Tout le monde ou presque a entendu parler de Tolkien et de son livre, Le Seigneur des Anneaux. Pour beaucoup, il s'agirait d'un conte pour adulte attardé, ou d'un roman "New Age", baignant dans une ambiance ésotérique. En tout cas un livre que le lectorat chrétien ferait bien de tenir à distance. Voilà ce que l'on sait confusément. Ce que l'on ignore, c'est que Tolkien était un catholique fervent, converti de l'Anglicanisme avec sa mère dans le rayonnement du cardinal Newman. Un homme qui communiait tous les jours, acteur très important dans le cercle des humanistes chrétiens qui renouvelèrent en profondeur le paysage religieux et culturel de l'Angleterre. Un père aussi, auteur d'admirables lettres de direction spirituelle à ses fils. Comme la chose est souvent passée sous silence, les trois essais réunis ici ont puisé dans les lettres de Tolkien, dans son essai sur la Faërie, dans ses contes, pour proposer une lecture du Seigneur des Anneaux à la lumière de la foi dans laquelle son auteur a puisé sa compréhension du monde et de l'histoire afin d'ordonner son ?uvre à un but unique: réévangéliser l'imagination.
Callicott John Baird - Lanaspeze Baptiste - Larrèr
Depuis un siècle, le monde dans lequel nous vivons a changé à un rythme vertigineux. Les philosophes ont plus que jamais besoin de remplir le rôle qu'ils remplissaient autrefois - redéfinir notre représentation du monde en réponse à une expérience humaine radicalement modifiée. De quelle façon nouvelle pourrions-nous imaginer notre place et notre rôle dans la nature? Quelles valeurs nouvelles, quels nouveaux devoirs et quelles nouvelles obligations en découlent?" Les principes de l'éthique de la terre ont été formulés dans les années 1940 par le légendaire écologue et écrivain Aldo Leopold. En lui donnant toute sa solidité théorique et une forme systématique, Callicott a fait de l'éthique de la terre l'une des pensées les plus ambitieuses de la philosophie contemporaine. Le philosophe comme l'écologue, l'anthropologue comme l'amoureux de la nature, trouveront leur bonheur dans cette éthique de la terre.
Le judéo-christianisme est-il responsable de la crise écologique? Peut-on être chrétien ou juif, et écologiste convaincu? L Occident est-il voué à vouloir dominer la nature? Dans Genèse, Callicott remet en cause l idée communément admise selon laquelle la séparation homme-nature serait un héritage culturel indissociable de notre identité judéo-chrétienne. Ce court essai, clair et dense, destiné à tous les lecteurs, propose une lecture inédite de la Genèse et une interprétation ébouriffante du péché originel. En articulant les racines de notre civilisation aux grands enjeux de l avenir, Callicott nous fait entrevoir un Occident respectueux du monde et réconcilié avec lui-même. Une entrée par la grande porte dans les enjeux de l éthique environnementale. « Il faut être téméraire pour proposer une interprétation inédite du passage le plus célèbre de la Bible qui, de surcroît, soit en opposition radicale avec les interprétations généralement admises. Mais Callicott ne manque pas d audace, et il relève le défi. » Postface de Catherine Larrère, Professeur d éthique environnementale à Paris 1-Sorbonne
Le judéo-christianisme est-il responsable de la crise écologique ? Peut-on être chrétien ou juif, et écologiste convaincu ? L'Occident est-il voué à vouloir dominer la nature ? En quoi consiste vraiment le péché originel ? Callicott remet ici en cause l'idée communément admise selon laquelle la séparation homme-nature serait un héritage culturel indissociable de notre identité judéo-chrétienne. Ce court essai, clair et dense, destiné à tous les lecteurs, propose une lecture inédite de la Genèse et du péché originel. Une autre interprétation d'un mythe fondateur de L'Occident.
Forestier Georges ; Caldicott Edric ; Bourqui Clau
En France, la seconde moitié du XVIIe siècle est marquée, sur le plan éditorial, par l'essor des éditions d'?uvres complètes d'auteurs dramatiques. Le phénomène, s'il n'est pas totalement nouveau, prend alors une ampleur tout à fait singulière. Surtout, il s'étend à des dramaturges impliqués étroitement dans la production matérielle du théâtre, notamment les auteurs comiques - au premier rang desquels Molière, consacré par une monumentale édition posthume publiée en 1682. Faut-il voir dans cette forme de reconnaissance par le livre et la constitution de facto d'un répertoire dramatique écrit, l'avènement d'un " Parnasse des auteurs dramatiques " ? Ces éditions en tout cas semblent destinées à conférer aux écrivains spécialisés dans la production théâtrale un statut équivalent à celui des adeptes des genres nobles. Comment interpréter ce soudain essor ? Est-ce l'indice d'une dignité nouvelle de l'auteur dramatique ? Faut-il plutôt y reconnaître le produit de stratégies commerciales inédites des éditeurs-libraires ? Ce développement est-il propre à l'espace français ? comment s'accommode-t-il de la déperdition des "ornements" (musique, jeu scénique, dispositifs scéniques) qu'entraîne la fixation de l'?uvre dans le texte imprimé ? Cet ouvrage, fruit de la contribution de spécialistes des études théâtrales, de la bibliographie matérielle, de la sociologie de la littérature et de l'histoire de l'édition, parcourt le champ de ces questions inédites. Il apporte un éclairage original sur la création théâtrale au XVIIe siècle, de ses protagonistes les plus humbles à ses figures les plus prestigieuses : Molière, Racine et, au-delà des marges françaises, Giovan Battista Andreini, Lope de Vega et Shakespeare.
De 1938 (quelques mois avant son départ en Inde) à 1957 (quelques jours avant sa mort), les lettres de l'Abbé Monchanin rassemblées ici et destinées à celles qu'il appelait ses "dirigées" , permettent de découvrir la personnalité et la spiritualité de celui que le Père de Lubac qualifiait de "prêtre génial" . Ce livre révèle les vies cachées de femmes venues d'horizons religieux et culturels divers. Missionnaires partant aux périphéries préfigurer la vocation de leurs peuples, ces femmes demeuraient au coeur de l'Eglise. "Le lien entre amis devrait être la conspiration des vocations" écrivait le P. Monchanin. Les vocations singulières de ses filles spirituelles étaient exactement les vocations chrétiennes de chacun de leur peuple - leur "lieu irremplaçable dans le Corps mystique" . Ainsi, la communion qui les unissait par delà les mers et que soutenaient les échanges épistoliers et la prière, préfigurait le Plérôme du Christ, signe lui-même de la circumincession du Père, du Fils et du Saint-Esprit, source et consommation de toute communion humaine et ecclésiale. A travers l'amitié, c'est d'une expérience de la vie trinitaire dont parlent toutes ces pages. Chacun se découvre un don fait à l'autre dans le mystère de l'Eglise et le mystère de la Trinité. De l'amitié à la Trinité : c'est ainsi écrit le P. Monchanin que "nous avons à vivre en circumincession avec tous nos frères. Et ce sera la gloire intarissable, lorsque nous sentirons que nous sommes tous intérieurs les uns aux autres" . L'abbé Jules Monchanin (1895-1957) a été prêtre (à Lyon) et ermite en Inde. C'est un acteur important d'un dialogue oecuménique et interreligieux fondé sur l'idée du "plérôme du Christ" . Ami très proche du P. Henri de Lubac, attentif à la culture - il fréquente notamment Picasso, Cocteau, Max Jacob à Paris -, c'est aussi un mystique, dont la pensée trinitaire s'accompagne d'intuitions fulgurantes dont on commence à mesurer aujourd'hui la richesse.
Résumé : "Tout pouvoir vient de Dieu" signifie non pas que toute autorité dispose d?un pouvoir divin mais que le fondement de cette autorité est invisible. Ce que saint Paul dénonce, c?est la confusion de ce fondement avec ces modes de sa manifestation. "Tout pouvoir vient de Dieu" renvoie dos à dos dans aussi bien une conception de l?autorité politique qui dériverait son pouvoir du "sacré" attaché à la personne de l?empereur (ou plus tard du monarque) comme à son fondement, que celle qui la fait dériver du peuple. Voilà pourquoi les chrétiens obéissent aux lois de la Cité et se soumettent aux autorités : parce que l?autorité politique manifeste ce fondement (toujours caché). Quand les lois de ce pouvoir vont à l?encontre du Logos (et donc du Bien commun), les chrétiens ne s?opposent pas au pouvoir comme un corps politique mais rappellent aux gouvernants que leur pouvoir ne repose pas sur eux mais sur Dieu ? le Logos, c?est-à-dire la Raison, à laquelle tous les hommes participent par leur propre raison. Le livre prend notamment l?exemple que donnent les Pères apologistes : Justin, Tertullien, puis Augustin, dont la Cité de Dieu s?inscrit dans le sillage des grandes apologies. En ce sens, il n?y a pas deux cités (des hommes et de Dieu), mais une seule, et c?est la mission ? critique ? des chrétiens (comme citoyens et non pas comme un contre pouvoir) de rappeler ce fondement invisible du pouvoir quand la Cité s?en affranchit. Un livre de discernement capital aujourd?hui.