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Détestation de mots. Mots intrigants et quelques amours
Broustra Jean
L'HARMATTAN
14,50 €
Épuisé
EAN :9782343194493
Dans ma pratique clinique et thérapeutique de psychiatre psychanalyste, j'ai été sensible au sens des mots mais plus encore à les recevoir avec leur corporéité sonore. Certains mots prononcés s'accompagnent de rugosité, de vibrato, de cassures vocales, d'animation dans le visage, de gestes incontrôlés des mains, des pieds. Le discours alors s'interrompt, se met en suspens. Langage, tangage, ce que les mots me disent est le titre que Michel Leiris a donné à un de ses livres en 1985. Prolongeant cette invite aujourd'hui, hors mon écoute professionnelle, je ne cesse de ressentir une humeur parfois vive à l'écoute d'une noria de mots qui nous sont imposés dans l'espace public. J'y reçois des affects : détestation parfois violente, ou bien seulement une curiosité intriguée, amusée. Certains peuvent aussi - heureusement - être follement aimés. Après un rappel de l'importance des phonogrammes, signes graphiques qui représentent arbitrairement des sons et leur importance historique (Oulipo, Cobm, Peter Brook), cet ouvrage propose un bestiaire des mots, composé en trois parties : détestation de mots, mots intrigants et quelques amours de mots.
Le traité du bas de l'être est un essai sur les modalités contrastées entre le bas et le haut, le lourd et le léger, le corporel et le spirituel. Inscrit dans la tradition occidentale, tel le Traité de la concupiscence de Bossuet ou le célèbre livre de Bachelard L'air et les songes, il accorde une place privilégiée à la philosophie (d'Héraclite à Deleuze), à la psychanalyse, à la poésie. Plusieurs pratiques sont données en référence, à partir de l'expérience de l'auteur dans la médecine psychiatrique, la psychanalyse, la psychothérapie en ateliers d'expression, l'écriture dans la tenue de carnets personnels et la publications de romans. Loin d'être conceptuel et abstrait, cet ouvrage relate une histoire de vie à la recherche d'une pensée, d'un sens, par le jeu de la transmission mais aussi par la prise de risque d'une nécessaire invention.
L'histoire de l'expression, plutôt située classiquement comme un débat philosophique (Aristote, Spinoza et Nietzsche), rejoint l'histoire de la psychiatrie en Europe dans les années soixante-dix. Dépassant la seule ambition de collectionner des ?uvres d'aliénés, au-delà de la fascination réciproque entre génie et folie, l'expression constitue un champ de pratique et de théorie qui a sa légitime part dans le traitement des maladies mentales. Dans le sillage de la psychothérapie institutionnelle, elle a pris son élan en devenant une nouvelle manière de vivre le lien entre société et culture. Elle a ainsi revendiqué sa place dans la pédagogie (F. Oury, A. Stern), dans le changement social (M. Pagès), dans la philosophie et la psychanalyse (J-F Lyotard, J. Kristeva) mais aussi dans la littérature et les arts contemporains (de P. Sollers à I. Xenakis). L'expression, sous la forme d'ateliers thérapeutiques, contribue au traitement approfondi des patients psychotiques. Dans un cadre habituellement associatif, elle propose aussi des ateliers de créations pour aider à la citoyenneté par développement du lien socioculturel. Interface entre soin et création, l'expression doit tenir une place privilégiée dans l'esprit d'une véritable politique de secteur, ce à quoi l'auteur porte tous ses efforts.
Jean Broustra, ancien chef de clinique de l'Université Bordeau II, est psychiatre, psychanalyste, actuellement chef de service et de secteur au centre hospitalier de Libourne en Gironde. Il est président de l'ADAED-ateliers de l'Art Cru. Il est peintre et romancier.
Ce livre est une mise en perspective historique et réflexive de la pratique de psychiatrie publique de l'auteur, en Gironde, entre les années 1965 et 2005. Après un chapitre initial qui rappelle une célèbre confrontation épistolaire entre Freud et Binswanger, il en vient à ce qui s'est échangé — pendant les armées 19651990 — entre les psychiatries universitaires de Bordeaux, Lyon, Marseille, Toulouse, Paris, et qui est la poursuite d'un débat complexe mais nécessaire entre psychiatrie, psychanalyse et phénoménologie. A partir de 1970, avec ses différentes équipes — dans le dispositif de soins des patients psychotiques —, Jean Broustra a introduit de nombreux ateliers thérapeutiques d'expression qui favorisent la pratique de scènes pluri- et inter-langagières. Ces ateliers sont un tremplin qui rend possible une transitionalité entre approche phénoménologique et écoute psychanalytique, entre co-présences et transferts. Ceci est essentiel à qui prétend aborder le traitement des psychoses selon des modalités psychothérapiques et poïétiques. En témoigne la longue histoire de Judith, très grave schizophrène, dont le surpassement héroïque peut évoquer Hölderlin, Nietzche, ou Artaud.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.