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L'Antiquité en couleurs. Catégories, pratiques, représentations
Carastro Marcello
MILLON
30,40 €
Épuisé
EAN :9782841372409
L'antiquité gréco-romaine a longtemps été reléguée dans la monochromie. Non seulement la plupart des monuments et des statues nous sont parvenus décolorés, mais, de plus, les notations chromatiques sont peu nombreuses dans le paysage que nous donnent à voir les sources littéraires. A ces lacunes de nature documentaire, se sont ajoutés des obstacles épistémologiques majeurs. Après bien des débats, la polychromie antique est aujourd'hui admise. Toutefois, suffit-il d'introduire des pigments pour donner à voir les couleurs des Anciens? Ne faut-il pas aussi chercher à les saisir à partir des catégories antiques? Ce volume est issu des journées d'études "L'antiquité en couleurs: catégories, pratiques, représentations', organisées à Paris, les 12 et 13 décembre 2005, par l'atelier"Antiquité et sciences sociales"du Centre Louis Gernet de recherches comparées sur les sociétés anciennes. Engagés dans une démarche anthropologique et dans un dialogue comparatiste avec des spécialistes d'autres aires culturelles, ces travaux se proposent d'appréhender le chromatisme antique en embrassant les catégories, les gestes, les pratiques et les représentations qui, dans chaque culture, mettent en jeu les couleurs."
Résumé : Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c?ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c?ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.
L'ouvrage rassemble l'intégralité des textes publiés par Jean-Louis Durand (1939-2016), à l'exception du livre Sacrifice et labour, paru en 1986. Il répond à un projet ancien, longtemps remis, visant moins à recueillir des publications anciennes qu'à donner à entendre une démarche et un cheminement, cette " altération profonde de soi par où s'initie le travail anthropologique ". Jean-Louis Durand en a fixé le titre, la structure, les titres des différentes sections. La mort l'a empêché d'en préparer l'introduction et de réaliser la série d'entretiens qui l'eût complété, son enseignement — qui a profondément marqué plusieurs générations de chercheurs — étant resté très largement oral. Le livre n'en permet pas moins de prendre la mesure de l'oeuvre, une des toute premières pour l'anthropologie francophone, la pratique comparatiste, la compréhension des sociétés à dieux multiples (celles de l'Antiquité grecque notamment) qu'il renouvelle à partir de la rupture épistémologique qu'ont induite son immersion dans une culture polythéiste et sacrifiante vivante (les Winyé du Burkina Faso) et sa familiarité avec des cultures liées à des formes rituelles de possession. Proche de Jean-Pierre Vernant " qu'il n'a jamais cessé de reconnaître comme son maitre malgré les distances théoriques induites par son propre parcours " ou de Marcel Detienne dont il a partagé toutes les aventures comparatistes, il est, avec Charles Malamoud, Michel Carry ou John Scheid, un des acteurs majeurs d'un tournant ritualiste en anthropologie. Ses réflexions sur le rite comme système de gestes (également dans l'image) et sur les dispositifs rituels l'ont conduit à formuler des propositions que tout anthropologue, historien des religions ou praticien des Ritual Studies se doit de considérer. " L'anthropologie n'est pas à ses yeux un domaine comme un autre des activités intellectuelles, mais une véritable expérience intérieure, une autre façon de vivre et de penser, où le chercheur est investi de l'intérieur par l'objet même de sa recherche". Un livre fondamental qui retiendra tout lecteur soucieux de se construire sur le monde un regard libéré.
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Centré sur la relation de la philosophie avec la poésie, cet ouvrage examine le conflit qui les oppose, selon les termes mêmes de Platon qui pourrait bien avoir inventé l'opposition pour mettre en évidence une vraie fausse résolution. Celle-ci prend la forme d'une appropriation ou d'une subjugation qui nécessitent une réinvention de la poésie, c'est-à-dire une redéfinition de sa nature et de ses fins. Réinvention qui conduit au refus d'une frontière entre philosophie et poésie. Or la nécessité de ce refus repose sur une exigence de réception, celle d'une pratique qui se déploie dans le dialogue et que le lecteur est invité à émuler. Cette pratique est fondée sur une question : comment faut-il vivre ou qu'est-ce que la vie bonne ? La réponse à cette question exige de répondre à cette autre : qu'est-ce que philosopher ? Ces deux questions, quelles que soient les réponses qui en sont données dans les Dialogues, sont inextricablement mêlées puisque vivre c'est philosopher.