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Interroger l'actualité avec Michel Foucault. Téhéran 1978 / Paris 2015
Brossat Alain ; Naze Alain
ETEROTOPIA
17,00 €
Épuisé
EAN :9791093250236
Michel Foucault inaugure avec ses "reportages d'idées" sur le soulèvement iranien contre le Shah (1978-1979) une approche du présent et un mode d'écriture situés au point de rencontre de la philosophie et du journalisme. Il s'y interroge sur ce qui, dans cet événement, fait époque, en tant qu'il signale la fin de l'ère des révolutions et se trouve placé sous le signe énigmatique du soulèvement d'un peuple tout entier contre un pouvoir despotique. Au coeur de sa réflexion s'identifie une réflexion sur la spiritualité politique qui anime les masses iraniennes - ce mélange inextricable d'inspiration religieuse et d'aspiration à la dignité, l'égalité, la liberté. Ce qui le fascine dans ces événements, c'est la puissance mobilisatrice de la religion (l'Islam dans sa version chiite, ici) non pas au service de l'obscurantisme et de l'asservissement, mais de la lutte pour l'émancipation - comment, avant l'établissement de la théocratie de Khomeiny, la foi religieuse comme le terreau commun de la "volonté de tous" d'un peuple en lutte pour son émancipation. Ces reportages, dans la mesure même où il ont suscité à l'époque de leur publication des discussions acharnées et sont encore aujourd'hui susceptibles d'être discutés, dessinent une ligne de force qui conduit à toutes les discussions en litige dans le présent, à propos des relations entre politique et religion, du rôle de l'Islam dans les sociétés modernes, des luttes des peuples contre la violence du pouvoir.
La question que s'efforce d'affronter cet essai est la suivante: quelles seraient aujourd'hui les conditions d'un récit philosophique non pas tant de la séquence historique que nous vivons que de ce qui, dans notre époque, fait actualité?Autour de quel faisceau de concepts établir le principe d'une intelligibilité de ce temps, en dépit des effets de fragmentation qui s'y manifestent et des flux contradictoires qui le travaillent?Prenant à témoins la littérature, le cinéma, mais aussi l'événement qui interrompt le cours des choses, ce récit diffracté s'efforce de baliser le champ de l'actuel de manière à faire apparaître des possibles politiques en dépit de tout ce qui semble tramer, dans notre présent, l'oubli du politique. S'inscrivant dans la tradition inaugurée par Michel Foucault, il s'établit à la charnière de la philosophie et de la politique pour scruter les mutations contemporaines du gouvernement des vivants.
Cet essai décrit le retour de la figure très ancienne de l'affrontement du serviteur avec son maître, au coeur des rapports capitalistes contemporains, au temps de la crise sans fin de la démocratie libérale. La dérégulation généralisée des relations entre le capital et le travail, la disparition toujours accélérée des emplois à statut, la "flexibilisation" du travail se conjuguent avec la crise de la représentation qui dépouille les couches populaires de ce qui leur restait de capacité politique. Ainsi se dessine le nouveau visage de la subalternité.
Biorégion urbaine : c'est l'ensemble des relations sociales, économiques et culturelles qui caractérisent les espaces à l'âge de la révolution urbaine. Villes, collines en terrasses, campagnes travaillées, forêts animées, ont chacune des métabolismes qui se sont transformés à travers les civilisations successives, mais qui toujours entretiennent des structures vivantes. Le territoire, compris comme un système vivant naît et grandit. Il peut tomber malade, il peut mourir quand la relation de synergie est interrompue - nous parlerons alors de "crise des civilisations" - mais il peut aussi renaître.
Corps et territoire partagent une condition singulière et commune; celle d'un devenir suspendu entre la persistance du passé et les sollicitations d'un présent-futur radicalement envahi par les nouvelles technologies. L'enchevêtrement de relations, d'affects, d'échanges sociaux et économiques qui concernent autant les corps que le territoire se déploie sur un plan articulé que l'on doit définir en tant qu'environnement. Il faut toutefois s'arrêter un instant sur le concept d'environnement en raison des nombreuses définitions qu'il a reçues pour confronter celles-ci avec l'interrogation que nous proposons ici. Traditionnellement, le concept d'environnement a été marqué par l'emploi qu'en ont fait d'abord la géographie et par la suite les diverses sciences sociales. L'environnement est cependant une dimension, un horizon, un plan bien plus ample qui, loin d'être homogène, prévoit une infinité d'espaces et de modalités qui forgent inlassablement l'existence. L'environnement concerne la vie, avec les corps qui le constituent, avec les transformations qui le traversent.
Quatre femmes de nationalités différentes, de langues différentes, traversent les années tumultueuses de la révolution bolchevique. Elles s'appellent : Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Alexandra Kollontaï et Asja Lacis. Elles sont des militantes, des artistes, des activistes et chacune d'elles apportera une contribution spécifique et originale à la révolution. Elles sont des femmes et leur regard est plus libre, intéressé à mettre l'accent sur la dimension de la vie, des passions, de la créativité et du féminisme des premiers temps. Rosa Luxemburg, fondatrice de la Ligue de Spartacus questionnera les structures de pouvoir envisagés par les Soviets, elle luttera dans l'Allemagne épuisée de l'après-guerre pour affirmer le regard puissant et compatissant de ceux qui partagent la condition de l'oppression. Clara Zetkin fera de la bataille pour les droits des femmes un élément d'affirmation spécifique de la condition féminine qui ne peut pas être réduite à la seule lutte de classe.