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Aux origines de la Turquie d’Erdogan. Etude sociologique du Foyer des intellectuels, un club élitist
Bursa-Millet Zeynep
CROQUANT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782365123693
Zeynep BURSA-MILLET est docteure en histoire (EHESS) et ATERen science politique (Université Paris-Nanterre). Résumé : Clubd'influence de droite, le Foyer des intellectuels (Aydınlar Ocagı) a dotél'Etat turc d'une nouvelle idéologie, la "synthèse turco-islamique" qui lui apermis de se relégitimer à l'échelle nationale et internationale après le coupd'Etat de 1980. Les membres du Foyer des intellectuels ont joué un rôle notoiredans la formation intellectuelle et politique des cadres de l'AKP, dont enpremier lieu Recep Tayyip Erdogan. La politique extérieure "néo-ottomaniste" d'Erdogan au Moyen Orient, en Asie centrale et dans le Caucase puise ses sourceschez ces intellectuels et dans leur doctrine. Si les membres les plus actifs duFoyer des intellectuels ne sont généralement pas directement entrés enpolitique, ils ont su préserver une position privilégiée de "philosophes-roi" qui leur a permis d'être omniprésents dans la vie politique, culturelle etéconomique turque. Le succès de ce club a résidé dans sa capacité à oeuvrer aurétablissement de l'autorité de l'Etat turc à travers une reformulation del'idéologie officielle et l'inspiration d'une série de réformesd'envergure. Cet ouvrage propose une biographie collective des membresdu Foyer des intellectuels pour comprendre comment ceux-ci se sont réunis etcomment ils sont parvenus à construire dans les années 1970 et 1980 des réseauxpolitiques et intellectuels intégrant les dirigeants des partis politiques dedroite, des universitaires et des journalistes de renom, les meilleurs espoirsde la jeunesse nationaliste, et jusqu'à des membres des forces armées et desinstitutions de la bourgeoisie turque. Synopsis du livre : Auxorigines de la Turquie d'Erdogan Etude sociologique du Foyer desintellectuels, un club élitiste dans la Turquie du XXe siècle. Lalongévité du président Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis près de 20 ansdans une Turquie naguère marquée par une forte alternance politique, a souventété perçue comme une énigme. Un article publié le 21 décembre 2016 dans lejournal Cumhuriyet (La République), fournit cependant des éléments de réponse. D'après le quotidien, "Erdogan doit son pouvoir à Süleyman Yalçın" . Rédigépeu après les funérailles de ce dernier, cet article cite Süleyman Yalçın(intellectuel conservateur et professeur de médecine), pour évoquer de façonmétonymique tout un collectif, le Foyer des intellectuels (Aydınlar Ocagı), dont il fut membre. Né en 1954, Recep Tayyip Erdogan s'est formé politiquementdans les années 1970, période au cours de laquelle les courants politiques de ladroite turque se sont réunis autour de "la synthèse turco-islamique" , ladoctrine produite par le Foyer des intellectuels, fondé en 1970. Cette "synthèse" est considérée comme l'idéologie officielle d'Etat adoptée par lerégime militaire après le putsch de 1980. Quant aux membres du Foyer, ils sontsouvent présentés comme les idéologues ou les théoriciens de cette "synthèse" . La synthèse turco-islamique définit l'islam sunnite comme un élémentessentiel de l'identité turque. La supériorité de la Turquie et sa missionprotectrice de l'Islam constituent deux points essentiels de cette doctrine, dans le prolongement de laquelle entend s'inscrire Erdogan et son partipolitique, l'AKP (parti de la justice et du développement). Cette imprégnationidéologique peut être clairement observée aujourd'hui dans sa politiqueétrangère "néo-ottomaniste" , dans son rapport avec certaines minoritésethniques, politiques et religieuses comme les kurdes, les alévis, les chrétiend'Orient, mais aussi dans sa tentative d'islamiser le social, dans ses discoursnationalistes et dans sa volonté de contrôler les universités. Pour comprendreles sources de l'idéologie politique de l'AKP un retour sur le contextepolitique des années 1970 et 1980 s'impose. Le coup d'Etat de 1980, considérécomme le plus violent de l'histoire de la Turquie, survient après une décenniede forte conflictualité sociale, au cours de laquelle la droite turque s'estconsidérablement renforcée, avec l'appui de l'Etat. Rassemblée sous le slogan "islam turc" , la droite turque a patiemment tissé des réseaux au cours desannées 1970, qui correspondent à la période de formation politique des cadres del'AKP. Erdogan et ses camarades de parti ont connu leurs premières expériencesmilitantes dans les associations de droite des années 1970 et ils ont été forméspar les membres du Foyer des intellectuels. Si des travauxuniversitaires font référence au Foyer des intellectuels et à sa "synthèse" pour expliquer la culture politique de l'AKP, ce club, qui est pourtant centraldans l'histoire politique et intellectuelle de la Turquie, n'a jamais faitl'objet d'une étude à part entière. Notre livre constitue à cet égard l'étude laplus complète à ce jour. Notre ouvrage se veut une monographie approfondie duFoyer des intellectuels, étudié comme un groupe formalisé d'intellectuelsconservateurs. Il repose sur un travail au long cours entendant dépasserl'histoire intellectuelle d'un groupe d'influence, formé majoritairementd'universitaires conservateurs, pour en proposer une véritablesociologie, permettant de mettre au jour les raisons de leur regroupement, leurssensibilités, les moyens qu'ils mobilisent et les liens qui les unissent àdivers autres groupes élitaires conservateurs. Notre livre s'inspire de laméthodologie prosopographique, dite aussi de "biographie collective" . Cetteméthode permet d'aller au-delà d'une approche purement idéelle, poursociologiser l'histoire intellectuelle et politique et dépasser les lecturespartielles, qui se concentrent sur les aspects éducatifs et culturels dela "synthèse turco-islamique" , sans rendre raison de la polyvalencedu club et de son inscription dans de nombreux domaines de l'action publique. Cetravail permet ainsi de proposer une analyse empiriquement fondée, incarnée, etsociologiquement contextualisée du Foyer des intellectuels, mais aussi, pluslargement, des rapports entre savoir et pouvoir en Turquie. Cet ouvragepossède une dimension proprement interdisciplinaire. Si la démarche historiqueest fortement présente, il emprunte aussi beaucoup à la science politique et àla sociologie. Il s'inscrit dans la sociologie des élites et des intellectuels, la sociologie des sciences du gouvernement et la sociologie de l'actionpublique. Il vise à problématiser le statut d'universitaire, la productionscientifique, l'expertise, les portées et limites de l'action publique. Notredémarche repose aussi sur une pluralité de sources : entretiens non-directifs etsemi- directifs avec les membres du Foyer, entretiens semi-directifs avec lesacteurs politiques de l'époque, archives des personnels des universités, archives nationales d'Etat, presse, imprimés, publications, témoignages, correspondances, photographies, archives audio-visuels, et observations insitu. Selon ses statuts de 1970, le Foyer des intellectuels est un clubélitiste : tous ses présidents doivent être professeurs d'université et lesconditions d'adhésion sont très strictes. Dans le cadre de nos recherches, nousnous sommes concentrée sur les trajectoires de 63 membres du Foyer : les 56membres fondateurs et les sept membres qui l'ont rejoint au cours de sespremières années d'existence. L'étude de la composition socioprofessionnelle duFoyer nous a amenée à interroger le capital culturel et social de ses membres etleur multi-positionnement dans la vie politique, intellectuelle et sociale, aucun d'entre eux n'y étant entré par hasard. Dans cette optique, nous avonstoujours gardé à l'esprit la nécessité d'étudier chacun des membres de ce cluben tenant compte de leur appartenance à un collectif. Cela nous a permisd'expliquer comment les membres du Foyer sont parvenus à construire un réseaupolitique aussi conséquent. La première partie du livre s'appuie surune enquête prosopographique qui détaille les origines sociales, familiales, géographiques, les parcours scolaires et universitaires, les affinitésidéologiques, religieuses et politiques, les premiers engagements et les lieuxde sociabilités (cafés, réunions à domicile, mosquées etc.) des membres du Foyerdes intellectuels. Cette partie propose ainsi une sociologie d'une générationpolitisée et formée à l'université. Dans cette première partie, nous traçons unprofil collectif des membres du Foyer des intellectuels, qui sont nésmajoritairement dans les années 1920 et ont été formés dans les écoles de lajeune République. Leur politisation remonte aux années 1940 et 1950, dans unclimat politique marqué par la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide. Lesmembres du Foyer des intellectuels ont constitué la première génération croyantede la République de Turquie : marqués par une éducation et une socialisation àl'occidentale, ces jeunes aspiraient à devenir les futurs intellectuels de lanation turque et les garants des valeurs nationales, religieuses etmorales. La deuxième partie du livre débute avec la fondation du Foyerdes intellectuels : l'appartenance de ses membres à différents courants de ladroite turque, le fonctionnement interne de ce club et son financement par labourgeoisie conservatrice. Cette partie se concentre ensuite sur la "synthèseturco-islamique" , son histoire et sa reprise par le Foyer des intellectuelsdans les années 1970. L'originalité de cette partie du livre vient de son partipris d'analyser cette doctrine de façon croisée avec les actions et lemulti-positionnement de ses promoteurs. La "synthèse turco-islamique" réactualisée par le Foyer fait primer l'action politique concrète sur les récitsthéoriques et historiques. Au cours des années 1970 et 1980, cette doctrine estrevendiquée de manière pragmatique dans la lutte contre la "menace communiste" avec l'objectif d'unifier les différents courants de la droite turque autourd'un même mot d'ordre pour construire un "front nationaliste" , chacune descomposantes de ce regroupement politique mettant tantôt en avant le nationalismeturc ou la défense de l'islam. La "synthèse" est ainsi devenue unslogan politique permettant de dépasser les divergences théoriques au sein de ladroite turque. Présentée comme une nouvelle idéologie nationale, elle a servi dejustification à une série de réformes d'envergure. Une deuxièmesous-partie se concentre sur la diffusion de cette "synthèse" dans la viepolitique, culturelle et économique turque. Le Foyer des intellectuels ne s'estjamais défini comme un groupe de réflexion uni autour d'une revue politique ouuniversitaire. Ses membres ont choisi de mobiliser au mieux tous les outils decommunication et propagande à leur portée. Le multi-positionnement des membresdu Foyer a joué un rôle décisif dans la vulgarisation et la popularisation desidées turco-islamiques. L'analyse des outils de vulgarisation et depopularisation de ces idées nous permet de montrer comment elles ont trouvé unécho aussi large. Les postes et responsabilités des membres du Foyer desintellectuels dans les universités, la presse, les maisons d'édition, latélévision, la radio, leur ont offert une grande visibilité publique. Leursentretiens et échanges avec des personnalités politiques et des intellectuelscomme Mouammar Kadhafi, Roger Garaudy, Ahmed Ben Bella, Raymond Aron ou EugèneIonesco montrent également qu'ils entendaient participer aux débats de l'époquesur le "communisme réel" , les mobilisations sociales, la jeunessecontestataire, le marxisme, la culture nationale, la civilisation islamique, lareconfiguration des mondes musulmans et le rôle des intellectuels. Cette sous-partie montre que la capacité des membres du Foyer à produire unesyntaxe hégémonique n'a pas seulement permis de populariser les idées de ce clubmais qu'elle les a rendues politiquement performatives. L'absence de cohérenceinterne de la "synthèse" ne doit ainsi pas être perçue comme un obstacle à salarge diffusion, bien au contraire. C'est parce qu'elle était éclectique etsusceptible d'être reprise par de multiples acteurs, dans les champs les plusdivers, que la "synthèse" a été redoutablement efficace et qu'elle continued'être revendiquée aujourd'hui. La troisième et dernière partie denotre livre propose d'analyser la période qui a suivi le coup d'Etat du 12septembre 1980 à travers les trajectoires de trois membres importants du Foyerdes intellectuels : Ayhan Songar (1926-1997, professeur de psychiatrie), NevzatYalçıntaÅ (1933- 2016, professeur d'économie) et Sabahattin Zaim (1926-2007, professeur d'économie). Ces trois universitaires sont considérés comme lesmaitres à penser de Recep Tayyip Erdogan. Nevzat YalçıntaÅ lui-même, aparticipé à la fondation du Parti de justice et du développement dont il futdéputé entre 2002 et 2007. Après avoir analysé le profil, l'action etla production collective du Foyer dans les premières et deuxièmes parties, nousavons essayé de comprendre dans cette dernière partie comment le Foyer (etchacun de ses membres) a tiré son épingle du jeu après le coup d'Etat de 1980. Nous avons fait le choix d'aborder ce moment charnière autour de deux thèmesessentiels : la jeunesse et l'économie. Les interventions du Foyer desintellectuels dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur sontconnues en Turquie. Nous revenons à plusieurs reprises sur celles-ci, etabordons entres autres, les traductions et la rédaction des manuels scolairespar des membres du Foyer, le changement des programmes dans les écoles et lesuniversités, la remise en cause de l'autonomie des universités, la mise en placedes cours obligatoires sur la religion dans les écoles. Nous avons cependantégalement choisi de nous attarder sur Ayhan Songar, professeur de psychiatrie etmédecin-légiste, pour mettre en avant le fait que le projet global du Foyerdes intellectuels ne se limitait pas seulement aux réformes éducatives. Dans ce contexte, les recherches psychiatriques de Songar ont participé à lapathologisation des mouvements sociaux de gauche et à la disqualification de lajeunesse contestataire kurde et alévie. La popularisation de ses recherches parl'ensemble du Foyer montre également la grande capacité de ce club dans laproduction de policies. Quant au choix de nous attarder sur l'économieet les trajectoires des professeurs d'économie du Foyer, il s'explique par unevolonté de faire ressortir leur influence sur l'orientation des politiqueséconomiques turques, qui demeure méconnu. On trouve en effet peu de travauxévoquant leur rôle dans la transformation de l'économie turque après le coupd'Etat de 1980. Nous analysons pour ce faire leurs approches de la questionéconomique et surtout leurs réseaux dans les institutions financières, desmondes musulmans et au sein de l'élite turque, qui leur ont permis de mettre enoeuvre leurs propositions. Dans son ensemble, notre troisième partiepropose une réflexion sur l'usage de l'expertise dans différents secteurs de lavie politique turque, la relation entre l'apport individuel et la productioncollective. Elle propose enfin une sociologie de la production d'une syntaxepolitique qui a encore cours aujourd'hui. Notre ouvrage se termine surune conclusion originale, qui essaie de faire le lien avec l'actualité politiqueen Turquie. Cette conclusion s'ouvre sur les funérailles des membres du Foyer, qui sont des symboles efficaces pour réviser le passé à l'aune de l'actualité, de la fin des années 1990 jusqu'à aujourd'hui. Recep Tayyip Erdogan a en effetassisté aux funérailles des membres du Foyer en tant que le maire d'Istanbul, puis comme premier ministre et président de la République de la Turquie. Danscette conclusion, les membres du Foyer des intellectuels apparaissent unedernière fois comme maitres à penser des cadres politiques de l'AKP, malgrél'anti-intellectualisme de ce dernier. Table desmatières INTRODUCTION Une sociologie des élitesturques Une relecture généalogique et générationnelle de droite turquedepuis les années 1970 Les rencontres avec les membres du Foyer desintellectuels, entre kémalisme et erdoganisme Les maitres à penser du présidentturc PREMIERE PARTIE : UN PORTRAIT DE GROUPE Chapitre I : Origines et socialisation I) Le profil social 1) Unegénération née dans les années 1920, les oedipes du kémalisme ? 2) Unejeunesse provinciale ? 3) Du village à la nation : L'importance de laville natale 4) Le milieu familial 5) La place centrale de lareligion 6) Les épouses, des femmes croyantes et républicaines II) La formation intellectuelle 1) Scolarité et études 2) Lesgrandes influences : les professeurs juifs allemands de l'université d'Istanbulet Muhammad Hamidullah 3) Etudier à l'étranger, un passage obligé 4) Les réseaux scolaires, des lycées au Foyer 5) Faire carrière : les fonctions extra-universitaires des universitaires Chapitre II : La politisation et l'engagement associatif I) Les lieuxde rencontre 1) Les salons de thé historiques d'Istanbul 2)Fethi Gemuhluoglu, le socrate du café de Beyazıt 3) Espace privé commelieu de discussion 4) Les réunions dans les mosquées II) Unmilitantisme nationaliste et anticommuniste 1) Faire face aux procèsjudiciaires 2) Les funérailles du maréchal, une manifestation islamiste ? 3) L'interdiction de l'Association des nationalistes 4) Lesinspirations du Foyer DEUXIEME PARTIE : PENSER POURAGIR, DU SAVOIR AU POUVOIR Chapitre 1 : Un projet global, "la synthèse turco-islamique" I) La fondation du Foyer 1) Lamission politique 2) Le financement du Foyer par la bourgeoisiepieuse II) La présentation de la doctrine 1) Les origineshistoriques de la "synthèse turco-islamique" 2) La synthèse : unesyntaxe politique des années 1970 aux années 2000 Chapitre 2 : Une prétention scientifique et politique I) La plume, une arme 1) Des livres politiques et universitaires dans un contexte de lutteidéologique 2) Les interviews du Foyer 3) Tercüman, le journald'opinion de la droite turque 4) Gérer les maisons d'éditions dedroite II) Produire, éduquer, servir 1) La TRT (Radio ettélévision de Turquie), un champ de bataille 2) Les conférences et lescolloques : des rituels de droite 3) L'institut des sciences sociales : former la jeunesse nationaliste pieuse TROISIEME PARTIE : LEFOYER AU POUVOIR Chapitre 1 : L'endoctrinement de lajeunesse I) La constitution de 1982, l'enrégimentement de la culture etde l'éducation 1) Islamiser l'éducation 2) La création duconseil de l'enseignement supérieur 3) L'officialisation de la "synthèse" II) La pathologisation de l'engagement politique 1)La trajectoire d'Ayhan Songar, professeur de psychiatrie, président duFoyer 2) La "synthèse turco-islamique" et la psychiatrie 3)Entre Freud et Allah 4) La jeunesse kurde et alévie au coeur desrecherches psychiatriques Chapitre 2 : Défendre une économielibérale et islamique I) Deux économistes-rois 1) Le parcoursde Nevzat YalçıntaÅ, homo economicus 2) Le parcours de SabahattinZaim, homo islamicus II) La science économique et l'islam 1)Turgut Özal, économiste, premier ministre et sympathisant du Foyer 2)Ouvrir la Turquie vers une globalisation nationale ? 3) D'Ankara àDjeddah : L'économie islamique et le rôle du Foyer CONCLUSION(25 000 signes) Les funérailles des membres du Foyer desintellectuels Quel héritage politique et intellectuel pour la Turquied'Erdogan ? Annexes 1) La liste originaledes membres du Foyer des intellectuels (archives privées de Metin EriÅ, secrétaire général du Foyer des intellectuels entre 1970 et 1988). 2)Les photographies d'enfance et de jeunesse des membres du Foyer desintellectuels (archives privées de Metin EriÅ, Nevzat YalçıntaÅ, et ErgunGöze). 3) Les photographies des activités politiques du Foyer desintellectuels (archives privées d'Ergun Göze et de Metin EriÅ). 4) Leprogramme du séminaire intitulé "Les problèmes socio-culturels et économiquesde la Turquie" , les 28-29 avril 1979. 5) La défense de Nihal Atsız, une figure éminente du nationalisme turc des années 1930 et 1940 (copieoriginale, archives privées de Nihat Bozkurt). 6) Les contributions desmembres du Foyer des intellectuels aux revues de droite des années 1940 et1950. 7) Deux lettres du Foyer des intellectuels au premier ministreTurgut Özal (archives privées de Metin EriÅ). 8) "Bir DurumMuhakemesi "(Analyse de la situation), un rapport envoyé aux élites politiquesen 1988 (Archives privées de Metin EriÅ). 9) Bulletin de presse duséminaire "Les causes qui ont amené la Turquie au 12 septembre et leurs enjeux" (Archives du Foyer des intellectuels). 10) La liste des actes descolloques et des conférences du Foyer des intellectuels. 11) La listedes réunions d'hommages organisées par le Foyer des intellectuels. 12)La liste des entretiens avec les membres du Foyer des intellectuels. 13) La liste des entretiens avec les témoins politiques et intellectuels desannées 1970 et 1980. 14) Notices biographiques des membres du Foyer desintellectuels.
Félicie possède un coin secret rien qu'à elle. De ce merveilleux refuge, qui est son véritable petit monde d'authenticité, elle observe le monde extérieur, celui des apparences, où tout s'agite sans cesse. Elle tente de partager ce recoin si réconfortant avec d'autres enfants, mais sans succès. La seule qui semble la comprendre, c'est Mélusine, sa bonne amie qui ne peut accéder à sa cachette que par l'effort de son imagination. En plus de revisiter en quelque sorte le mythe de la caverne de Platon, mettant en exergue la distinction entre le monde sensible et le monde intelligible, cette jolie histoire nous invite à réfléchir sur ce qu'est la vérité, sur le fondement de nos valeurs et sur la toute relative notion du "Beau".
A force d'être toujours en retard, de toujours tout remettre au lendemain, certaines personnes finissent par se rendre la vie impossible et par exaspérer les autres. Ni paresseuses ni désorganisées, elles n'en souffrent pas moins de procrastination, un comportement lié à l'estime de soi et touchant aussi bien l'enfant qui n'arrive pas à faire ses devoirs que l'adulte qui accumule les retards au travail ou dans son couple. Que se passe-t-il dans la tête de ces personnes? D'où leur vient leur "manie"? Comment peuvent-elles en guérir? Et que faire pour vivre ou travailler avec elles? Les psychologues Jane Burka et Lenora Yuen éclairent sans dramatiser ni culpabiliser ce qu'est réellement la procrastination et proposent, à l'aide de tests et d'exercices, des conseils et une méthode pour s'en sortir.
Miller Antonia ; Bursi Simona ; Bone Emily ; Wheat
Résumé : Ce beau livre de coloriage fournit un panorama détaillé de la mode audacieuse des années 1960 à découvrir en complétant les superbes tenues illustrées.
La question de l'identité est omniprésente dans notre pays et un peu partout en Europe, que ce soit dans le champ social, économique ou politique. Elle est parfois l'expression de replis d'ordre communautariste. Pourtant il y a des communautés qui échappent à cette déviance. C'est le cas des professionnels de la santé en général, car ils ne sont pas centrés sur eux-mêmes, mais davantage concernés par les autres, l'ensemble de la population, sans distinction de classe, de race ou de culture. Les infirmières prennent leur part dans cette mission citoyenne au service des personnes qu'elles soignent. Et la population a une façon de les voir, tantôt appréciées ou critiquées, ce qui rend compte de leur identité perçue. Mais que sont réellement ces infirmières (et infirmiers) aujourd'hui, alors qu'elles viennent d'être secouées parla réforme 2009 dite des études universitaires, leur accordant le grade de licence professionnelle ? Sont-elles à l'aise dans cette nouvelle posture ou sont-elles encore nostalgiques d'un passé récent ? Des infirmières regroupées au sein du Collectif de Recherche infirmière Qualitative en Santé (CRIQS), formées avant et après cette réforme, ont réalisé une démarche introspective à l'intérieur de leur corps professionnel, pour dire qui elles sont, examiner les convergences, le cas échéant certaines divergences difficilement avouables et définir leur identité professionnelle, telle qu'elles peuvent la revendiquer dans la modernité sociale ambiante. Chacun pourra apprécier, s'il ya lieu, l'écart entre l'identité attribuée parles personnes que nous soignons et celle que nous revendiquons pour nous-mêmes. Cette clarification de l'identité infirmière en phase avec une reconnaissance réclamée doit servir à l'évolution des pratiques professionnelle pour mieux soigner. Ce livre s'adresse par conséquent à celles et ceux qui s'intéressent à la profession infirmière pour ses enjeux sociétaux et pédagogiques : les étudiants infirmiers, les nouveaux diplômés, les formateurs, mais aussi les décideurs qui pourront se rendre compte du niveau de responsabilisation du corps infirmier, ainsi que de l'évolution de leurs modes d'investissement. Et surtout les patients, curieux de découvrir ce que leurs infirmières disent d'elles-mêmes.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.
Du passé, je ne veux pas faire table rase. le souhaite au contraire, crûment, vous le dévoiler. Dans ces moments d'évanouissement de pans entiers de notre histoire, à l'époque d'un présent déifié débarrassé de toute mise en perspective, à l'ère de l'anachronisme triomphant, au moment où l'information et la transmission sont noyées, emportées par le tsunami du "presque rien" dont parlait Bourdieu, je veux vous mener, avec mon regard, en des terres souvent méconnues, ignorées ou oubliées et je souhaite les ressusciter. Là, dans ces années de guerre et d'Occupation se tissèrent les mondes d'aujourd'hui. En tant que journaliste et acteur militant de ces combats d'hier qui impriment leur marque sur notre univers d'aujourd'hui, je veux vous parler de moi. Non par vanité, mais comme une incitation, par le biais de ces chroniques de continents disparus, à humer des parfums oubliés, à percevoir des ambiances surprenantes, enthousiastes ou angoissantes, à participer à des combats victorieux ou étouffés. le veux aider à comprendre ce nouveau monde et les raisons de son advenue. Et je veux répondre à cette question reprise par des millions de voix : pourquoi être ou avoir été communiste ?