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Les meurtrières
Burguet Frantz-André
GRASSET
25,15 €
Épuisé
EAN :9782246850724
Marseille, l'année 1962. Deux mignonnes de quinze ans. Il y a Dominique, dont la famille, déjà à l'étroit, doit héberger des parents rapatriés d'Algérie, et il y a Claude, dont la famille, qui habitait Alger, ne trouve à se reloger que dans un H. L. M. de banlieue. Ce décor aurait pu fournir le point de départ d'une chronique de moeurs réaliste. Mais au lieu de la triste rengaine du populisme de terrains vagues, F-A Burguet fait entendre une alerte, acide petite musique bien personnelle. Les deux jeunes héroïnes ne sont pas filles à moisir entre papa et maman dans les quatre-pièces surpeuplés où les a jetées le sort. Elles ont du toupet, de l'abattage, des rêves, une conscience délurée de leurs charmes et l'instinct que la vie est ailleurs. Elles ont aussi un revolver, que Claude a rapporté de la guerre. Et les voilà parties sur les routes du Midi. Des fugueuses, quoi, avec tout ce qui s'ensuit d'habitude : le stop, les rencontres, et même ce qui sort de l'habitude... Qu'il suffise de dire que ce roman, libertaire plus que libertin, n'est ni un pamphlet contre la société ni une exaltation inconditionnelle de l'aventure, mais le portrait, très dur et très doux à la fois, de deux gamines de notre temps, ni meilleures ni pires que les autres. Un style rapide, sans prétentions, qui ne s'attarde pas en analyses mais court son chemin au petit trot, des observations tour à tour malicieuses, satiriques, attendries, une feinte désinvolture qui cache une profonde compassion : le lecteur retrouvera ici les qualités habituelles de F. -A Burguet. Le ton est si léger, si badin, les effets si adroitement ménagés, qu'il faut refermer le livre pour s'aviser qu'on vient de fouler un terrain scandaleux et d'assister à une tragédie.
Elle est restée scandaleusement belle et jeune, malgré ses soixante ans. Germaine Le Regratier, fille d'un peintre célèbre et pompier, veuve d'un architecte célèbre et bétonnant. Elle vit tranquillement une vieille liaison avec un avocat célèbre et dévoué. Elle est antiquaire, aime les beaux objets, s'ennuie. Heureusement, il y a Véronique, sa fille, qui rencontre Philippe, un peu peintre, un peu hippie, un peu tout et rien. Mais jeune, et dont la jeunesse flambe. Que croyez-vous qu'il arriva ? Il épousa Véronique, eut un enfant, et puis... Frantz-André Burguet, avec Grand-Mère, a écrit un roman résolument psychologique, dont les personnages sont habillement fouillés, radiographiés, détaillés aux yeux du lecteur. Mais aussi un récit vif, alerte, dont les rebondissements surprennent et intéressent. Germaine restera dans la galerie des femmes de la littérature d'aujourd'hui.
Résumé : Un célèbre tableau de Balthus, La Leçon de guitare, est la clef secrète de ce récit où se mêlent l'érotisme et la poésie dans un paysage de Camargue. On retrouve ainsi un des principaux thèmes d'inspiration de Frantz André Burguet : l'amour et la mort se disputent un enfant face à l'immensité du sable, de l'eau et du rêve.
Geneviève Dieulefit, vingt-deux ans, découvre Venise sous la pluie avec son frère, François, et avec son professeur d'université qui est aussi son amant. Un jour, son frère disparaît sans laisser d'adresse. Geneviève se consacre à sa recherche et la société vénitienne qui l'a adpotée va l'aider à le retrouver. C'est un jeu et Geneviève a l'impression de commencer à vivre. Elle aime tout le monde, hôteliers, cinéastes, obsédés des deux sexes, écrivains, bateliers, acteurs. Elle aime la lagune et les îles. Elle aime surtout Véra qui l'héberge dans son palais. Elle se laisse transformer par Venise. Qui pourrait reconnaître en elle l'étudiante morose après les nombreuses aventures qu'elle vient de connaître ?
Clarens et Sylva s'aiment d'une passion d'adolescents, longuement enrichie et prolongée. Eperdus de jouissance, infiniment unis, ils vont bientôt connaître l'ennui. Une jeune femme très belle, qui s'appelle dans le livre "la Narratrice" , est destinée à rendre à leurs rapports toujours amoureux une violence perdue. Elle est à la fois la récitante qui raconte l'histoire et la femme qui se regarde vivre dans l'intimité sensuelle du couple. Son intervention renouvelle leur amour. Ils trouveront la joie dans une union désormais hors du temps. La Narratrice est la chimère, la fiction qui, à mi-chemin entre le rêve et la réalité, suscite la joie complète et définitive de la création. Avec des rythmes enchevêtrés de temps, de lieux et de ton, au cours de ces pages d'un érotisme incessant, aigu, d'où tout libertinage est exclu, Frantz André Burguet a écrit un roman grave et profond que l'on n'est pas prêt d'oublier.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : " Une petite fille nous aborde : Qu'est-ce que vous cherchez ? Elle a un regard joueur et curieux, je lui explique. Ici, il y a des années, sous le régime khmer rouge, c'était un hôpital, et j'ai enterré de très nombreux corps dans des fosses. Puis l'eau a englouti ce lieu, et on a bâti des maisons. Elle joue avec un petit bout de bois, un peu gênée : Je sais. On dort sur les morts. La nuit, parfois, on les entend parler. J'insiste un peu : Mais tu as peur ? Elle sourit : Non, on n'a pas peur, on les connaît. " C'est à un voyage hors du commun que nous convient Rithy Panh et Christophe Bataille, huit ans après leur livre L'élimination - un voyage vers l'enfance et vers les rizières où furent tués, par l'idéologie, la faim et la violence, 1, 8 millions de Cambodgiens. Le grand cinéaste cherche les lieux où furent enterrés les siens : le tombeau de son père, dans la glaise ; la fosse où furent englouties sa mère et ses soeurs. Mais aussi le grand banyan où il s'abrita, désespéré, à treize ans, avec ses boeufs - sur cette colline, les khmers rouges n'osaient pas s'aventurer. Rithy Panh et Christophe Bataille roulent à travers le pays, s'arrêtent, parlent avec les bonzes, questionnent les villageoises âgées, grattent la terre et trouvent des ossement, des tissus ensanglantés. L'oubli guette, et la négation. Et Rithy Panh poursuit son chemin, cherchant la paix avec les morts et tissant un rapport unique avec les vivants, qu'il côtoie, victimes, bourreaux, complices, anciens cadres khmers rouges : le travail de connaissance ne cesse pas, à hauteur d'hommes. D'une conversation écrite avec Noam Chomsky à des échanges avec le père Ponchaud, d'un entretien avec Robert Badinter aux lettres enfantines rangées dans une sacoche de cuir, d'une méditation sur l'idéologie aux visites aux femmes-devins, les auteurs nous offrent un grand livre.
L'éducation d'Alphonse se fait de 1946 à 1947 entre une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des Siècles, et la prison de Fresnes : bien difficile de rester honnête lorsqu'on est jeune, qu'on a un très maigre bagage culturel et un sacré appétit sexuel en ces années d'après-guerre où le moindre paquet de cigarettes se paie son pesant d'or. Au Carillon débarque, un jour, le Professeur, curieux pédagogue porté sur la dive bouteille et les spéculations les plus hasardeuses de l'esprit. Alphonse, ébloui, va lui filer le train en ses pérégrinations bistrotières, dans les rues d'un Paris qui s'éveille après la nuit de l'Occupation. On va y rencontrer, bien sûr, toutes sortes de rêveurs, de poètes, de mythomanes, de loquedus, d'escrocs, et même Louis Aragon. Un roman dans la suite du {Café du pauvre} et du {Banquet des Léopards}. Drôle, toujours émouvant, croustillant... écrit au fil des métaphores les plus inattendues.
Résumé : Paru en 1845, Paris anecdote est un livre consacré à la vie quotidienne à Paris, au milieu du XIXe siècle. L'auteur revient sur les métiers les plus insolites de la capitale : du pâtissier ambulant à la femme qui a fait fortune en vendant de la mie de pain récupérée pour les oiseaux, en passant par l'éleveuse de fourmis ou l'exterminateur de chats. Il raconte la vie d'une maison du quartier de Saint-Germain-des-Prés, où logent peintres, poètes, chanteurs, tous pauvres et flamboyants, des princes râpés de la bohème. Il raconte ses nuits dans les plus fameuses tavernes et autres cabarets du quartier des Halles, mille rencontres avec des Parisiens et des banlieusards qui commercent, rêvent, boivent, perpétuant un Paris du Moyen Age depuis bien disparu et qui ont fait de Paris, à jamais, la ville qu'elle est. Industrieux du jour et dériveurs de la nuit, comme ce pair d'Angleterre excentrique et tragique, ou cette tenancière de café gouailleuse, c'est le grand et petit peuple de la capitale du XIXe siècle, pour reprendre l'expression de Walter Benjamin. Un Paris disparu, d'avant les travaux du baron Haussmann, d'un temps où, comme l'écrit Privat d'Anglemont dans ce livre culte et inédit depuis des décennies, " on voulait s'amuser, on ne pensait même qu'à cela ".