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Le Parnasse du théâtre. Les recueils d'oeuvres complètes de théâtre au XVIIe siècle
Forestier Georges ; Caldicott Edric ; Bourqui Clau
SUP
26,00 €
Épuisé
EAN :9782840505082
En France, la seconde moitié du XVIIe siècle est marquée, sur le plan éditorial, par l'essor des éditions d'?uvres complètes d'auteurs dramatiques. Le phénomène, s'il n'est pas totalement nouveau, prend alors une ampleur tout à fait singulière. Surtout, il s'étend à des dramaturges impliqués étroitement dans la production matérielle du théâtre, notamment les auteurs comiques - au premier rang desquels Molière, consacré par une monumentale édition posthume publiée en 1682. Faut-il voir dans cette forme de reconnaissance par le livre et la constitution de facto d'un répertoire dramatique écrit, l'avènement d'un " Parnasse des auteurs dramatiques " ? Ces éditions en tout cas semblent destinées à conférer aux écrivains spécialisés dans la production théâtrale un statut équivalent à celui des adeptes des genres nobles. Comment interpréter ce soudain essor ? Est-ce l'indice d'une dignité nouvelle de l'auteur dramatique ? Faut-il plutôt y reconnaître le produit de stratégies commerciales inédites des éditeurs-libraires ? Ce développement est-il propre à l'espace français ? comment s'accommode-t-il de la déperdition des "ornements" (musique, jeu scénique, dispositifs scéniques) qu'entraîne la fixation de l'?uvre dans le texte imprimé ? Cet ouvrage, fruit de la contribution de spécialistes des études théâtrales, de la bibliographie matérielle, de la sociologie de la littérature et de l'histoire de l'édition, parcourt le champ de ces questions inédites. Il apporte un éclairage original sur la création théâtrale au XVIIe siècle, de ses protagonistes les plus humbles à ses figures les plus prestigieuses : Molière, Racine et, au-delà des marges françaises, Giovan Battista Andreini, Lope de Vega et Shakespeare.
Résumé : Il existe un mythe de Molière édifié sur un monceau de légendes : mari jaloux et malheureux ; d'humeur rêveuse et mélancolique ; versificateur maladroit ; acteur doué pour le seul jeu comique ; malade consumé par ses mauvais poumons... Des générations de biographes ont colporté ces fables qui composent encore aujourd'hui son portrait. Comment retrouver le Molière que ses contemporains ont connu ? Il ne subsiste de lui ni manuscrits ni lettres ni écrits intimes. Pour connaître au plus près la figure de l'homme, l'itinéraire de l'acteur, l'audace du directeur de théâtre, l'ingéniosité créatrice de l'auteur, il faut revenir aux témoignages méconnus, aux documents oubliés - tout ce qui restitue les travaux et les jours de l'homme, la vie d'une famille hors norme, les tribulations d'une troupe d'exception, la séduction de l'artiste-courtisan devenu le favori de Louis XIV, et qui éclairent les fulgurances du plus grand auteur comique occidental. Georges Forestier tente de se glisser dans l'intimité du créateur. Il en reconstitue la formation intellectuelle, révèle les secrets de fabrication de ses oeuvres et fait découvrir la logique qui préside à l'enchaînement des pièces en perpétuel renouvellement. Au fil des spectacles, et d'un triomphe à l'autre, c'est le genre même de la comédie que Molière ne cesse de révolutionner. Voilà pourquoi cet alchimiste reste indéfiniment le contemporain de ses spectateurs et de ses lecteurs.
Des légendes tenaces courent sur le compte de Racine (l'orphelin pauvre recueilli à Port-Royal, le soi-disant échec cinglant de Britannicus...). Georges Forestier a choisi de reconstituer la chronologie de son existence (ce qui n'est pas sans surprises), puis de s'appuyer sur des documents originaux, en particulier sur les 190 lettres de Racine qui nous sont parvenues. Il en résulte une biographie dépouillée de tout a priori, qui restitue la vie de ce "poète professionnel" qui ambitionnait de devenir un "honnête homme", anobli et reconnu. L'ouvrage est enrichi d'un cahier de photos. Georges Forestier a dirigé l'édition du volume I des ?uvres complètes de Racine dans la Bibliothèque de la Pléiade (1999).
Du vivant de Molière, ses comédies ont été acclamées, commentées, voire attaquées, sans que nul n'émette le moindre doute sur leur paternité. Mais dans la foulée de la remise en cause de Shakespeare, accusé depuis le XIXe siècle de n'être pas l'auteur de ses pièces, Pierre Louÿs proclama en 1919 que les comédies de Molière avaient été écrites en secret par Pierre Corneille. La faiblesse des arguments de Louÿs fit rapidement oublier l'affaire, mais l'idée d'un complot s'implanta malgré tout dans quelques esprits. L'irruption des "théories alternatives" au XXIe siècle redonna vigueur à cette thèse, et le sentiment que de nombreux mystères entourent Molière s'installa durablement. C'est à tenter de dissiper ces prétendus mystères qu'est consacré le présent ouvrage. Georges Forestier analyse ici l'écart immense qui sépare les manières respectives de Corneille et Molière de composer leurs pièces de théâtre, et rétablit la réalité de leurs rapports. Il propose ce faisant une réflexion sur les processus intellectuels et cognitifs qui font naître et se perpétuer des théories complotistes capables de renverser des vérités attestées.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Le progrès technique est-il issu du seul esprit de scientifiques, ou le résultat d'un encouragement politique ? La "révolution scientifique" à l'oeuvre entre le XVIe et le XVIIIe siècle donne lieu à un foisonnement sans précédent d'innovations scientifiques et techniques, mettant en scène un fructueux dialogue entre science(s) et pouvoir(s). L'ouvrage propose des mises au point historiographiques sur des thèmes encore peu explorés : débats autour de l'attraction magnétique, naissance de la médecine du travail, intervention royale dans la recherche d'une méthode de calcul des longitudes, ingénierie des aménagements portuaires...
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.