Faire un pas en arrière pour ensuite avancer avec plus d'assurance dans l'existence. Cette idée est au coeur de l'ouvrage d'Alfredo Canevaro qui propose d'inviter dans le traitement individuel de ses patients leur partenaire comme les membres significatifs de leur famille. Après une brève période destinée à établir une relation de confiance avec le thérapeute et après avoir identifié les noeuds et les conflits irrésolus au sein de la famille d'origine, permettre de "revenir pour faire ses valises et repartir à nouveau" donne la possibilité d'une rencontre émotionnelle offrant des nourritures affectives qui aident à la confirmation de soi des patients. Franchir cette étape favorise ensuite la reprise d'un parcours thérapeutique à la recherche d'un projet existentiel autonome. Ce livre, illustré de nombreux exemples cliniques ayant fait l'objet d'une évaluation, présente de façon concrète et précise des techniques d'entretien spécifiques visant à atteindre cet objectif. Il sera sans aucun doute une ressource pour le lecteur, que celui-ci exerce comme thérapeute dans un cadre libéral ou bien comme intervenant médico-social dans un contexte institutionnel.
Voici un livre tout à fait étonnant et qui ne ressemble à rien de ce que l'on a lu jusqu'à aujourd'hui en matière pédagogique. Best seller en Italie où il est devenu une sorte de " livre fétiche " pour la plupart des enseignants et des éducateurs, cet ouvrage brise toutes les conventions d'écriture et de pensée. On y parle aussi bien d'un enfant devenu crapaud, de l'énurésie, de l'échec scolaire et du handicap, des méthodes de lecture et du travail en équipe des instituteurs et professeurs. On y retrouve des personnages familiers comme Blanche-Neige ou Pinocchio, des penseurs essentiels du XXe siècle comme Lacan ou Foucault. On y retrouve, surtout à chaque page, l'enfant et l'adolescent dans leur réalité quotidienne, des êtres perdus et souvent exclus, des êtres que l'on ne sait pas toujours entendre et accueillir, des êtres dont Andrea Canevaro nous rappelle qu'ils souffrent souvent de nos maladresses et se replient alors dans un silence ou une agressivité qui justifient facilement toutes les relégations et tous les enfermements. Ainsi ce livre plaide-t-il pour une éducation qui échappe à une logique intégrative, à la réduction de l'enfant à une seule de ses dimensions, à la violence de l'exclusion. Il montre comment on peut engager avec l'enfant une relation authentiquement éducative parce qu'elle met en jeu des êtres concrets et complexes. Il souligne qu'une institution qui n'est pas capable d'intégrer la différence sous toutes ses formes n'est jamais une institution véritablement éducative. Ecrit dans l'Italie des années 1970, ce livre est ainsi, tout à la fois, un document essentiel sur l'histoire de la pensée pédagogique et une parole provocatrice pour aujourd'hui. Quinconque lit ce livre ne peut plus, ensuite, regarder un enfant tout à fait de la même manière.
Un thérapeute, amené à travailler sur les relations et les dynamiques familiales, peut-il se passer d'une connaissance suffisamment claire de sa propre place au sein de sa famille d'origine - ce noyau primaire d'appartenance -, de la nature des liens qui l'unissent à elle, des valeurs qui en ont découlé ? En quoi ce savoir est-il essentiel pour comprendre, contrôler et utiliser comme ressources les inévitables "résonances" avec les problématiques des familles rencontrées en thérapie ? Les auteurs italiens, belges, français, anglais et sud-américains développent l'importance des rencontres directes avec les familles d'origine des étudiants, leur conjoint et parfois des amis proches comme témoins de leur vie personnelle, de leur choix professionnel et des changements advenus en cours de formation. Avec le souci toujours présent de distinguer le contexte de formation du contexte thérapeutique, ils montrent que les inviter dans le groupe de formation complète la vision intrapsychique donnée par le récit de l'histoire familiale et enrichit la réflexion sur le système relationnel complexe de la famille. Par son approche originale du processus de formation à l'approche familiale et son ouverture internationale, cet ouvrage illustre l'esprit d'initiative, de recherche et l'enthousiasme qui anime le mouvement de la thérapie familiale.
Ce livre a pour objet de traiter de la place de l'émotion en thérapie. Boris Cyrulnik et Mony Elkaïm rendent compte d'un colloque organisé par Michel Maestre et l'institut Psycom, ayant rassemblé plus de 3 000 personnes. Les participations d'Edith Goldbeter, Martine Nisse, Jacques Pluymaekers et Romano Scandariato font le lien entre, d'une part, les concepts de résonance et de résilience et, d'autre part, les pratiques de ces cliniciens hors du commun. Le thérapeute doit-il neutraliser ses émotions et travailler avec le transfert et le contre-transfert, comme certains courants psychanalytiques peuvent le préconiser, ou, comme le propose la cybernétique, accepter les émotions et les utiliser en séance ? Abordée sous l'angle systémique, cette question est développée par chacun des auteurs selon la spécificité de leurs approches cliniques.
Pour se construire l?enfant a besoin de tester, de s?opposer, de désobéir? Autant d?occasions d?apprentissage accompagnées par l?adulte. Mais dans un contexte où les troubles de comportement de l?enfant sont un sujet d?actualité, l?auteur pointe les risques des réponses normatives. Partant d?une description clinique et des classifications actuelles de ces troubles, émergent deux conceptions en vigueur radicalement différentes quant à leurs perspectives thérapeutiques et dès lors à la réponse sociale qu?elles sous-tendent. Pour cet expert, l?hyperactivité témoigne d?une souffrance psychique de l?enfant à laquelle il convient d?apporter une réponse thérapeutique chaque fois adaptée. L?auteur reprend, phase par phase, le développement de l?enfant. De cet itinéraire, il en dégage des éléments de compréhension du symptôme de l?hyperactivité. À cet égard, il interroge aussi, au travers de la télévision, les modifications des conditions du développement de l?enfant.
L'ennui ouvre une réflexion sur ce que nous sommes, sur notre rapport au temps, à l'espace, à l'autre, au désir, à l'éducation... L'ennui parle de nos liens intimes, de notre difficulté à vivre ensemble, motiver nos enfants à l'école, accompagner les parents, soutenir les professionnels. Véritable nourriture de l'être, l'ennui se fonde dans les premiers liens entre le bébé et son parent, et prend son envol dans l'apprentissage de la capacité d'être seul en y trouvant progressivement la sécurité intérieure. Les transformations contemporaines font oublier la vitalité de l'ennui au point que les parents ont du mal à freiner les exigences de l'enfant pour au contraire répondre à tous ses désirs, voire même les anticiper par crainte de le voir manquer et de le décevoir. Suivant le fil du développement de l'enfant et de l'adolescent, ce texte fonde la nécessité de la position parentale et éducative pour soutenir l'ennui à l'articulation du bonheur d'être soi et d'être au monde.
« La logique du monde adulte maintient l?adolescent dans une irresponsabilité dans la vie sociale et lui propose des ersatz de reconnaissance qui entretiennent sa dépendance. Pour un sujet bouleversé par la puberté, la confrontation à un monde adulte qui donne l?impression de ne pas lui fournir d?appui, le laisse sans recours et dans un grand désarroi ». Jean-Marie Forget propose une approche clinique des adolescents, de leur fragilité, de leur violence mise en scène ou en acte. Pour le professionnel, il importe de comprendre en quoi ces actes traduisent un défaut de sens, une défaillance de la parole afin d?en réintroduire les « dimensions exclues ».