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Tombeau d'Akhnaton
Calle-Gruber Mireille
DIFFERENCE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782729116378
Tombeau d'Akhnaton entrelace en douze scansions - telles les douze portes de la nuit dans le Livre des morts de l'ancienne Egypte -, un récit doublement archéologique celui d'Akhnaton avec son épouse Néfertiti, le Pharaon hérétique et visionnaire, architecte de la cité solaire ; et celui d'une généalogie de femmes de la vie ordinaire, en France, dans les événements du XXe siècle, historiques ou personnels. Récit de l'impossible, l'on y voit que le Livre est le seul tombeau où recueillir les traces du Pharaon sans tombeau et maudit ; et où garder mémoire des mères-aïeules de la narration que le mystère des albums de famille retient à des années-lumière. Il faut aller loin pour trouver la langue qui approche le plus près de soi : au vif de la perte des êtres aimés. Avec l'écriture - " comme un désir de femme, immortelle et qui va ".
Qu'est-ce qu'un roman? Qu'est-ce qu'écrire? Dans l'entretien passionnant que Mireille Calle-Gruber fait avec Claude Simon en 1992-1993, la question que se pose tout écrivain reste sans réponse précise car, bien entendu, c'est l'oeuvre, la réponse. "Qu'est-ce qu'écrire pour moi?, demande Claude Simon. Je pourrais vous répondre: avant tout, satisfaire l'envie d'écrire. Ou mieux, satisfaire le besoin que tout homme a d'un"faire"(et si, pourquoi, parmi tous les"faire", l'écriture, je dirai, comme Beckett:"Bon qu'à ça!"...). Mais aussi, comme vous le dites très bien,"le réancrage inlassable du vécu". Toutefois, je ne dirais pas la"création". Ce dernier mot postule en effet: ex nihilo. Or, non seulement nous sommes les héritiers de tous les écrivains qui nous ont précédés, mais encore tout écrivain, loin de partir ex nihilo, use de ce"matériau"(mais peut-on ici employer ce mot?) qu'est la langue, cette langue qui, comme on l'a très justement dit, parle déjà avant nous".
Je ne connais d'autres sentiers de la création que ceux ouverts par le cheminement même de l'écriture". C'est ce trajet infini de Claude Simon vers la nécessité poétique du texte captant les choses du monde, que la lecture ici entend retracer. Car l'oeuvre se révèle le lieu d'une impressionnante réflexion sur l'expérience de l'humain - être-à-la-mort, être au monde et au temps. Aux temps pluriels. Considérant l'ensemble des livres, on verra ainsi comment l'écrivain donne formes à l'informe: à ces "lamelles de temps" que sont les mots passés au crible du récit. Le Grand Temps désigne le paradoxe que sécrète l'écriture: la monumentalité de l'Histoire et de l'Oubli dans notre siècle de violences; l'urgence d'une remémoration et d'une recomposition fragmentaires; et, pour ce faire, le recours à une autobiographie qui fait le portait d'une mémoire. La réédition de cet ouvrage, qui était épuisé, accompagne la publication par Mireille Calle-Gruber de la Biographie Claude Simon: Une vie à écrire, Seuil, 2011.
« Et si le mot était ?consolation?: la recherche d?une forme où consoler l?inconsolable ». Une voix explore ce qu?elle ne connaît pas, tente de nommer ce qu?elle ne peut connaître que de biais, par des bribes, traces, inscriptions et fragments; récits ou peintures; qu?ont laissés d?autres vivants. Qui cherche-t-elle? Un homme venu d?Europe orientale, fuyant les pogroms, parlant une langue qu?elle ne comprend pas. Elle ne peut se le représenter que par des reflets, des échos, mendier dans les récits d?autrui une histoire possible: «... le peintre du nord, arrêté durant la nuit du 20 juin 1944 dans la cité des Flandres, déporté avec le dernier convoi? » ou « ? l?écrivain du sud dont l??uvre jeune a débuté juste avant la déclaration de guerre? échappé au convoi, passé à la clandestinit?.La voix des morts, dit-elle, dans ce livre-abîme, ne vit pour nous qu?entre tableaux et romans. Récit, quête de soi, plongée en apnée dans le langage. Célébration de la création ? seule consolation à l?existence. Livre magnifique où prose et poésie s?enchâssent pour atteindre l?impossible récit.
La grande pureté et la transparence de l'air, qui sont une des causes de l'intensité de la couleur bleue du ciel, produisent vers le haut du mont Blanc un singulier phénomène : c'est que l'on peut y voir les étoiles en plein jour ; mais pour cela, il faut être entièrement à l'ombre et voir même, au-dessus de sa tête, une épaisseur d'ombre considérable. L'endroit convenable pour faire cette observation le matin était la montée qui conduit à l'épaule du mont Blanc" (Horace-Bénédict de Saussure). Qu'est-ce qui, pour chaque oeuvre littéraire, fait épaule à l'obscurité considérable qui sera porteuse d'éblouissants étoilements ? D'émotions sans pareil ? Pour Pascal Quignard, écrivain nyctalope qui cherche les secrets du passage au noir, la littérature est cette technique ténébreuse qui fait venir le rêve et éclaire le monde de la beauté de ses images à contre-jour à contre-nuit. Ce livre, qui est une écriture adressée à une écriture, s'efforce de faire et de transmettre l'expérience intime du texte. De se faire l'écho de ce lieu où accueillir les traits de ce qui cherche obscurément à donner naissance aux mystères des origines et des fins. A cela qui appelle. Qui, décidément, s'appelle : littérature.
Entre 2000 et 2020, entre l'Amérique du Sud et l'Europe, chaque personnage, Lunus, Juan Serafini, Henk, Sofia, Angel, Hernàn et Lucas, en proie à ses démons, emprunte sa voie personnelle. Les uns disparaissent, les autres les recherchent, la crise argentine de 2001 éclate... Chaque protagoniste interagit, de près ou de loin, avec les autres. Au lecteur de rassembler les pièces manquantes de ce puzzle, agencées comme des fractales, ces objets mathématiques qui illustrent si bien "l'effet papillon" ou comment l'inattendu peut se glisser au milieu des phénomènes les mieux ordonnés.
Un jeune homme a commis un attentat au gaz : 184 morts, 30 blessés, parmi lesquels 70 écoliers, 20 enfants en bas âge dont le plus jeune n'avait pas trois mois. La mère de ce jeune homme est seule en scène. Elle raconte sa grossesse, la petite enfance de son fils, l'adolescence. Qu'a-t-elle fait de mal ? Pourquoi son fils s'est-il laissé embrigader dans cette spirale djihadiste ? Il n'était pas pire qu'un autre. Elle était une mère aimante. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? L'attentat monstrueux qu'il a commis rend même sa douleur irrecevable. Écrivain engagé, Tom Lanoye prend la plume dans les journaux de son pays, milite pour les droits des homosexuels, s'insurge contre les Flamands qui veulent diviser la Belgique et reste abasourdi devant le fait que plus de 3.000 jeunes gens de nationalité belge aient basculé dans l'intégrisme militant et soient partis en Syrie. (Le pourcentage le plus élevé en Europe) Commandée pour commémorer la toute première attaque au gaz de combat menée par les Allemands en 1915 à Tielt, ville de Flandre occidentale, cette pièce a été jouée au Théâtre Malpertuis de Tielt en avril 2015, un siècle plus tard.
Vingt et une nouvelles où, à chaque fois, se joue, le temps d'un éclair, le sens de la vie. Anecdote, hasard, rencontre, pour qui sait les déchiffrer, projettent un faisceau de lumière sur les mobiles souterrains qui déterminent l'existence. Après L'Embranchement des heures, en 1991, Le Double du calendrier, en 1993, L'Angle de vue, en 1997, Philippe Jones persévère, en orfèvre, dans l'art du bref.