Exploration culturelle de territoires dont l'origine est liée à la colonisation européenne, notre ouvrage fait dialoguer différentes approches théoriques, trop souvent distinguées les unes des autres dans la recherche contemporaine. Ce présent volume s'attache à entendre et à faire entendre la voix de ceux que l'Histoire aura décidé de qualifier de " créole ", prémices annonciatrices d'une nouvelle société de plantation en pleine émergence qui mêle, dans l'effervescence, bossales et colons fraîchement installés. Tantôt Blancs, tantôt Noirs, Afro-descendants des Amériques ou rejetons d'une vieille plante coloniale, tous attestent de l'indifférence d'une Histoire européenne qui n'accorde à cette lointaine population qu'un intérêt économique et géopolitique. Croisant les approches, historique, linguistique, littéraire et musicologique, ce recueil d'articles mobilise des sources et des fonds différents, récits de voyage, romans, textes d'idées, bribes de voix consignées dans les annales de l'Histoire, dans l'unique perspective de donner voix à la parole et au paysage sonore d'un espace caribéen et américain, en quête de sa propre identité. Ironie caustique de l'histoire, c'est bien la voix de la vieille Europe, que le lecteur qui ne saurait être dupe, entend à demi-mot. Pensant écouter de nouvelles voix créoles, que l'on croirait nettoyées des interférences coloniales, le lecteur-auditeur perçoit des mélodies inouïes, mâtinées de rythmes européens et africains. C'est à cette polyphonie culturelle et anthropologique que le recueil Voix créoles. Dire, entendre et faire entendre les voix créoles du XVIIe au XXe siècle invite le lecteur à prêter une oreille attentive.
Fidèle compagnon des étudiants préparant les nouvelles épreuves du C.R.P.E., cet ouvrage s'avère indispensable pour découvrir, étudier et approfondir les savoirs scientifiques à mobiliser au concours. L'ouvrage s'articule autour de quatre points forts : - une synthèse complète des connaissances nécessaires pour le concours, - des rubriques claires pour maîtriser la méthodologie, - des exercices de difficulté croissante pour progresser à son rythme, assortis de grilles d'auto-évaluation, - des sujets corrigés avec le détail du barème attendu au concours. Si cet ouvrage s'adresse principalement aux candidats inscrits au C.R.P.E., il apportera une aide précieuse à ceux qui présentent d'autres concours de recrutement de l'Education nationale et aux professeurs de l'enseignement primaire et secondaire.
Clara, 17 ans, souffre de douleurs extrêmes liées à ses règles. Commence alors pour elle un parcours d'errance médicale avant que le diganostic ne tombe: elle est atteinte d'endométriose. Entre fiction et documentaire, cette BD nous raconte l'histoire d'une adolescente comme les autres, souffrant d'un mal invisible. Douce et touchante, cette histoire permet une belle vulgarisation à propos de cette maladie et de son impact sur le quotidien des personnes touchées mais aussi celui de leurs proches.
Sans autre technologie qu'une scie, une hache et un fusil, Olaf Candau s'est enfoncé dans le Yukon, vers le mythe du Grand Nord canadien. Au pays de James Oliver Curwood et jack London, il a construit une cabane. Un an de cabane, un an de silence, de conflits avec les martres et les ours, un an d'échecs avec les poissons, un an à bâtir et à se protéger. Un an de vie, de la vie la plus simple qui soit.
Figure essentielle de la littérature francophone, Maryse Condé allie modernité et originalité d'une pensée ouverte sur le monde. Mettant à nu la vérité des imaginaires, son oeuvre contribue à une compréhension approfondie des régions géographiques et humaines qu'elle explore. Fortes d'une énergie qui relie les espaces, l'écrivain, le texte et ses mythologies, les études proposées replongent le lecteur dans le bain des libertés et des confidences, de la fiction romanesque et de la mise en scène, de l'errance et de la rébellion d'une oeuvre à laquelle la philosophie en action de son auteure imprime une qualité roborative. Les contributions réunies en hommage à cette oeuvre protéiforme proposent de croiser les regards inédits de critiques universitaires, de personnalités des arts et des lettres, de vieux habitués de l'oeuvre condéenne entre virtuosités esthétiques et conscience claire, révélant une nécessaire asymétrie du dialogue. Ces Mélanges offerts à une Guadeloupéenne de renom manifestent avec évidence toutes les potentialités des divers horizons de la lecture et du sens inépuisable de l'oeuvre.
La notion de création concerne à la fois le processus créateur, l'oeuvre aboutie et sa réception. La réalisation étant généralement différente de l'intention qui l'a suscitée, cet ouvrage s'interroge sur les raisons de cet écart et sur les obstacles rencontrés par l'artiste. Même si celui-ci aspire à créer quelque chose d'inédit, l'appropriation est indissociable du processus créateur. Cela dit, le référent comme les modalités d'appropriation sont d'une grande diversité. L'auteur montre ce qui se joue dans cette démarche et quels en sont les enjeux. L'oeuvre achevée poursuit ensuite son existence dans le regard du public, dont les interprétations et les réactions sont variées, souvent imprévisibles.
En 1902, l'ingénieur hydrographe de Marine Maurice Rollet de l'Isle (1859-1943) se rend à la Martinique, juste après l'éruption de la Montagne Pelée afin d'étudier, dans le cadre d'une mission scientifique, les modifications produites dans la topographie de l'île, et chercher un port destiné à remplacer celui de Saint-Pierre détruit. Le manuscrit inédit qu'il a rédigé, à l'articulation du journal de voyage et de l'exploration scientifique, est reproduit ici dans son entier dans le respect de l'oeuvre d'origine richement illustrée de photographies en noir et blanc, d'aquarelles et de coupures de presses. L'auteur y témoigne d'une grande capacité d'observateur, en même temps qu'il se fait "vulcanologue" avant l'heure et grand reporter des terres visitées, comme à son habitude, en parcourant le volcan et la ville de Saint-Pierre à la recherche des traces du passé, cherchant à comprendre les étapes de la catastrophe qu'il rapporte dans un texte admirablement écrit. Maurice Rollet de l'Isle n'est pas un auteur comme les autres parce qu'il s'inscrit professionnellement dans la longue tradition des marins de l'Etat, de La Pérouse à Dumont d'Urville et dans la continuité directe de Charles François Beautemps-Beaupré, inventeur des méthodes de l'hydrographie de précision. Mais une fois rentré dans l'intimité de sa cabine, ce chantre de l'Espéranto se fait auteur de carnets de voyage richement illustrés, qui offrent un éclairage sur la vie des hommes à bord, sur la diversité des paysages et des sociétés coloniales et indigènes auprès desquelles il va à la rencontre lors de ses missions, sur les curiosités géographiques, naturelles ou architecturales. Propriété du Service hydrographique et océanographique de la Marine, le Fonds Rollet de l'Isle est déposé depuis 2006 au Service historique de la Défense à Brest.
Cet ouvrage n'a d'autre prétention que celle d'offrir une introduction à la lecture d'un des romans majeurs qui marquent le renouveau des lettres hispano-américaines dans la seconde moitié du XXème siècle, appelé familièrement le "boom". Sorti en 1962, le roman retrace les aventures, à la fin du " siècle des Lumières ", d'une femme entre deux hommes mais aussi celles d'un jeune homme entre Amérique et Europe, au coeur de la révolution "française" que le roman entend revisiter. Les moments décisifs d'une Histoire qui unit et sépare les deux rives de l'Atlantique, comme les pages consacrées à la Guadeloupe, ne doivent pas faire oublier l'hymne aux beautés de la nature américaine, au "réel merveilleux" qui définit, selon Carpentier, le continent américain et en particulier la Caraïbe, espace vital et moral pour les personnages, espace d'invention romanesque et poétique pour le romancier. Si Le Siècle des Lumières est devenu un classique de notre temps, pour notre temps, il doit cette sorte de promotion d'abord, à la formulation d'un impératif à la fois simple et exigeant : il appartient à l'homme "d'améliorer ce qui est"/mejorar lo que es, mais aussi à la force et à l'étonnante richesse de sa langue, à "des mots" qui, comme il est rappelé au début du roman, "ne tombent pas dans le vide".