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Petite anthologie de la poésie ferroviaire
Caracalla Jean-Paul
TABLE RONDE
8,70 €
Épuisé
EAN :9782710327028
Quatrième de couverture Les poètes comme les enfants se révèlent des aficionados des chemins de fer, tant il est avéré que le voyage en train est beaucoup plus qu'un simple déplacement. Les grincheux qui prévoyaient que les pires calamités allaient s'abattre sur les premiers voyageurs de ces diligences sans chevaux, tirées par un monstre de feu et d'acier, en sont pour leurs frais. Ils viendront bien vite grossir les rangs de ces errants du voyage, jamais rassassiés de paysages, de dépaysements ou de brèves rencontres. De Vigny à Pirotte, voici un bouquet de poèmes classiques, intimistes, romantiques, symbolistes et surréalistes qui exaltent les tortillards et leur panache blanc ou les grands express de luxe, ces «Harmonica-Zug» emportant express et secrets. Le poète mieux que quiconque sait traduire ces sentiments diffus que font naître en nous les voyages en train.
A la fin du XIXe siècle, tandis que les trains atteignent des vitesses dépassant les 100 km/h, les voyageurs sont encore transportés dans des wagons inconfortables sans chauffage, ni commodités. En 1867, un jeune ingénieur belge, Georges Nagelmackers, découvre au cours d'un voyage aux Etats-Unis les premières voitures de George Mortimer Pullman : les banquettes du train se transforment pour la nuit en couchettes cloisonnées par de simples rideaux. De retour en Europe, cette innovation inspire Nagelmackers qui souhaite améliorer les conditions de confort des voyageurs du chemin de fer. Il imagine un concept de voitures équipées de compartiments avec lits. Le 10 octobre 1882, un train de voitures-lits effectue à toute vapeur un aller-retour entre Paris et Vienne. Les journalistes invités s'émerveillent et la nouvelle fait grand bruit : c'est le prélude au lancement de l'Orient-Express. Pour la première fois, un train va relier les berges de la Seine à celles du Bosphore sans transbordement de voyageurs. La création de la Compagnie des Wagons-lits révolutionne ainsi l'histoire du tourisme. Un événement qui inspirera la création d'autres trains internationaux de luxe, non seulement en Europe mais dans le monde entier : Transsibérien, Sud-Express, Nord-Express, Flèche d'Or, Train bleu, Malle des Indes, Andalus-Express, The Royal Scotsman... Jean-Paul Caracalla présente ici une magnifique fresque où l'histoire des wagons-lits se mêle à celle des grandes inventions technologiques du XXe siècle. Un siècle où désormais le voyage en chemin de fer n'est plus un simple déplacement mais devient un authentique art de vivre.
En 1938, désespéré par les compromissions de l'Eglise et par la lâcheté des démocraties, Georges Bernanos quitte l'Europe avec sa femme et ses six enfants pour recréer une "nouvelle France" en Amérique latine. Au Brésil, l'écrivain passe sept longues années en exil, à Rio de Janeiro, Itaipava, Juiz de Fora, Vassouras, Pirapora et Barbacena. Contrairement à Stefan Zweig, venu lui rendre visite dans sa ferme quelques jours avant son suicide, le romancier français n'a pas laissé de livre pour célébrer ce pays qu'il a tant aimé. Toutefois, au fil des pages consacrées à cette terre d'espérance et d'amitié dans Lettre aux Anglais, Les Enfants humiliés, Le Chemin de la Croix-des-Ames, sa correspondance trop peu connue et quelques articles publiés après son retour en France, on découvre que Bernanos s'est fait du Brésil une image toute à lui, au coeur des soubresauts de la Seconde Guerre mondiale. Et l'on comprend que c'est un homme profondément changé qui a dit adieu au Cristo Redemptor du Corcovado, le 2 juin 1945.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Au début des années 1990, Mark Senders, dessinateur bohème et amateur de paradis artificiels, se retrouve vautré comme un SDF dans un parc new-yorkais. Il écoute un homme qui décrit le crépuscule sur la baie de l'Hudson. C'est parce que la précision des termes employés le frappe qu'il s'approche de l'inconnu et assiste à son assassinat. Pour percer le secret du "sourire contenu" - expression la plus difficile à rendre pour un dessinateur - d'une femme aux yeux violets qu'un tueur s'est juré de crever, Mark va se lancer dans une enquête, du New York des médiums au Cambodge déchiré par les coups d'Etat, en passant par Hong-Kong à la veille de la rétrocession à la Chine. Dans ce roman noir qui s'attache autant à un monde finissant qu'au sort des cochons en Asie du Sud-Est, Serge Quadruppani est en quête d'une "Shelter Island", d'une île-abri. Inutile de dire qu'il ne l'a pas encore trouvée, vingt ans après la première parution de cette errance géostratégique et sentimentale.
Médée, terrible Médée ! Femme révoltée qui trahit son père, tua son frère pour l'amour de Jason et la conquête de la Toison d'or. Dix ans après, Jason se déprend de Médée et s'apprête à épouser la fille de Créon, roi de Corinthe. Refusant la fuite et le "bonheur, le pauvre bonheur", Médée va continuer à semer le feu... Je t'ai aimée, Médée. J'ai aimé notre vie forcenée. J'ai aimé le crime et l'aventure avec toi. Et nos étreintes, nos sales luttes de chiffonniers, et cette entente de complices que nous retrouvions le soir, sur la paillasse, dans un coin de notre roulotte, après nos coups. J'ai aimé ton monde noir, ton audace, ta révolte, ta connivence avec l'horreur et la mort, ta rage de tout détruire. J'ai cru avec toi qu'il fallait toujours prendre et se battre et que tout était permis", Jean Anouilh.