
Les auto-entrepreneurs du rap. Le travail et la vie d'artiste en marge des industries culturelles
Le rap — en particulier le rap indépendant — est généralement perçu et se présente volontiers lui-même comme la chronique musicale de la vie des "jeunes de cité", dénonçant le racisme et les injustices sociales qu'ils subissent tout en exprimant leur désir de reconnaissance et d'ascension sociale. Basée sur une enquête de terrain réalisée à la fin des années 2000 auprès de rappeurs indépendants dans la région parisienne et lyonnaise, centrée sur l'étude des trajectoires sociales et du travail artistique, cette recherche présente les rappeurs sous les traits d'auto- ou de petits entrepreneurs, évoluant en marge des industries culturelles. Ce genre de carrière peut se comprendre comme une stratégie d'ascension culturelle, voire économique, le plus souvent vouée à l'échec, mais offrant des compensations symboliques à travers l'accès à la vie et à l'identité d'artiste, à des jeunes des classes populaires ou moyennes confrontés à leur déclassement. Plus diversifié socialement qu'on ne le croit généralement, le monde du rap indépendant est aussi divisé entre des pôles économique, professionnel et d'engagement, en fonction de la plus ou moins grande distance des artistes par rapport aux industries culturelles. Ce genre musical se présente ainsi comme un univers révélateur des phénomènes de mobilité et de reproduction sociales. Il permet ainsi de mettre en évidence l'articulation des dimensions économiques et culturelles dans la production musicale.
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| Titre | Les auto-entrepreneurs du rap. Le travail et la vie d'artiste en marge des industries culturelles |
| Auteur | Brugière Fabien |
| Editeur | CROQUANT |
| Largeur | 140 |
| Poids | 290 |
| Date de parution | 20181115 |
| Nombre de pages | 218,00 € |
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Brugière Fabien ; Fortino Sabine ; Goussard LucieIl semble en effet que les transformations du travail et de l'emploi aient lors des dernières décennies contribué à rendre le travail insoutenable pour de nombreuses catégories de travailleur·ses. Depuis les années 1980, le modèle de production tayloriste-fordiste qui s'était imposé à partir de l'après-guerre, a progressivement été renouvelé - en premier lieu dans le secteur industriel - par des processus de rationalisation guidés par la mondialisation et la financiarisation économiques. Toyotisme , production à "flux-tendu" ou en "juste-à-temps", "fluidité industrielle" modèle "liquide" fondé sur l'"organisation par projet" sont autant de concepts qui visent à caractériser l'originalité et la spécificité des nouvelles variantes organisationnelles , ils trouvent leur point de convergence dans le fait que celles-ci contribuent chacune à intensifier le travail. 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