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Hermès N° 76 : Le renseignement, un monde fermé dans une société ouverte
Bulinge Franck ; Moinet Nicolas
CNRS EDITIONS
24,99 €
Épuisé
EAN :9782271093462
Evoluant entre mythes et réalités, le monde du renseignement intrigue, inquiète ou fait fantasmer. Dans une société ouverte, les services secrets peuvent-ils encore faire l'économie de la communication lorsque l'on sait que ne pas communiquer ; c'est déjà communiquer ? De la surveillance planétaire exercée par l'hyperpuissance étasunienne au renseignement dans la sphère privée, en passant par les nouvelles fonctions développées au sein des entreprises (intelligence économique, datamining), le renseignement a évolué et n'est plus seulement un métier de seigneurs destiné à une aristocratie d'Etat s'adonnant au "grand jeu" du bal des espions. Désormais, c'est toute la société qui est prise dans un système où un nombre croissant d'acteurs deviennent, parfois simultanément, producteurs et consommateurs de renseignements. Accessibles au plus grand nombre, les technologies de l'information et de la communication rendent même certains acteurs privés plus performants que bien des agences d'Etat... Plus que jamais indisciplinée, la revue Hermès a fait le pari de questionner ce monde fermé dans une société ouverte. Ce numéro pose ainsi la question de la place du renseignement à une époque où la logique bureaucratique est bouleversée par l'abondance des informations, des interactions et des réseaux. En donnant au renseignement ses lettres de noblesse académique - à l'instar des intelligence studies anglo-saxonnes -, ce numéro fixe des points de repères dans une mutation anthropologique qui n'en n'est sans doute qu'à ses prémices. Comment parler de société tic l'information ou de la connaissance sans réfléchir aux mutations du renseignement, qui redistribuent les rapports entre monde fermé et société ouverte, public et privé, secret et transparence ?
Château de Fontainebleau. Nuit du 12 au 13 avril 1814. Quelques jours après sa première abdication et la fin de l'Empire, alors que les dernières négociations menées par le général de Caulaincourt lui ont attribué l'île d'Elbe comme nouveau royaume, Napoléon, sans armée, abandonné de tous, déchu et désespéré, tente de se suicider. De cet épisode historique et véridique, longtemps tenu secret par ses différents protagonistes, Philippe Bulinge tire un formidable huis clos théâtral entre Napoléon, le général de Caulaincourt — son diplomate et surtout l'un des seuls à lui avoir régulièrement tenu tête — et le docteur Yvan, chirurgien au service personnel de l'Empereur depuis près de quinze ans. Qui tente de mourir, cette nuit-là? L'homme ou l'Empereur ? L'être tourmenté et épuisé ou la légende qui est née avec lui ? Peut-on laisser mourir Napoléon ? Peut-on l'aider à mourir ?
On a trop souvent fait d'Edmond Rostand l'homme d'une seule pièce, le poète dramatique d'un immense succès, aussi important qu'inattendu, un peu chanceux même, parce que les pièces en vers n'étaient plus de ce temps... Certes, il y a bien eu l'Aiglon, il y a bien eu Chantecler, mais ce ne sont que des demi-succès, exit la critique, que l'histoire littéraire ne saurait retenir de cette époque elle ne voudrait se souvenir que des Maudits... De cette méprise vont naître deux lacunes aussi funestes: en isolant Cyrano de l'ensemble de l'?uvre, cette pièce s'est vue amputer de ses principales dimensions, tandis que le lecteur est privé, depuis cent ans déjà, des autres univers du poète. C'est cette injustice qu'il s'agit ici de réparer. La Samaritaine, jouée pour la première fois quelques mois seulement avant le triomphe de Cyrano par la célèbre Sarah Bernhardt, met en scène très fidèlement un épisode de la vie de Jésus, rapporté par l'évangéliste Jean: le Messie rencontre, en Samarie, une jeune courtisane qu'il convertit et qui va à son tour permettre la conversion de la ville de Sichem. Rostand utilise alors la matière des quatre évangiles pour écrire à son tour un évangile en trois tableaux. Outre une bibliographie sélective, l'édition de la pièce est complétée par deux essais qui partent en quête de l'idéal rostandien: La vie et l'?uvre d'Edmond Rostand par Emile Faguet et une synthèse des différents travaux de recherche de l'éditeur.
Théâtre de la Porte Saint-Martin, 7 février 1910: le rideau se lève sur Chantecler. Depuis plus de cinq ans, la nouvelle pièce de l'auteur de Cyrano est sanscesse annoncée, puis remise à plus tard: ce jour-là, le Tout-Paris s'est déplacé pour la découvrir enfin. Mais très vite, la perplexité gagne la salle. Point de décor historique ici, ni de personnage héroïque: la scène est une basse-cour; les personnages, des poules, des dindons, des canards, des lapins, des crapauds. Et le héros? Un coq, Chantecler, persuadé que c'est son chant, chaque matin, qui fait lever le soleil... Chantecler connut tout au plus un succès d'estime; après cette pièce, le "roi de la Belle Epoque", déçu et incompris, se détourna peu à peu du théâtre. Et pourtant, la poésie de Rostand, nourrie du Roman de Renart et des Fables de La Fontaine, y apparaît dans toute sa splendeur - la tirade du coq, quoique méconnue, rivalise de génie avec celle du nez: "Oui, Coqs affectant des formes incongrues,/Coquemars, Cauchemars, Coqs et Coquecigrues/Coiffés de cocotiers supercoquentieux.../- La fureur comme un Paonme fait parler, Messieurs!" Cette féerie animalière détonante et cocasse, qui traite des affres de la création artistique, est un véritable chef-d'oeuvre. Quatrième de couverture Fable dramatique en quatre actes et en vers où tous les personnages sont des animaux de basse-cour, de jardin ou des bois. Elle fut représentée pour la première fois à Paris le 7 février 1910. La comédie du poulailler, construite autour du coq avec élégance, offre l'occasion d'une continuelle satire contre la politique et les lettres. Depuis sa création, cette foule de personnages habillés en animaux a toujours effrayé les metteurs en scène. Dans son Dictionnaire des Ecrivains Français, Jean Malignon considère cette oeuvre comme "la plus chaleureuse de Rostand, la plus débordante d'allégresse, de poétique fantaisie, son seul tort aujourd'hui est d'apparaître comme une pièce à lire (plus de 130.000 exemplaires tirés avant 1914), non à jouer en costumes". On peut souhaiter que la réédition dans les Introuvables permette à beaucoup de redécouvrir cette oeuvre étonnante. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.
Pour nos contemporains les pirates et les corsaires se résument aux aventures flamboyantes de marins dans la mer des Caraïbes ou aux attaques de farouches brigands au large de la Somalie. Moins réductrice, la réalité est à la fois multiple, passionnante et souvent plus riche que la fiction. L'Histoire des corsaires et des pirates propose un tableau de ces phénomènes maritimes sur la longue durée, jalonnée de figures mythiques comme Drake, Surcouf, Duguay-Trouin, Dragut, Barberousse, Koxinga. Elle est un voyage dans le temps, des raids maritimes vikings au Moyen Age à la piraterie pratiquée en Asie de Sud-Est de nos jours. Elle est aussi un voyage dans l'espace à travers les mers et les océans, de la Méditerranée aux Antilles, en passant par la mer de Chine et les rives de l'océan Indien, sans omettre le continent américain. Un intérêt est également accordé à l'ancrage de la piraterie dans nos mémoires, à l'élaboration de mythes et à leurs prolongements dans les mondes virtuels du cinéma, de la BD et des jeux électroniques.
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.