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Histoire des mercenaires. De 1789 à nos jours
Bruyère-Ostells Walter
TALLANDIER
19,80 €
Épuisé
EAN :9782847346787
Le terme de mercenaire a pris aujourd'hui une connotation très négative. Contrairement au soldat, il serait uniquement motivé par l'appât du gain. Or, c'est de fait l'un des aspects centraux de sa définition. Un mercenaire est effectivement un combattant étranger aux parties du conflit, recruté spécialement pour prendre part aux hostilités, et qui bénéficie généralement d'une rémunération nettement supérieure à celle de ses homologues de l'armée régulière. Autre distinction d'importance: il n'a pas le droit au statut de combattant ou de prisonnier de guerre. Le recours aux mercenaires s'inscrit dans la tradition guerrière occidentale depuis l'Antiquité. Longtemps, ils ont constitué l'épine dorsale des armées européennes. Au XVIIIe siècle, en France, la question de la vénalité de l'armée ainsi qu'un fort sentiment nationaliste les placent au centre de la controverse. La Révolution va achever de les présenter comme des hommes sans foi, ni loi, se vendant au plus offrant. Dans les années 1960, la question du mercenariat apparaît à nouveau. La communauté internationale ressent le besoin d'en donner une définition juridique et s'interroge sur la nécessité de sa criminalisation. Aujourd'hui, l'externalisation des prestations armées est au coeur des conflits du début du XXIe siècle, en particulier en Irak et en Afghanistan. Peut-on alors envisager le retour de conflits privés? Notre époque referme-t-elle la parenthèse des Etats-Nations, comme le laisse penser la disparition de l'appel de leurs conscrits sous les drapeaux? Ou au contraire, assiste-t-on aujourd'hui à une plus grande transparence quant à l'utilisation de soldats de fortune, à une délimitation de la nébuleuse mercenaire et à son inscription dans les règles du droit international? L'Histoire des mercenaires tente de répondre à toutes ces questions.
Début des années 1960 : en pleine décolonisation du Congo belge, la sécession du Katanga provoque la première concentration de combattants étrangers, qui affluent par centaines. Parmi ces " chiens de guerre ", les Français sont les plus actifs. Ils entament une sorte d'âge d'or, une succession de coups de main et de coups d'Etat qui s'étend sur tout le continent et les verra notamment prendre le contrôle des Comores de 1978 à 1989. Pendant toute la guerre froide, les " Affreux " (comme les surnomme la presse) servent clandestinement les intérêts d'anciennes puissances coloniales désireuses de conserver une forte influence en Afrique. Leur chef, Bob Denard, fait l'objet d'une forte médiatisation. Pour la première fois, ce livre étudie dans son ensemble le groupe des 147 mercenaires français : ses origines, ses personnalités marquantes, ses dissensions, son mode de vie, son rapport à l'argent, etc. Grâce aux archives privées de Bob Denard, dévoilées pour la première fois, grâce aussi à de nombreux témoignages, l'auteur nous plonge, loin des clichés, dans la vie quotidienne de ces hommes qui vont de conflit en conflit. Certains fuient un passé trouble, d'autres sont de bons pères de famille. Plusieurs cultures et générations s'entrecroisent : les baroudeurs, les " corsaires de la République ", les " gangsters ". Fers de lance de la lutte anticommuniste, relais des réseaux occultes de la Françafrique avant d'être désavoués par Paris, alternant fortune, gloire et défaites, les " affreux " ne trouvent plus leur place dans le monde post-guerre froide : ils seront bientôt remplacés par les sociétés militaires privées de type anglo-saxon.
Extrait Extrait de l'introduction Le 16 septembre 2007, les contractors de Blackwater tuent 17 civils et en blessent 24 autres sur la place Nisour à Bagdad. Cet événement cristallise les critiques sur le retour des mercenaires sur des théâtres d'opérations militaires. En France, l'opinion publique et les observateurs avertis sont particulièrement sévères envers ces formes de «privatisation de la guerre», expression (en partie impropre) couramment utilisée pour désigner l'évolution observée en Irak. Il faut mettre en lien cette réticence française avec deux observations connexes. La première est de rappeler que des Français ont déjà servi dans ces «armées privées» dans l'État anciennement baasiste. La seconde est de constater que notre vision est relativement marginale au sein des grandes puissances militaires (il est vrai que les armées françaises n'ont pas pris part à la coalition intervenue en Irak) et qu'elle relève d'une culture spécifique. Le rejet hexagonal des sociétés militaires privées (SMP) provient de l'attachement au soldat-citoyen ancré dans les mentalités depuis la Révolution française. Il est encore très puissant aujourd'hui car il a été réactivé par le souvenir beaucoup plus récent de l'intense activité des mercenaires français au cours de la guerre froide. Cette action a été symbolisée par la figure de Robert dit Bob Denard. Or, il meurt en cette même année 2007. On a pu y voir le symbole d'un passage d'un «mercenariat Beaujolais», artisanal et devenu anachronique, qu'il aurait incarné, à une nouvelle forme plus entrepreneuriale portée par les Anglo-Saxons. En fait, le terme de «mercenaire» a toujours renvoyé à des réalités différentes selon les époques. La première est l'agrégation d'une troupe aux forces étatiques, comme les gardes de chefs d'État. Des Écossais à partir du XVe siècle et des Suisses à partir de 1616 assurent ainsi la protection des rois de France jusqu'en 1830. La situation des cadres français de la Garde présidentielle (GP) aux Comores entre 1978 et 1989 peut être rattachée à ce type de situation. L'histoire a également connu des formes entrepreneuriales : condottieri de la Renaissance, armées de Wallenstein ou Tilly pendant la guerre de Trente Ans. Dans d'autres contextes historiques, politiques et socio-économiques, ce sont des combattants assez comparables aux SMP et entreprises de services de sécurité et de défense (ESSD) déployées en Afrique dans les années 1990 ou en Irak au début du XXIe siècle. Ces mutations sur le long terme rendent difficile la formulation d'une définition courte du mercenariat. Au sens premier, le terme latin mercenarius désigne un «soldat loué contre de l'argent» ou un «domestique que l'on paie». Aujourd'hui, nous dirions plutôt qu'il s'agit d'un prestataire de service qui met à la disposition de son employeur (étatique ou privé) une force armée. Cette définition très englobante ne fait pas de distinction entre des configurations pourtant très différentes. Elle laisse en creux la question de la participation de ces prestataires à des combats, des règles auxquels ils sont astreints, de leur degré de rattachement à une chaîne de commandement externe à celle de la troupe mercenaire... Ce flou s'explique par la définition très tardive dans le droit international. Elle se construit au cours de la période qui nous intéresse, du protocole additionnel aux conventions de Genève du 8 juin 1977 à la Convention internationale contre le recrutement, l'utilisation, le financement et l'instruction de mercenaires, rédigée par l'ONU en 1989. Cet effort de mise en place d'une définition juridique du mercenariat indique ainsi une nécessité nouvelle de légiférer. Elle inclut une catégorie très restreinte d'acteurs, excluant une large partie du phénomène qu'elle est censée désigner dans l'imaginaire collectif. Nous verrons en quoi l'action des soldats de fortune français a motivé ces avancées du droit international.
De ses premiers exploits militaires à son exil à Sainte-Hélène, ce livre retrace l'histoire du premier Empereur, fondateur de l'Etat français, des institutions contemporaines et du nationalisme européen. C'est ainsi que se dévoile progressivement Napoléon, tour à tour révolutionnaire, puissant, séducteur, brillant. Auteur de grandes batailles, mais aussi de grandes réformes, l'homme politique le plus populaire des Français continue à se refléter dans le Dôme des Invalides.
Qui est Napoléon III ? Le responsable du désastre de Sedan ? L'homme généreux qui voulait rendre les Français heureux ? Le monstre taciturne dépeint par Victor Hugo ? Ce personnage a connu l'un des destin les plus prodigieux de l'histoire de France : exilé, prisonnier, député, premier président de la République, empereur des Français avant d'être à nouveau exilé... il a suscité pendant longtemps un sentiment d'exécration et de rejet de la part des Français. Cette vision historiographique négative, datant de la troisième République, semble enfin dépassée. Aujourd'hui, la modernité de cet homme séduit à nouveau. Napoléon III acquiert une respectabilité tardive mais enfin reconnue. Champion du progrès économique, industriel et bancaire, inspiré par des idéaux humanistes, parfois teintés de socialisme, " Napoléon le petit " pense sincèrement faire le bien des Français, n'hésitant pas pour cela à bouleverser et redessiner le territoire national. Le second Empire est le fruit de la révolution de 1848 et de l'obstination d'un homme qui est parvenu à concilier suffrage universel et gouvernement personnel en implantant un régime qui restera comme une tentation constante de la politique française. Si le bonapartisme naît avec le premier Bonaparte, c'est Napoléon III qui le théorisera le mieux et le second Empire qui l'appliquera. Aujourd'hui encore nos institutions restent profondément marquées par ce courant politique.
La croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle a profondément modifié le cours de notre histoire. De son issue découle le rattachement du Languedoc à la France. C'est dire l'importance extrême de cette guerre "sainte" prêchée pour la première fois par l'Eglise de Rome à l'encontre d'un peuple chrétien! Menée à l'origine pour extirper du Midi de la France l'hérésie cathare, elle dégénéra vite en guerre dévastatrice de conquête, opposant inexorablement défenseurs de la civilisation occitane et assaillants venus du Nord, c'est-à-dire les "Français". Dans le tumulte des combats, l'atmosphère fiévreuse des chevauchées, des massacres, des incendies où culmine la tragique vision de l'holocauste de Montségur, s'affrontèrent donc pendant un demi-siècle croisés, inquisiteurs, légats du pape et peuple occitan sporadiquement rassemblé sous l'étendard des comtes de Toulouse. C'est l'histoire de ce long et terrible conflit jalonné de bûchers, d'actes d'héroïsme, de dévouements insignes, de duplicité, d'odieux excès, que raconte avec force et sagacité Georges Bordonove.
Le 29 mai 1453, Constantinople, capitale de l'Empire romain d'Orient depuis sa fondation en 330, tombe aux mains des Turcs. Le choc est terrible pour l'Occident chrétien, qui a pourtant négligé de secourir la ville. L'année 1453 a longtemps symbolisé, peut-être de manière excessive, la fin du Moyen Âge et le début des Temps modernes aux yeux des historiens. Elle fut, de fait, décisive pour deux peuples : les Turcs, qui y gagnèrent une capitale et s'établirent durablement sur le sol européen: les Grecs, qui virent se clore le long chapitre byzantin et dont les humanistes vinrent nourrir l'élan de la Renaissance occidentale. 1453 : année heureuse pour les uns, funeste pour les autres, que raconte Steven Runciman à travers les fiévreux préparatifs du siège, la violence de l'assaut, la résistance dramatique d'une poignée de héros et l'effondrement sans surprise d'une cité depuis longtemps moribonde.Sir Steven Runciman (1903-2000), professeur à Cambridge, a été l'un des plus grands médiévistes du XXe siècle. Il est l'auteur de nombreux ouvrages de référence sur le monde méditerranéen, dont Le Grand Schisme d'Orient (Les Belles Lettres, 2005) et l'Histoire des croisades (Tallandier, 2006).
Bref, je plaidais pour la vie contre la mort et je conseillais au général de lire un des plus beaux livres de guerre qui soient, Le Dernier ennemi, de Richard Hillary, qui raconte comment la bataille d'Angleterre fut gagnée par les pilotes de Spitfire de la Royal Air Force, jeunes hommes de vingt ans, frais émoulus d'Oxford, de Cambridge, après Shrewsbury College ou Eton, entrés à jamais dans l'histoire des héros sous le nom de"garçons aux cheveux longs". [...] Extrait du Lièvre de Patagonie de Claude LANZMANN (Gallimard, 2009)."
D'un essai enlevé sur les caricatures à un autre, magnifique, sur le plaisir de peindre, en passant par une analyse du gouvernement parlementaire et des problèmes économiques, Winston Churchill partage avec son lecteur les sujets divers et parfois inattendus qui l'occupaient dans l'entre-deux-guerres. On avait découvert un écolier turbulent, un soldat courageux et un écrivain prometteur dans Mes jeunes années. On retrouve ici un homme tout aussi aventureux, dont l'expérience s'est considérablement enrichie, la vision du monde et de la société sensiblement affinée et dont la vivacité de style reste un grand plaisir littéraire. A travers cette collection de pensées, de souvenirs, de réflexions et même de prédictions se dégage une philosophie profonde et originale.