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Les sept cercles. Une odysée noire
Caratini Sophie
MARCHAISSE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782362800542
Je suis très vieux, j'ai beaucoup voyagé, j'ai épousé vingt-deux femmes, appris quatorze langues et interrogé toutes sortes de savants. Les villageois viennent donc souvent me consulter. Je ne peux pas leur offrir grand-chose, mais je les écoute, je leur donne des conseils. J'enseigne à quelques-uns les secrets des plantes et des mots qui guérissent. Et quand je n'ai rien à faire, j'aime réfléchir sur les transformations du temps ou raconter à mes proches les aventures que j'ai vécues". L'auteur prête isa plume à Moussa Djibi Wagne, qui partit un jour de bon matin, sous l'emprise d'une force obscure, abandonnant sa famille et son village des rives du fleuve Sénégal. Comment aurait-il pu savoir qu'il ne retrouverait sa première épouse, son pays natal et sa mémoire qu'après quarante ans d'errance ? Une nouvelle Odyssée qui remonte jusqu'à l'enfance de cet Ulysse noir, et nous fait partager les tribulations d'un paysan peul de Mauritanie, ses émotions, ses croyances, la situation toujours tragique de son peuple, et sa quête inlassable de la connaissance d'Allah. Sophie CARATINI est anthropologue et écrivain. Après La fille du chasseur (Thierry Marchaisse 2011), elle poursuit ici sa grande trilogie historique sur le choc des mondes - maure, noir et blanc - dont les régions sahariennes ont été le théâtre.
Depuis le départ des Espagnols du Sahara Occidental, en 1976, la population de cette ancienne colonie lutte pour que soit appliqué le droit à l'autodétermination qui lui a été reconnu par les instances internationales. Une partie réside dans des camps de réfugiés établis sur le sol algérien dans la région de Tindouf, tandis que les familles restées dans les territoires occupés par l'armée marocaine et par les colons régulièrement implantés s'amenuisent sous les coups d'une violence physique et symbolique qui s'amplifie au cours des ans dans l'indifférence générale. De nombreuses publications ont été consacrées à l'histoire du conflit et aux questions de droit ou de politique qu'il soulève, mais fort peu informent sur la société et la culture sahraouie. Ce livre réunit un ensemble d'articles inédits ou publiés de manière dispersée dans des revues scientifiques sur les transformations internes développées par la population des camps de réfugiés. Echo de quinze ans de recherches menées par la spécialiste française des sociétés du Nord-Ouest saharien, ces textes restés difficilement accessibles permettent, pour la première fois, d'entrer à l'intérieur des réalités quotidiennes des réfugiés et de comprendre la teneur du processus révolutionnaire qu'ils ont mis en oeuvre pendant la guerre du Sahara Occidental. L'approche anthropologique de cette étonnante mutation que les Sahraouis des camps ont, en l'espace d'une génération, réalisée sur eux-mêmes met enfin au devant de la scène les personnes, des hommes, des femmes et des enfants dont le destin ne saurait laisser indifférent, même si leur poids politique parait insignifiant, du fait qu'ils sont traversés par toutes les grandes questions récurrentes du monde actuel : l'émergence de ce qui sera sans nul doute un mythe de fondation pour les générations futures, la naissance d'une nation, la construction identitaire qui l'accompagne et l'altérité comme lieu crucial de la revendication politique.
Depuis les années 1990, on assiste à une modification des rapports de domination entre les anciennes puissances coloniales et les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest dont les gouvernements doivent composer avec l'émergence d'un pouvoir global mondialement structuré, essentiellement économique et financier. Une équipe de recherche pluridisciplinaire, financée par l'ANR a travaillé de 2005 à 2008 à mettre au jour les dynamiques endogènes qui recomposent aujourd'hui les structurations et les représentations construites par et pendant la colonisation. Dépassant le découpage classique Afrique de l'Ouest/Maghreb, les chercheurs se sont intéressés à la catégorie des intermédiaires occupant une place stratégique au sein des processus de modification ou de reproduction de ces rapports. Ils révèlent ainsi que les Africains bilingues qui sont aujourd'hui dans les "affaires" ont souvent intérêt à la reproduction du rapport colonial, ou mettent au contraire en lumière ceux qui luttent pour constituer une nouvelle "société civile", résistante et militante.
« Est-ce que c'était moi? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec... Est-ce que ça a existé? C est tellement loin de moi. Et puis si c était vraiment moi, qui suis-je maintenant? » La voix de Mariem s élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l oubli. Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre fait rarissime à la vérité d un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d autres manières d être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.
Voilà donc ce que cette lettre devrait réussir à faire pour mériter son appellation : vous évoquer, dans tous les sens de ce verbe, vous appeler à moi, vous faire venir à moi, mais en moi, depuis les replis les plus personnels de ma mémoire. En vous évoquant, je me convoque ainsi du même coup devant ce "vous en moi", c'est-à-dire devant mon propre passé. D'où la dimension passablement égotiste de l'entreprise, car le vous en moi à qui je m'adresse ici, dans cette lettre, n'est pas l'auteur classique que vous êtes devenu, mais la trace vive de l'écrivain dont les ouvrages ont rythmé ma vie - comme celles d'innombrables autres personnes de ma génération.
Pour retrouver l'effet d'étrangeté que produisit l'emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public. En 1985, le sens d'une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d'aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d'art - le pont - ou bien à une oeuvre d'art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ? L'enquête menée à l'époque par Nathalie Heinich permet de s'immerger dans le Paris du premier "effet Christo". Truffée d'anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l'art.
Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans? Le but de ce livre est de répondre à cette question.Mémoire vivante du champ freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.«Il faut être profond dans l'art ou dans la science, pour en bien posséder les éléments. Les ouvrages classiques ne peuvent être bien faits, que par ceux qui ont blanchi sous le harnais. C'est le milieu et la fin qui éclaircissent les ténèbres du commencement.»Le neveu de Rameau, DiderotMoustapha Safouan est né en 1921, à Alexandrie. Analyste dès 1949, il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan. Ses nombreux ouvrages sont largement traduits et ses propres traductions de Freud, La Boétie et Shakespeare font référence dans le monde arabe. Dernier livre publié, La parole et la mort, essai sur la division du sujet, Seuil, 2010.
Pierre Houdion est plongé depuis vingt ans dans les archives du XVIIIe siècle. Il a publié La dernière princesse de Conti, fortunée-Marie d'Este, 1731-1803, L'Harmattan, 2007. L'Art de nuire est son premier roman.