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ECLAT DES CONTRAIRES. La poétique de Saint-John Perse
Camelin Colette
CNRS EDITIONS
29,00 €
Épuisé
EAN :9782271055972
L'œuvre de Saint-John Perse semble édifiée à l'écart des mouvements littéraires du XXe siècle. Le poète a cultivé cette distance en même temps qu'il sculptait le masque du personnage appelé " Saint-John Perse " dans le volume de la Pléiade rédigé et agencé par ses soins : il entendait alors défendre sa poésie dans un contexte jugé défavorable. Colette Camelin interroge l'historicité de cette œuvre, donnée pour intemporelle, et montre comment, affrontant les enjeux majeurs du siècle, elle se construit dans un dialogue complexe avec le symbolisme, le surréalisme, la peinture de Georges Braque... De manière originale, l'étude conjointe des manuscrits et de la bibliothèque du poète permet de combiner l'analyse des recueils, au fil de l'élaboration de l'œuvre, avec l'examen des ouvrages qui ont nourri sa pensée. On lit par-dessus son épaule Empédocle, Pindare, Virgile, Plotin, Spinoza, Rimbaud, Nietzsche, Bergson, en même temps qu'on accompagne son évolution intellectuelle, inscrite dans les Proses et la texture même des poèmes. Dans cette poétique se dégagent ainsi de vives tensions entre l'énergie cosmique et l'action humaine, la puissance du subconscient et la rigueur intellectuelle, mais aussi entre la souffrance de la perte et l'éclat de l'éloge, le rythme savamment gouverné et l'émotion qui brise la syntaxe. Œuvre humaine " à fleur d'abîme ", œuvre vivante où, des contraires, jaillit l'éclat.
L'imagination créatrice n'est pour Saint-John Perse ni une " puissance trompeuse " ni une fuite dans un ailleurs imaginaire : elle permet d'explorer les profondeurs psychologiques de l'individu et l'infinie variété des hommes " en leurs voies et façons ". L'imagination est une faculté libératrice, elle relie l'individu aux puissances de la nature et à la communauté des hommes. Aussi le motif d'attribution du Prix Nobel de Littérature à Saint-John Perse en 1960 pourrait se résumer par ces mots : " Cette imagination au déploiement magistral est sa force. " Les poèmes, par des analogies ouvertes, des images saisissantes et un rythme puissant, accroissent le désir de vivre, l'exigence intellectuelle, l'émerveillement face au réel et l'amour du monde. Confrontée à l'évolution scientifique du XXe siècle et au " très grand désordre " de l'histoire, la poésie se dote d'uni peu de magie pour s'éclairer elle-même à la frontière de l'insaisissable ". C'est sur la dimension créatrice et poétique de l'imagination que Colette Camelin concentre son attention dans ce livre. " L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance. " Saint-John Perse (1887-1975)
Si l'intensité d'un texte est souvent commentée, la notion elle-même fait rarement l'objet de définitions théoriques. Continent expliciter ce "je-ne-sais-quoi" au-delà de l'effet qu'il produit, de l'émotion immédiate, de l'ineffable? Quelles sont les limites (durée, degré) entre lesquelles l'intensité parvient à son maximum d'efficacité? Comment apprécier les variations d'intensité? Une intensité qui se maintiendrait à son propre paroxysme finirait par rester égale à elle-même, donc diminuerait. Le problème des degrés d'intensité s'est posé: au-delà de seuils à définir l'intensité se dissout, devient obscure ou insoutenable. L'intensité est-elle nécessairement éphémère? L'intensité est-elle située du côté de la simplicité classique, de la raréfaction, de la réticence, du murmure et du silence? Est-elle plutôt située du côté de la prolifération baroque, de l'augmentation d'intensité sonore, du cri, du hurlement? Aux deux extrêmes: le délire dionysiaque et le langage apophalique des mystiques. Dans quelle mesure l'intensité serait-elle compatible avec la clarté de la représentation? A la limite, l'intensité échapperait-elle à l'analyse? Ne pourrait-elle que s'éprouver? Parcours à travers les séminaires, les journées d'étude et le colloque organisé par l'équipe B 1 "Poétiques de la représentation" du FoReLL (UA 3816) de l'université de Poitiers, du 11 au 13 juin 2009, ce volume fait le point sur la problématique de l'intensité dans ses divers aspects. Notion complexe, issue des sciences naturelles, l'intensité demande plusieurs types d'approches: l'analyse lexicale du mot, l'étude de l'historicité de la notion, des études linguistiques contemporaines, des approches scientifiques, l'analyse des implications esthétiques et éthiques de l'intensité. Le colloque a permis de diversifier les éclairages en ouvrant la problématique à différents genres, à différents arts (musique, danse, cinéma), à différentes périodes (de la rhétorique romaine à la littérature contemporaine) et à différentes approches théoriques de la notion. Des lignes de force se font jour, des références (Nietzsche, Bergson, Proust, Deleuze...), des notions (rythme, consonantisme, voix, couleur, sublime, choc, énergie, réel, corps).
L'ouvre de Frédéric Jacques Temple, romanesque aussi bien que poétique, est tendue entre l'éloge de la diversité heureuse du monde et la description lucide des machines de destruction, entre les minutes heureuses, et les orages terrifiants, entre la mémoire la plus archaïque et l'invention de l'avenir, entre l'attachement aux lieux de l'enfance et le désir de voyager. Les premiers textes de Temple datent de la Seconde guerre mondiale où il a combattu : La guerre m'a déterminé à écrire a-t-il dit au cours du colloque qui lui a été consacré en décembre 2007, organisé par Béatrice Bonhomme, Laure Michel et Patrick Quillier de l'université de Nice. Ce volume réunit les textes des communications faites à cette occasion ainsi que neuf articles ou témoignages nouveaux. Une bibliographie complète des oeuvres de Temple figure à la fin du volume. De plus, Frédéric Jacques Temple a bien voulu nous confier des poèmes inédits et des photographies, ainsi sa présence chaleureuse accompagne-t-elle nos lectures. Proche de l'esprit même du poète, la rigueur des analyses littéraires de ce volume laisse aussi de la place à l'amitié et à l'imagination. Car l'ensemble de son oeuvre, réfractaire à tout dogme comme à toute affiliation, est animé d'une liberté frémissante. Ce qui la caractérise, c'est l'attention aux vibrations de la nature comme à celles de poèmes de Whitman, Rimbaud, Cendrars, des fugues de Bach et les simples émotions humaines : rencontre d'une cardabelle, passage d'un vol de tadornes, moments partagés avec un ami artiste, un vigneron de son pays, un chasseur Navaho, un pêcheur de Nantucket.
Résumé : L'année 1913 est le moment où la culture européenne, à son sommet, semble suspendue au bord de l'abîme. Revenir sur le paysage intellectuel et artistique de 1913 nous permettra-t-il de mieux nous orienter aujourd'hui ? C'est le pari qui est le nôtre. Il s'agit de comprendre ce qui a fécondé le XXe siècle, mais aussi ce qui lui a manqué, ce qui a été perdu pendant les apocalypses et les glaciations qui ont suivi. De quels espoirs, de quelles illusions, de quelles révoltes cette génération fut-elle porteuse ? Les années qui ont précédé la guerre sont un prodigieux laboratoire de formes nouvelles, aussi voit-on souvent 1913 comme l'origine de cette modernité esthétique revendiquée par les avant-gardes. Nous avons cherché, pour notre part, à montrer la richesse et les tensions de cette année-là. L'Homme sans qualités de Musil incarne " un homme du possible " qui traite la réalité comme " une tâche et une invention perpétuelles ". C'était en 1913 : quels sont nos possibles aujourd'hui ?
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.