Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Revue du MAUSS N° 40, second semestre 2012 : Sortir de (la) prison. Entre don, abandon et pardon
Caillé Alain
LA DECOUVERTE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782707174963
Les prisons françaises sont dans un état moral et physique dramatique. Et plus encore, peut-être, les plus neuves et les plus récentes, parce que plus inhumaines que les plus anciennes. Loin de permettre aux délinquants de réparer leur délit en se réparant eux-mêmes, pour accéder à la sortie à une vie normale, elles renforcent la haine, l?inadaptation et les motivations à une délinquance accrue. La sortie de prison se révèle du coup particulièrement problématique. Comment l?aménager pour qu?elle ne conduise pas à l?effondrement et/ou à la récidive? C?est la question que se posait un important colloque organisé à Caen en février 2012, sous la présidence de Nicole Maestracci et Denis Salas. On en reprend ici certaines des contributions présentées. Mais au-delà même de la question des modalités de la sortie de prison, il convient de se demander comment il serait possible de sortir du régime actuel de l?institution Prison, si contre-productif et délétère. Ici encore, c?est en mettant à profit l?éclairage du paradigme du don que l?on explore les possibilités d?une voie moyenne, qui ne laisse pas les populations carcérales à l?abandon mais leur ouvre la possibilité d?accéder à un pardon qui ne soit pas absolution mais don d?une potentialité de renouveau. Avec des contributions de: Denis SALAS, Magistrat, membre du conseil d'administration de l'Observatoire International des Prisons. Nicole MAESTRACCI, Magistrat, Premier Président de la Cour d?appel de Rouen, Présidente de la FNARS. Alain TOURRET, Président de l?institut international des droits de l?homme et de la paix Sébastien BOTREAU-BONNETERRE, Directeur de l?institut Anne-Marie FIXOT, Présidente de l?association Démosthène Jean-Manuel LARRALDE, professeur de droit à l?Université de Caen Basse-Normandie Annie KENSEY, Démographe, Chef du bureau des études et de la prospective à l?administratio pénitentiaire. Cécile BRUNET-LUDET, Magistrat, Ancien Juge de l?Application des peines, chargée de mission à la direction de l?administration pénitentiaire, Jean-Yves KERBOEUF, Ancien Juge de l?Application des Peines au TGI de Rennes. Jean-François VILLETTE, Administrateur de l?association Revivre, Conseiller à la cour d?appel et ancien Président de la Cour d?assises du Calvados. Nicolas CHAMPION, Secrétaire Général de la fédération du Calvados du Secours Populaire Français Fabrice BOURDEAU, Directeur, et Alexia ANNE, Chef du CHRS INSERTION (Centre Hébergement et Réinsertion Sociale de Caen) de l?association Revivre. Christiane de BEAUREPAIRE, Médecin psychiatre, ancien chef de service du SMPR de Fresnes, président de l?association médico-légale pour la réinsertion (AMLR) Michel JOUANNOT, ancien Vice-président de l?association nationale des visiteurs de prison (ANVP), Membre de l?équipe de Jean-Marie Delarue, Contrôleur général des lieux privatifs de liberté, Anne-Marie KLOPP, Membre de l?ANVP, diplômée d?études approfondies en criminologie (Université de Louvain-La-Neuve, Belgique), chargée des relations européennes. Et Hélène Castel et Jean-Marie Delarue, Contrôleur général des lieux de privation de liberté
Paru en 1989, ce petit livre pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS depuis sa fondation en 1981, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l?anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant propos et une postface inédits qui permettent également d?introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS, sur la genèse de l?utilitarisme (et donc de l?économisme) et sur le paradigme du don. 1re édition: ? Agalma ?, La Découverte, 1989.
A quoi bon s?indigner si ce n?est pas pour reconquérir la dignité d?une citoyenneté active?? Se "?redigner?". Une citoyenneté confisquée par le système de l?argent, des bureaucraties et des médias. De cette confiscation le sport est un parfait révélateur. On ne donne plus à voir que des superchampions trop souvent dopés, un pour mille, dix mille ou cent mille sportifs, et des instances dirigeantes trop souvent corrompues. Pourtant, un peu partout, les valeurs du sport restent celles qui suscitent le plus de passion et qui créent le plus de lien social. Dans les "?quartiers?", là où l?Ecole et les institutions défaillent, seul le sport éduque encore à la citoyenneté. Mais ce qui est vrai du sport l?est de tous les autres domaines. Partout, dans tous les champs, c?est une citoyenneté active et digne, convivialiste, qu?il est plus urgent que jamais de (re)construire.
Partout un autre monde cherche à s'inventer. A travers de multiples expériences, de multiples courants de pensée, sous de multiples appellations: autre économie, économie sociale et solidaire, postdéveloppentisme, sobriété volontaire, abondance frugale, décroissance, indicateurs de richesse alternatifs, commerce équitable, microcrédit, responsabilité sociale et environnementale, entreprise sociale, politique de l'association, démocratie radicale, écologie politique, altermondialisme, etc. Ou encore, tout récemment, sous la forme d'une revendication de la dignité, dans le monde arabe, au nom de l'indignation en Espagne ou au Portugal et ailleurs. Le pari dont procède ce pré-manifeste est que le nom qui cerne au plus près la doctrine commune qui se cherche ainsi est celui de convivialisme. Un convivialisme qui ne prendra véritablement consistance que s'il s'assume comme une idéologie politique qui, à la fois synthétise et dépasse les quatre grandes idéologies de la modernité, le libéralisme, le socialisme, l'anarchisme et le communisme, trop tributaires de leur commun soubassement utilitariste et économiciste pour affronter le défi central du monde actuel qui est d'affronter sa finitude. Pourquoi un "pré-manifeste"? Pour préluder à un travail collectif permettant de rendre effectivement manifeste ce qui est commun à toutes ces tentatives d'invention d'un monde post-néolibéral, plutôt que ce qui les divise.
Résumé : Si, comme tout le laisse à penser, nous nous acheminons nolens volens vers une forme de société postcroissance, il s'agira de se déprendre de nombre de nos réflexes de consommateurs et d'inventer d'autres styles de vie. Rompre avec le consumérisme, avec l'idéologie de la consommation et ses pratiques, sans pour autant basculer dans l'ascétisme. Mais pour pouvoir effectuer un tel basculement avec bonheur, il nous faut éclairer ce qui alimente le désir de consommer. Quel rapport entretient-il avec l'esprit du don, dont le MAUSS s'est fait le champion ? Car, contrairement à toute attente, il faut se demander s'il n'entre pas en effet dans la consommation une dimension de don, avec toutes ses ambiguïtés et ses ambivalences. Au-delà du besoin et de l'affichage du statut social, la consommation n'obéit-elle pas au désir d'offrir à nos proches et à nos amis ? Et, plus profondément encore, d'entrer dans le domaine de la grâce, du charisme ? De la donation.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Harper Kyle ; Pignarre Philippe ; Rossignol Benoît
Comment Rome est-elle passée d'un million d'habitants à 20 000 (à peine de quoi remplir un angle du Colisée) ? Que s'est-il passé quand 350 000 habitants sur 500 000 sont morts de la peste bubonique à Constantinople ? On ne peut plus désormais raconter l'histoire de la chute de Rome en faisant comme si l'environnement (climat, bacilles mortels) était resté stable. L'Empire tardif a été le moment d'un changement décisif : la fin de l'Optimum climatique romain qui, plus humide, avait été une bénédiction pour toute la région méditerranéenne. Les changements climatiques ont favorisé l'évolution des germes, comme Yersinia pestis, le bacille de la peste bubonique. Mais "les Romains ont été aussi les complices de la mise en place d'une écologie des maladies qui ont assuré leur perte". Les bains publics étaient des bouillons de culture ; les égouts stagnaient sous les villes ; les greniers à blé étaient une bénédiction pour les rats ; les routes commerciales qui reliaient tout l'Empire ont permis la propagation des épidémies de la mer Caspienne au mur d'Hadrien avec une efficacité jusque-là inconnue. Le temps des pandémies était arrivé. Face à ces catastrophes, les habitants de l'Empire ont cru la fin du monde arrivée. Les religions eschatologiques, le christianisme, puis l'islam, ont alors triomphé des religions païennes.
Résumé : Face aux signaux alarmants de la crise globale ; croissance en berne, tensions sur l'énergie et les matières premières, effondrement de la biodiversité, dégradation et destruction des sols, changement climatique et pollution généralisée, on cherche à nous rassurer. Les technologies "vertes" seraient sur le point de sauver la planète et la croissance grâce à une quatrième révolution industrielle, celle des énergies renouvelables, des réseaux intelligents, de l'économie circulaire, des nano-bio-technologies et des imprimantes 3D. Plus consommatrices de ressources rares, plus difficiles à recycler, trop complexes, ces nouvelles technologies tant vantées nous conduisent pourtant dans l'impasse. Ce livre démonte un à un les mirages des innovations high tech, et propose de prendre le contre-pied de la course en avant technologique en se tournant vers les low tech, les "basses technologies". Il ne s'agit pas de revenir à la bougie, mais de conserver un niveau de confort et de civilisation agréables tout en évitant les chocs des pénuries à venir. Si l'auteur met à bas nos dernières illusions, c'est pour mieux explorer les voies possibles vers un système économique et industriel soutenable dans une planète finie.
Résumé : Les forêts deviennent une industrie ! Parée du discours trompeur de l'énergie verte et des vertus de la biomasse, une entreprise massive et silencieuse de transformation de la sylve en matière se déploie en France. Nous pensons la forêt comme le refuge de la liberté, nous la parcourons pour respirer le parfum de la nature, nous nous y réfugions des trépidations urbaines. Mais les abatteuses, les voies forestières démesurées, les centrales à biomasse sont en train de l'avaler, de la quadriller, de la standardiser. Cette dramatique industrialisation de la forêt, on ne l'avait pas encore racontée. Pendant des mois, des Landes au Morvan, de l'Auvergne aux Vosges, Gaspard d'Allens a couru les bois pour décrire et raconter le désastre en cours. Car la forêt subit maintenant la logique productiviste qui a ravagé l'agriculture, détruisant les emplois, dispersant les produits chimiques, gaspillant l'énergie, réduisant la biodiversité. Mais il est encore possible d'inverser le cours de la destruction. Des bûcherons réinventent leur métier, des forestiers promeuvent un usage doux de la forêt, des Zad luttent contre les machines. L'espoir est là, l'alternative est vivante, les humains et les arbres peuvent se réconcilier.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
Chaque année, l?Insee chiffre le nombre de pauvres en France (8,2 millions en 2011) sans jamais proposer toutefois de lecture sur l?organisation politique qui génère cette pauvreté. Les pauvres surgissent ainsi sur la scène sociale comme une masse importante que l?on va aider ou punir, selon les mérites ou les défauts de chacun, mais rarement comme le symptôme d?une défaite sociale. Tandis que la fraction la plus riche de la population ne cesse de s?enrichir, la pauvreté n?est plus un phénomène qui relève d?une responsabilité collective. C?est pourquoi Catherine Herszberg est allée demander à des inconnus non pauvres, selon le critère européen, pourquoi les pauvres sont pauvres. Cette démarche s?inscrit dans la continuité de celle qui l?a déjà poussée à observer le sort réservé aux fous emprisonnés (Fresnes, une histoire de fou, 2007). A nouveau, il est question d?hommes mis à l?écart de la société, qu?on est soulagé de ne plus voir, leur vie n?intéressant à peu près personne. Cette enquête pointe ainsi comment le phénomène de la pauvreté s?est détaché du politique, et de notions comme la justice ou l?égalité, pour relever au mieux d?un discours compassionnel, voire charitable. Ce divorce conduit à l?acceptation de ce fait social comme une fatalité, voire une nécessité. Acceptation renforcée par la certitude que le capitalisme mondialisé produit un surplus d?êtres humains "inutiles", surplus appelé à croître dans les années à venir. "Dès lors, la seule question qui se pose est celle-ci: qu?est-ce qu?on va bien pouvoir faire de ces hommes en trop?"