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La pénurie en eau est-elle inéluctable ? Une approche institutionnaliste de l'évolution du mode d'us
Buchs Arnaud
PETER LANG AG
65,90 €
Épuisé
EAN :9782875743190
Sécheresse, aridité, pénurie en eau, sont des termes parfois présentés comme synonymes. Questionnant cette apparente évidence, l'auteur focalise son analyse sur la notion de pénurie en eau et oppose aux travaux centrés sur la rareté physique des ressources en eau une approche qui place les usages de l'eau au coeur de l'explication. Tiré d'une thèse de doctorat, cet ouvrage propose un examen des principaux indicateurs de pénurie (notamment celui de "stress hydrique") et conduit à caractériser la pénurie comme un phénomène à la dimension anthropique prononcée : il est en grande partie socialement construit, géographiquement et historiquement situé. L'analyse historique de l'évolution du mode d'usage de l'eau de part et d'autre de la Méditerranée révèle des similitudes quant à la manière de se représenter l'eau comme une simple ressource dont l'abondance ne serait limitée que par le dynamisme des infrastructures hydrauliques (barrages, forages, usines de dessalement, etc.). Par le biais d'une approche en économie institutionnaliste, historique et pragmatique qui restitue les justifications à l'origine des règles d'usage de l'eau, l'auteur propose des éléments de compréhension de l'avènement d'une pénurie en eau au Maroc et en Espagne et discute les solutions proposées pour tenter d'y faire face et qui participeraient de l'émergence d'un nouveau mode d'usage de l'eau.
Le milieu du XIXe siècle est marqué par une crise de la réalité, qui va notamment se cristalliser autour de l'émergence du daguerréotype, puis de la photographie, qui donnera l'illusion d'une reproductibilité mécanique et industrielle du réel. Cette crise de la réalité est avant tout une crise de l'image, et une oeuvre, une écriture en particulier ? celle de Baudelaire ? va en incarner tous les enjeux, qui dépassent de beaucoup ce que l'on appelle communément le "réalisme". L'esthétique du regard de Baudelaire peut d'une part se lire comme l'une des plus virulentes critiques de ce "réalisme" mimétique qui nous empêche de voir, en deçà ou au-delà de ces images que nous montrent tant d'oeuvres, romans, tableaux, ou photographies, ce qui est littéralement à l'amure dans l'écriture de l'image. Or c'est précisément dans cette critique du "réalisme" mal entendu (notamment représenté, aux yeux de Baudelaire, par une certaine peinture de Courbet) que va d'autre part prendre forme le réalisme au sens où je l'entends, comme l'avènement impensé du réel ? impensé parce qu'il surgit et se révèle dans et par l'oeuvre même. L'écriture de Baudelaire, dans cette double perspective, va littéralement achever la réalité, dans les deux sens du verbe : mettre un terme à son ancienne acception ? comme une donnée reproductible, déjà là ? et par le même geste l'accomplir dans son sens "moderne" ? comme un événement à venir, inséparable de sa mise en oeuvre.
Présentation de l'éditeur La peinture traverse toute l'oeuvre de Diderot, et pourtant elle demeure insaisissable. Elle surgit régulièrement au détour d'une digression, puis sa trace se perd rapidement, avant de ressurgir au moment où l'on ne s'y attend plus. Diderot aime s'en détacher pour mieux y revenir, comme malgré lui. Les essais réunis ici montrent, à trois moments bien distincts, que la peinture est en fait essentielle à l'écriture et à l'esthétique de Diderot. Ces trois essais n'ont aucune visée totalisante ou synthétique ; ils proposent au contraire un regard oblique sur une oeuvre foisonnante où l'essentiel n'est jamais là où l'on croit l'avoir vu.
Pour lire l'œuvre d'Yves Bonnefoy, essayons de remonter à ses origines : à peine quelques poèmes et essais surréalistes publiés entre 1946 et 1951. Ce sont là des textes que la critique considère habituellement avec l'indulgence accordée aux débuts d'un auteur, la période surréaliste du poète étant en l'occurrence perçue comme une curiosité qui ne mériterait guère que l'on s'y arrête, sinon pour en faire l'antichambre de " l'œuvre véritable ". Je propose au contraire de lire ces pages en elles-mêmes et d'abord pour elles-mêmes. Or une telle lecture, parce qu'elle se veut critique, ne peut éviter une confrontation avec la lecture que Bonnefoy fera lui-même de ses premiers écrits, des années 1950 à aujourd'hui. Deux perspectives traversent ainsi l'analyse, qui proposent deux niveaux de réflexion. J'ai, d'une part, replacé les textes surréalistes dans leur horizon d'origine, où le langage, l'image et la réalité jouent un rôle prépondérant. Alors qu'elle vise à interroger le monde par le langage, l'esthétique surréaliste fait pourtant l'économie de toute poétique, le langage n'étant jamais remis en question. Bonnefoy dépassera le surréalisme au moment où il fera du langage non plus le moyen, mais l'objet de son questionnement : la poétique est une réponse à l'esthétique, et ce dialogue initié dès la fin des années 1940 traverse en fait toute l'œuvre. Mais cette prégnance du poétique dans l'esthétique repose d'autre part sur un questionnement de type herméneutique. Au-delà du langage ou de l'image, c'est en effet le sens lui-même qui est problématisé, et ce mouvement dialectique, s'il se laisse aisément suivre dans l'écart séparant les textes surréalistes de leurs commentaires tardifs, agit aussi dans l'instant même de l'écriture. Le sens n'est jamais qu'une origine du sens, il n'y a pas de sens, pour Bonnefoy, sans (re) mise en question du sens. Poétique et herméneutique sont dès lors inséparables, elles participent d'une même écriture où ce que j'appelle le discours de l'œuvre recoupe le discours à l'œuvre ; les deux perspectives de cette réflexion finissent donc par se rejoindre et peuvent ainsi servir de prolégomènes à une relecture de toute l'œuvre de Bonnefoy.
This volume is a collection of essays published between 1999 and 2015 in the review The Federalist Debate. The book highlights the issue of federalism intended as a theoretical paradigm to interpret the major problems of our age, and in particular the issues of peace and war in a world characterized by an uncontrolled globalization.
Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l'avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d'un certain attachement à la nation, allant jusqu'à l'expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au coeur de l'Europe ? C'est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l'interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l'histoire de l'Europe, le passage à la société de masse. Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l'étude des éléments constitutifs de "l'être nationaliste" : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l'esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l'action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.