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Ordo Sexualis. Pour une critique de la morale sexuelle
Brossat Alain ; Naze Alain
ETEROTOPIA
16,00 €
Épuisé
EAN :9791093250366
Jusqu'à quel point est-il possible de placer de façon prioritaire dans les champs du droit et de la loi des enjeux concernant la vie sexuelle, les rapports entre les sexes, les questions de genre ? C'est l'enjeu central de la discussion ouverte par cet essai. Le " mariage pour tous ", les débats autour de la majorité sexuelle, la campagne contre le harcèlement sexuel, les scandales de pédophilie dans l'Eglise catholique - autant de thèmes actuels de discussion qui, aussi divers soient-ils, se trouvent placés, d'une façon toujours plus impérieuse et exclusive, dans le champ de l'instance juridique, appelée à trancher. Et ce, que ce soit sous la forme de l'établissement de nouveaux droits ou bien sous celle de la codification de nouveaux délits et de leur sanction. L'extension proclamée de la sphère des droits devient ici indissociable d'une accentuation de la répression frappant les inconduites sexuelles. L'accent est désormais placé avant tout sur les protections et les garanties !
Quelle peut être la part du cinéma, en tant qu'il est une puis- sance agissante et non pas seulement un observateur du présent, concerné, souvent consterné, plus rarement enthousiaste, pas seulement un témoin, donc, et moins encore un miroir ou un reflet du moment (ou de l'époque), quelle part le cinéma peut-il prendre à la reconfiguration d'un peuple et à sa relance ? " Jean-Gabriel Périot le souligne dans la préface de cet ouvrage : Alain Brossat répond aux questions qu'il pose en proposant une traversée inédite de l'histoire du cinéma. Pour lui, il n'y a politique dans un film qu'à la condition que ce film soit lieu de l'inscription d'un peuple. Il ne s'agit pas tant de discerner ce qu'est le peuple, voire un peuple, que de dessiner les nom- breuses figures au fil desquelles se produisent le surgissement ou le délitement, la composition ou l'émiettement, l'apparition ou la disparition d'un peuple. Le cinéma doit tenir une position, ce qui est bien plus qu'adopter un point de vue et, davantage encore, que défendre une opinion. Tenir une position, c'est ce qui permet à un film de réintensifier un événement en associant cette capacité à la présence d'un peuple. Par contraste avec le cinéma du roman national destiné à relancer le peuple de l'Etat, le cinéma du peuple n'enseigne rien, n'exalte ni n'exhorte. Il transmet de l'expérience collective et il le fait à hauteur de l'homme ordinaire ; une expérience qui a certes l'histoire et la vie politique comme milieux, mais aussi les relations sociales, le travail, les épreuves subies en commun, les routines et l'inattendu... L'histoire de ce cinéma du peuple que raconte Alain Brossat n'est pas une histoire achevée. Rejetant la litanie du "c'était mieux avant", il ne voit aucun motif à désespérer du cinéma et de ses capacités agissantes. Comme les peuples se rappelleront toujours au bon souvenir de leurs gouvernants, le cinéma ne sera jamais totalement soumis.
Le rassemblement des textes qui composent ce volume milite en faveur d'une définition et d'un usage tout à fait distincts de la philosophie : constamment, en effet, et quelle que soit la diversité des objets qui y sont abordés, celle-ci y est rapportée à cette définition : une analytique des discours. Qu'il s'agisse d'envisager les formes contemporaines du gouvernement des vivants (la biopolitique), de la mémoire collective, des phénomènes de violence extrême ou bien encore la dimension politique de la littérature, c'est en effet le discours qui, dans ses formes infiniment variables, est saisi comme le fil conducteur d'une analyse, distinctement inspirée par les travaux de Michel Foucault, dont l'horizon est la mise en relation des modes d'énonciation, des formes de pouvoir et des (en)jeux de vérité. " Le discours, c'est l'ensemble des significations contraintes et contraignantes qui passent à travers les rapports sociaux ", rappelle Foucault. L'analyse de ce domaine de " contraintes ", c'est cela même qui dessine la dimension essentiellement politique du programme de la recherche philosophique ainsi entendue - la philosophie comme agir et comme pratique critique.
Günter Anders était, comme il devait le rappeler lui-même, un penseur chassé de toutes les frontières et c´est à partir de cette condition que nous pouvons comprendre une vie intellectuelle inquiète qui a traversé les événements, souvent dramatiques, d´une grande partie du siècle dernier. De cette situation, Anders réussit à produire une réflexion intellectuelle très riche, fondée sur une base théorique d´une grande importance, à partir aussi d´une formation philosophique qui a vu une comparaison variée avec la phénoménologie, l´anthropologie philosophique (dont il peut être considéré comme l´un des premiers et des plus radicaux représentants), l´existentialisme, l´éthique technologique. Ce recueil de textes, notamment de jeunesse, veut permettre d´approcher la figure d´un penseur qui offre encore aujourd´hui des pistes importantes pour pouvoir réfléchir de manière critique sur la dynamique de la civilisation technologique et sur les enjeux environnementaux de plus en plus urgents...
Corps et territoire partagent une condition singulière et commune; celle d'un devenir suspendu entre la persistance du passé et les sollicitations d'un présent-futur radicalement envahi par les nouvelles technologies. L'enchevêtrement de relations, d'affects, d'échanges sociaux et économiques qui concernent autant les corps que le territoire se déploie sur un plan articulé que l'on doit définir en tant qu'environnement. Il faut toutefois s'arrêter un instant sur le concept d'environnement en raison des nombreuses définitions qu'il a reçues pour confronter celles-ci avec l'interrogation que nous proposons ici. Traditionnellement, le concept d'environnement a été marqué par l'emploi qu'en ont fait d'abord la géographie et par la suite les diverses sciences sociales. L'environnement est cependant une dimension, un horizon, un plan bien plus ample qui, loin d'être homogène, prévoit une infinité d'espaces et de modalités qui forgent inlassablement l'existence. L'environnement concerne la vie, avec les corps qui le constituent, avec les transformations qui le traversent.
Partant du postulat que la performance, en tant qu'art d'action, est une forme décomplexée et individuelle du rituel qui, autrefois, avait cours de manière collective dans toutes les sociétés, l'auteur tente d'évaluer la portée de cette création qui est apparue dans les années 70 et qui, aujourd'hui, recouvre de nombreux aspects. Convoquant en même temps les paroles d'artistes et des écrits théoriques sur le domaine, son propos se décline en trois chapitres. Le premier met en lumière une possible définition de la performance, en regard du rituel (dans ses définitions anthropologiques, artistiques et esthétiques). Cet aspect conduit l'auteur à estimer que la performance est peut-être une nouvelle activité rituelle non fixée, fondamentalement plastique. Le second s'applique ensuite à l'analyse du contexte des années 70, avec, comme apogée, une étude sur les actions de Carolee Schneemann, en regard de l'érotisme et de l'objectivation, de l'essentialisme féministe et de l'écoféminisme. Le troisième, davantage contemporain, décline enfin les activités artistiques d'une des plus grandes artistes actuelles, Regina José Galindo, et ses possibles influences, afin d'évaluer les fondements d'une création engagée, et dont les thèmes principaux sont la violence, l'abjection, l'obscénité, et portant à l'acmé les questions du viol et du féminicide... La performance n'est donc pas, comme on a souvent tendance à le faire croire, un jeu artistique conforme et gratuit, mais plutôt une résistance aux traumatismes sociétaux et un "au-delà de l'esthétisable".
Biorégion urbaine : c'est l'ensemble des relations sociales, économiques et culturelles qui caractérisent les espaces à l'âge de la révolution urbaine. Villes, collines en terrasses, campagnes travaillées, forêts animées, ont chacune des métabolismes qui se sont transformés à travers les civilisations successives, mais qui toujours entretiennent des structures vivantes. Le territoire, compris comme un système vivant naît et grandit. Il peut tomber malade, il peut mourir quand la relation de synergie est interrompue - nous parlerons alors de "crise des civilisations" - mais il peut aussi renaître.