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Au pays de mes racines suivi de Au pays de Moussia
Cardinal Marie
GRASSET
21,20 €
Épuisé
EAN :9782246252115
Nécessité de partir là-bas. D'y retourner. Là-bas : l'Algérie, Alger. Pourquoi ? Il me semble que toutes les réponses que je donnerai maintenant à ce pourquoi seront insuffisantes. Les racines, le souvenir, la mémoire, l'enfance, la jeunesse... bien sûr. Mais quoi encore ? Ce que je vais chercher n'appartient pas, je crois, à l'ordre de la raison. Non, c'est quelque chose qui vient de la terre, du ciel et de la mer que je veux rejoindre, quelque chose qui, pour moi, ne se trouve que dans cet endroit précis du globe terrestre. Je suis, actuellement, incapable d'imaginer ce que c'est. Peut-être des creux, des tourbillons liquides, des vides, où, au long de mon enfance et de mon adolescence, je m'engloutissais. Bruissement sec des feuilles d'eucalyptus agitées par le vent du désert. Tintamarre des cigales. La sieste. La chaleur fait bouger le paysage. Rien n'est stable, tout est éternel. Le ciel est blanc. Pourquoi est-ce que je vis ? Qu'est-ce que c'est que la vie ? Vivre ailleurs que là a changé pour moi le sens du mot vivre. Depuis il n'y a plus pour moi que labeur, vacances, lutte. Il n'y a plus d'instants où, sans restriction, je suis en parfaite harmonie avec le monde. M. C.
Premier acte : une femme de cinquante ans offre à ses deux enfants une moto. Elle les voit, dès le lendemain, écrasés dans un épouvantable accident. Douleur. Horreur. Drame de la culpabilité. Deuxième acte : la même femme - que ses broderies ont rendue célèbre - part d'une maison au bord de la mer ruminer son chagrin. Au fil de sa méditation, d'étranges images venues du fond des âges et du coeur de sa propre mémoire la hantent. C'est son père, mort pourtant depuis longtemps, qui est soudain là, près d'elle, petit enfant du début du siècle cherchant l'aventure dans l'Algérie d'avant-hier. Souvenir. Généalogies. Poème de la filiation. Troisième acte : et puis voilà qu'un beau matin, entre l'évier de la cuisine et le carrelage de la salle de bains, survient Clytemnestre. Oui, la Clytemnestre de la mythologie grecque. La mère d'Iphigénie. La meurtrière d'Agamemnon son mari, qu'assassineront en retour ses propres enfants. Elle dialogue familièrement avec la narratrice. Drame de la responsabilité. Surgissement du mythe. Les dieux sont dans la cuisine. L'une des plus hautes figures de la mémoire occidentale est mêlée à la plus humble quotidienneté. En réalité c'est tout le problème de la famille que Marie Cardinal évoque. Les drames de la maternité et de la filiation. Les questions les plus obscures qui se posent, depuis l'origine, à l'humanité. Ecrit dans une langue somptueusement colorée et sur un rythme narratif endiablé qui l'emporte vers sa fin, ce livre de passion est aussi un grand roman métaphysique.
La Médée, la Cardinal ! Deux étrangères, deux exilées qui vivent leur exil comme une tragédie, une brisure, un deuil. Médée est née en Colchide, au bord de la mer Noire. Pour les Grecs, elle est une barbare. Marie Cardinal est née en Algérie, sur les bords de la Méditerranée, d'une famille qui s'engendrait là depuis six générations. Pour comprendre cette Médée, il a fallu, à Marie Cardinal, devenir cette femme, cette différence, lui prêter ses mots. Cela donne une version brillante de cette tragédie grecque écrite par Euripide, au Ve siècle avant Jésus-Christ. En avant-propos, Marie Cardinal raconte comment cette traduction s'est rapidement imposée à elle comme une nécessité, une nécessité liant l'histoire des femmes à la culture et à l'interprétation de l'histoire de l'humanité.
Par le biais d'une fiction captivante, insolite, où l'on peut deviner aussi une allégorie de l'écriture, Marie Cardinal résussit à explorer très profond le mystère de vivre à deux, ces silences, ces heurts, ces surprises. Avec les justes mots pour le dire, une sensibilité chaleureuse et inspirée, ce roman s'impose comme le livre de tous ceux qui s'aiment encore en croyant parfois ne plus s'aimer. Une noyée rien qu'une noyée, trouvée sur une plage d'Irlande, et tout est changé dans la vie d'un couple. Jean-François ne connaissait pas plus la morte que Simone, sa femme ; ils sont français, ils viennent de s'installer pour les vacances. Mais l'ombre de cette Mary MacLaughlin ne les quitte plus. Elle contraint Simone à s'interroger sur elle-même, sur eux deux, sur leur amour à bout de souffle. Mary devient si présente à leurs côtés, qu'ils en viennent à lui inventer une existence pour se débarrasser d'elle. Fantasme autant que fantôme, la morte se transforme en personnage de roman où se reflètent leurs propres obsessions, l'image travestie des remords et des regrets de chacun. A travers ce jeu de la vérité par Mary interposée, c'est la leur que ces êtres débusquent. Comme on suscite les boucs émissaires pour ne point s'attaquer aux vrais coupables, Simone et Jean-François détournent sur cette inconnue rêvée toutes les hantises de leur union désaccordée. Soudain complices de sa vie et de sa mort, ils font d'elle le lien retrouvé, le commun secret qu'on partage.
Charles et Lula furent amants, autrefois, et ils ne le sont plus... Une complicité profonde, tenace, miraculeuse, les lie toujours l'un à l'autre ; comme s'ils n'avaient pas encore échangé tous les mots, tous les sentiments, toutes les idées qui tissent leur longue intimité... Ce vieux couple, cet ancien couple, décide donc, à l'initiative de Lula au début, de se retrouver de temps à autre, juste pour parler. Pour se dire tout ce qui, entre eux, n'a pas encore été dit... Ils se rencontrent alors, en général le jeudi. De quoi parlent-ils ? Des hommes, des femmes, de l'amour, de l'histoire, de la vérité, du mensonge. Le passé, leur passé, fait parfois retour dans leur conversation. Avec son lot de malentendus et d'espérances. Que sont-ils devenus ? Est-ce que le crépuscule de leur vie aura tenu les promesses de l'aube ?
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
Bogdanov Igor ; Bogdanov Grichka ; Tettiravou Marc
Résumé : Que diriez-vous si l'on vous apprenait un jour que l'un des plus grands mathématiciens de l'histoire, Bernhard Riemann, le père de la fameuse "géométrie riemanienne", avait découvert en 1859 une mystérieuse formule qui, selon ses propres mots, "indiquait le chemin qui mène vers Dieu ? ". Une formule impénétrable, qui donne le vertige. Son nom ? L'hypothèse de Riemann. Or, malgré des efforts acharnés, aucun mathématicien n'a encore été capable d'en percer le mystère. L'Institut de Mathématiques Clay offre aujourd'hui une récompense d'un million de dollars à celui qui trouvera enfin la solution. S'agit-il du graal dans lequel seraient enfouies, sous une forme algébrique, les réponses ultimes aux questions que chacun se pose sur le sens de la vie ? Une clef permettant de comprendre que la naissance de l'Univers n'est pas le fruit du hasard ? Fascinés, à leur tour, par le formidable secret que recèle la fonction Zeta de Riemann, Igor et Grichka Bogdanov nous plongent jusqu'au vertige au coeur de cette éblouissante énigme mathématique. Une énigme qui pourrait bien confirmer que l'Univers a bel et bien un sens. Et que notre propre existence repose sur un ordre profond décrit, de manière inévitable, par l'équation Dieu.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".