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Revue du MAUSS N° 26, second semestre 2005 : Alterdémocratie, alteréconomie. Chantiers de l'espéranc
Caillé Alain ; Wallerstein Immanuel ; Godbout Jacq
LA DECOUVERTE
30,50 €
Épuisé
EAN :9782707147622
Le précédent numéro de la Revue du Mauss dressait le constat de l'existence d'un malaise, à tout le moins, dans la démocratie. Le doute sur ses potentialités et sur sa réalité s'étend chaque jour un peu plus. Mais jusqu'où convient-il de désespérer? La seule chose sûre est que, dans leur état actuel, les mécanismes de la démocratie représentative ne peuvent plus se suffire à eux-mêmes et qu'il faut revigorer l'esprit même de la démocratie. Ce sont les modalités, les potentialités et les limites de ces alternatives à la démocratie représentative -démocratie participative, associationniste ou directe, forums plus ou moins hybrides, organisations ou coopérations en réseau, etc. -, bref, de tout ce qui relève de l'alterdémocratie, que le présent numéro se propose d'examiner et d'évaluer, avec une réouverture symétrique d débat sur l'alteréconomie. Face à la menace, qui se précise, d'une crise économique et environnementale de très grande ampleur, les perspectives d'une " décroissance conviviale " et d'une redéfinition de la richesse sont-elles crédibles? Et quels rapports entretiennent-elles avec l'idéal démocratique? Tout ici est en chantier, les chantiers de l'espérance. Pour éviter les désillusions, il reste, sans doute, à mieux faire apparaître le dénominateur commun à ce qui se cherche ici et là. Peut-il s'agir d'autre chose, en définitive, que de bâtir une social-démocratie planétaire, radicalisée et universalisée, capable d'intégrer dans son programme la fragilité de la nature, la diversité des cultures et des systèmes politiques, comme les limites à la fois de la démocratie représentative et de la richesse marchande ?
Partout un autre monde cherche à s'inventer. A travers de multiples expériences, de multiples courants de pensée, sous de multiples appellations: autre économie, économie sociale et solidaire, postdéveloppentisme, sobriété volontaire, abondance frugale, décroissance, indicateurs de richesse alternatifs, commerce équitable, microcrédit, responsabilité sociale et environnementale, entreprise sociale, politique de l'association, démocratie radicale, écologie politique, altermondialisme, etc. Ou encore, tout récemment, sous la forme d'une revendication de la dignité, dans le monde arabe, au nom de l'indignation en Espagne ou au Portugal et ailleurs. Le pari dont procède ce pré-manifeste est que le nom qui cerne au plus près la doctrine commune qui se cherche ainsi est celui de convivialisme. Un convivialisme qui ne prendra véritablement consistance que s'il s'assume comme une idéologie politique qui, à la fois synthétise et dépasse les quatre grandes idéologies de la modernité, le libéralisme, le socialisme, l'anarchisme et le communisme, trop tributaires de leur commun soubassement utilitariste et économiciste pour affronter le défi central du monde actuel qui est d'affronter sa finitude. Pourquoi un "pré-manifeste"? Pour préluder à un travail collectif permettant de rendre effectivement manifeste ce qui est commun à toutes ces tentatives d'invention d'un monde post-néolibéral, plutôt que ce qui les divise.
Paru en 1989, ce petit livre pédagogique qui présentait le travail de pensée accompli par la Revue du MAUSS depuis sa fondation en 1981, a peu à peu pris des allures de livre culte et exercé une influence souterraine sur des pans importants de la sociologie, de l?anthropologie, de la science économique ou de la philosophie morale et politique. Épuisé depuis plusieurs années, ce livre est réédité avec un avant propos et une postface inédits qui permettent également d?introduire le lecteur aux analyses ultérieures du MAUSS, sur la genèse de l?utilitarisme (et donc de l?économisme) et sur le paradigme du don. 1re édition: ? Agalma ?, La Découverte, 1989.
A quoi bon s?indigner si ce n?est pas pour reconquérir la dignité d?une citoyenneté active?? Se "?redigner?". Une citoyenneté confisquée par le système de l?argent, des bureaucraties et des médias. De cette confiscation le sport est un parfait révélateur. On ne donne plus à voir que des superchampions trop souvent dopés, un pour mille, dix mille ou cent mille sportifs, et des instances dirigeantes trop souvent corrompues. Pourtant, un peu partout, les valeurs du sport restent celles qui suscitent le plus de passion et qui créent le plus de lien social. Dans les "?quartiers?", là où l?Ecole et les institutions défaillent, seul le sport éduque encore à la citoyenneté. Mais ce qui est vrai du sport l?est de tous les autres domaines. Partout, dans tous les champs, c?est une citoyenneté active et digne, convivialiste, qu?il est plus urgent que jamais de (re)construire.
Résumé : Les travaux se multiplient aujourd'hui dans la constellation des sciences humaines et sociales, en sociologie, anthropologie, histoire, science politique, philosophie, littérature, sur l'émancipation, abordée alternativement comme affranchissement des tutelles, subversion des normes, inversion des stigmates ou construction d'autres mondes possibles. En raison de sa polysémie constitutive et de la multiplicité de ses usages, l'on peine toutefois à clarifier l'assise conceptuelle de l'" émancipation ". Que désigne-t-elle exactement ? À ce problème de flou conceptuel s'en ajoute un autre : la plupart du temps les analyses sur les processus d'émancipation sont étroitement imbriquées à des théories préalables de l'émancipation ou à des idéologies émancipatrices, à leur tour supposant un engagement militant de la part du chercheur. Cette articulation entre le positif, le normatif et l'idéologique est rarement questionnée dans les travaux sur l'émancipation. Le but de ce dossier est d'inaugurer une réflexion interdisciplinaire et critique sur " ce que (s')émanciper veut dire " en sciences sociales afin 1) de clarifier les frontières du concept, les problèmes posés par son usage, les écueils normatifs qu'il suppose ; 2) de penser les usages contemporains du concept en relation à son archéologie, dans les sciences sociales, la psychanalyse, la philosophie, l'art et la littérature ; 3) de réfléchir au positionnement axiologique du chercheur souhaitant objectiver des processus d'émancipation, entre une " impossible " neutralité et les écueils d'un engagement militant ; 4) de définir un protocole critique adapté à la saisie des processus émancipatoires. Numéro coordonné par Alain Caillé, Philippe Chanial et Federico Tarragoni.
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.
Van Parijs Philippe ; Vanderborght Yannick ; Authi
L'idée de revenu de base inconditionnel est désormais au coeur des débats sur l'avenir de nos modèles sociaux. Elle consiste à verser à chacun un revenu régulier à titre individuel, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie. Diffusée en France à l'occasion de l'élection présidentielle de 2017, elle avait été peu auparavant soumise à référendum en Suisse et a fait l'objet de plusieurs expérimentations à travers le monde. Rédigé par deux spécialistes internationalement reconnus, ce livre offre la première synthèse systématique de la discussion aujourd'hui mondiale sur cette proposition radicale. Il explore ses origines historiques, discute les objections éthiques, économiques et politiques qu'elle soulève et jauge sa pertinence face aux défis écologiques et à la mondialisation. Il fournit un recueil d'informations fiables et d'arguments éclairants qui doivent être utiles à ceux qui plaident pour le revenu de base, mais aussi contre lui, en aidant à corriger les nombreuses erreurs factuelles et confusions conceptuelles que l'on trouve de part et d'autre. L'ouvrage n'en constitue pas moins un plaidoyer engagé en faveur d'une idée qui vise à rendre notre société plus libre et notre économie plus saine. Il ne manquera pas d'enthousiasmer, ou du moins d'intriguer, toutes celles et tous ceux qui veulent que le monde de demain soit plus juste et comprennent que, pour cela, notre modèle de protection sociale doit être profondément réformé.
La drogue est la continuation de la politique par d'autres moyens : telle est sans doute l'une des leçons les plus méconnues du IIIe Reich... Découverte au milieu des années 1930 et commercialisée sous le nom de pervitine, la méthamphétamine s'est bientôt imposée à toute la société allemande. Des étudiants aux ouvriers, des intellectuels aux dirigeants politiques et aux femmes au foyer, les petites pilules ont rapidement fait partie du quotidien, pour le plus grand bénéfice du régime : tout allait plus vite, on travaillait mieux, l'enthousiasme était de retour, un nouvel élan s'emparait de l'Allemagne. Quand la guerre a éclaté, trente-cinq millions de doses de pervitine ont été commandées pour la Wehrmacht : le Blitzkrieg fut littéralement une guerre du "speed". Mais si la drogue peut expliquer les premières victoires allemandes, elle a aussi accompagné les désastres militaires. La témérité de Rommel, l'aveuglement d'un Göring morphinomane et surtout l'entêtement de l'état-major sur le front de l'Est ont des causes moins idéologiques que chimiques. Se fondant sur des documents inédits, Norman Ohler explore cette intoxication aux conséquences mondiales. Il met notamment en lumière la relation de dépendance réciproque qui a lié le Dr Morell à son fameux "Patient A", Adolf Hitler, qu'il a artificiellement maintenu dans ses rêves de grandeur par des injections quotidiennes de stéroïdes, d'opiacés et de cocaïne. Au-delà de cette histoire, c'est toute celle du IIIe Reich que Ohler invite à relire à la lumière de ses découvertes.