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Faire avec le sauvage, renouer avec les vivants. Entre sciences et littérature
Camelin Colette ; Larrère Raphaël ; Romestaing Ala
H DIFFUSION
32,00 €
Épuisé
EAN :9782363451651
La séparation entre la recherche scientifique et la création littéraire structure les institutions et la pensée depuis le XIXe siècle : à la première appartiendrait l'étude rationnelle de la nature, à la seconde les actions, les passions, l'histoire humaine et les mondes imaginaires. Il nous est apparu important de chercher des points de rencontre face à l'urgence actuelle. Tandis que le tissu des vivants se déchire autour de nous, comment en renouer les fils ? Des scientifiques et des spécialistes de littérature ont cherché ensemble des voies nouvelles, par-delà le dualisme entre " nature " et culture. Les premiers interrogent " le renouveau du sauvage ". Les humains coexistent nécessairement avec des animaux, des végétaux et d'autres organismes sauvages : comment cohabiter avec eux et trouver ce qui pourrait être une bonne distance entre eux et nous ? Et la littérature que peut-elle ? Constater l'étendue des désastres ? Eveiller la conscience de la vulnérabilité des vivants et des atteintes qu'ils subissent (pollution, déforestation, élevage industriel) ? Développer l'attention à leur égard ? Affronter l'altérité d'un animal ou d'un arbre ? Eprouver des liens solidaires avec les vivants ? Emerveiller ? Réenchanter ? Non sans interroger sa propre fonction, ses situations, et les pouvoirs ou impouvoirs de ses récits anciens et nouveaux. Scientifiques et " littéraires " ont échangé leurs expériences et leurs démarches sur un terrain commun, à la recherche d'un humanisme responsable qui ouvre un avenir à la croissance des Terrestres ? feuillus, truies, cerfs, flamants roses, souris et poètes...
Aujourd'hui défendre les êtres vivants, humains et non humains est capital. Comme la littérature a pour qualité essentielle d'être attentive aux différentes formes de vie, cet ouvrage propose des textes issus de colloques de Cerisy, " avec " et " sur " les vivants depuis 1987 (Chateaubriand, Yourcenar, Cendrars, Gaspar, Ponge, Le Clézio, mais aussi A. Simon, M. Collot, C. Larrère, J. -Cl. Ameisen et P. Quignard, E. Hache, M. -J. Mondzain et J. Sacré. Jacques Tassin, dans sa postface, montre que l'écriture et la lecture "procèdent non seulement avec les vivants mais aussi et surtout à même les vivants".
L'ouvre de Frédéric Jacques Temple, romanesque aussi bien que poétique, est tendue entre l'éloge de la diversité heureuse du monde et la description lucide des machines de destruction, entre les minutes heureuses, et les orages terrifiants, entre la mémoire la plus archaïque et l'invention de l'avenir, entre l'attachement aux lieux de l'enfance et le désir de voyager. Les premiers textes de Temple datent de la Seconde guerre mondiale où il a combattu : La guerre m'a déterminé à écrire a-t-il dit au cours du colloque qui lui a été consacré en décembre 2007, organisé par Béatrice Bonhomme, Laure Michel et Patrick Quillier de l'université de Nice. Ce volume réunit les textes des communications faites à cette occasion ainsi que neuf articles ou témoignages nouveaux. Une bibliographie complète des oeuvres de Temple figure à la fin du volume. De plus, Frédéric Jacques Temple a bien voulu nous confier des poèmes inédits et des photographies, ainsi sa présence chaleureuse accompagne-t-elle nos lectures. Proche de l'esprit même du poète, la rigueur des analyses littéraires de ce volume laisse aussi de la place à l'amitié et à l'imagination. Car l'ensemble de son oeuvre, réfractaire à tout dogme comme à toute affiliation, est animé d'une liberté frémissante. Ce qui la caractérise, c'est l'attention aux vibrations de la nature comme à celles de poèmes de Whitman, Rimbaud, Cendrars, des fugues de Bach et les simples émotions humaines : rencontre d'une cardabelle, passage d'un vol de tadornes, moments partagés avec un ami artiste, un vigneron de son pays, un chasseur Navaho, un pêcheur de Nantucket.
Disparu prématurément, Victor Segalen (1878-1919), médecin, voyageur, sinologue, archéologue, éditeur et poète, a laissé une oeuvre abondante, en grande partie inédite à sa mort, publiée et commentée seulement à partir des années soixante. Fondée sur une riche expérience humaine, située au carrefour de plusieurs cultures et de plusieurs disciplines, novatrice en matière de formes et d'idées, elle n'a cessé depuis lors de susciter de l'intérêt dans le monde entier. L'année du centenaire de sa mort, Segalen n'est-il pas toujours à découvrir ? Etre "attentif à ce qui n'a pas été dit" et le dire c'est, selon Segalen, "la raison d'être" de l'artiste. Ce premier colloque de Cerisy consacré à Segalen a réuni des chercheurs d'Europe, d'Asie et d'Amérique. Après une situation précise des oeuvres dans les contextes historiques de son temps, il aborde l'évolution de la réception de Segalen par des philosophes et des écrivains. Il interroge ensuite la complexité du "je" et de l'écriture romanesque révélant ainsi des aspects de la modernité littéraire de Segalen. La dernière partie confronte des oeuvres de Segalen et sa théorie de l'exotisme avec les études culturelles et avec le concept contemporain d' "appropriation culturelle" : la vitalité de l'écriture de Segalen ne cesse d'éclairer des enjeux actuels. Attentifs au "grand fleuve Diversité" segalenien, écoutons ce qu'il peut nous dire de notre propre diversité.
Si l'intensité d'un texte est souvent commentée, la notion elle-même fait rarement l'objet de définitions théoriques. Continent expliciter ce "je-ne-sais-quoi" au-delà de l'effet qu'il produit, de l'émotion immédiate, de l'ineffable? Quelles sont les limites (durée, degré) entre lesquelles l'intensité parvient à son maximum d'efficacité? Comment apprécier les variations d'intensité? Une intensité qui se maintiendrait à son propre paroxysme finirait par rester égale à elle-même, donc diminuerait. Le problème des degrés d'intensité s'est posé: au-delà de seuils à définir l'intensité se dissout, devient obscure ou insoutenable. L'intensité est-elle nécessairement éphémère? L'intensité est-elle située du côté de la simplicité classique, de la raréfaction, de la réticence, du murmure et du silence? Est-elle plutôt située du côté de la prolifération baroque, de l'augmentation d'intensité sonore, du cri, du hurlement? Aux deux extrêmes: le délire dionysiaque et le langage apophalique des mystiques. Dans quelle mesure l'intensité serait-elle compatible avec la clarté de la représentation? A la limite, l'intensité échapperait-elle à l'analyse? Ne pourrait-elle que s'éprouver? Parcours à travers les séminaires, les journées d'étude et le colloque organisé par l'équipe B 1 "Poétiques de la représentation" du FoReLL (UA 3816) de l'université de Poitiers, du 11 au 13 juin 2009, ce volume fait le point sur la problématique de l'intensité dans ses divers aspects. Notion complexe, issue des sciences naturelles, l'intensité demande plusieurs types d'approches: l'analyse lexicale du mot, l'étude de l'historicité de la notion, des études linguistiques contemporaines, des approches scientifiques, l'analyse des implications esthétiques et éthiques de l'intensité. Le colloque a permis de diversifier les éclairages en ouvrant la problématique à différents genres, à différents arts (musique, danse, cinéma), à différentes périodes (de la rhétorique romaine à la littérature contemporaine) et à différentes approches théoriques de la notion. Des lignes de force se font jour, des références (Nietzsche, Bergson, Proust, Deleuze...), des notions (rythme, consonantisme, voix, couleur, sublime, choc, énergie, réel, corps).
Pour le philosophe, la vérité est au bout d'un long chemin - de réflexions, de méditations, d'analyses. Mais il y a ce qui lui est offert dès qu'il ouvre sa fenêtre le matin : la nature et, avec la nature, la beauté - beauté du ciel et des paysages, des fleuves et des étangs, beauté de la nature elle-même en sa splendeur calme. La vérité est un point d'arrivée, la beauté est un point de départ, car la découverte des beautés du monde est sans fin.