Peu d'écrivaines, au Québec, ont connu le rayonnement de Nicole Brossard, qui s'est illustrée partout dans le monde, de l'Amérique du Sud en passant par la France et les Etats-Unis : c'est parce que sa pensée curieuse, à la fois en phase avec l'époque et capable de la retourner sur elle-même pour montrer ses nouaisons, est pointue comme une flèche. Connue comme poète et romancière, mais aussi comme théoricienne, Nicole Brossard publie des essais depuis plus de cinquante ans. C'est pour donner le pouls de ces réflexions que cette rétrospective a pris forme sous l'impulsion de Chloé Savoie-Bernard et de Karim Larose, de concert avec l'autrice, qui leur a généreusement donné la clé de ses archives personnelles. L'Entaille et la Durée présente ainsi des textes des cinquante dernières années, issus de revues, de conférences, de périodiques -plusieurs sont ici publiés pour la toute première fois. De propos sur la littérature québécoise à la venue au féminisme, au lesbianisme comme projet politique, la limpidité et la force de sa pensée de même que ses thèmes de prédilection trouvent leur place au fil des pages. Hors de tout doute, cette rétrospective nous donne accès à des réflexions qui conservent toute leur contemporanéité dans une somme à la fois savante et réjouissante, qui saura être d'intérêt autant pour le public universitaire que pour toute personne avide de s'approcher de la pensée en mouvement d'une intellectuelle de haut vol.
Résumé : "Lorsque j'écris, je décide d'un mot plutôt que d'un autre, d'une image plutôt que d'une autre. Dans ce texte, je n'ai décidé que d'un seul mot : lesbienne, et le texte a suivi car la lesbienne est l'intuition de la plus audacieuse lucidité" . Laboratoire où s'élaborent une pensée originale et la recherche d'un langage inédit, La lettre aérienne rassemble douze essais de Nicole Brossard. Ces textes témoignent de la quête individuelle de l'écrivaine, ancrée dans l'émergence d'une culture affranchie de l'ordre patriarcal. Plus de 35 ans après la première parution, une nouvelle édition s'imposait pour réitérer la puissance transformatrice de cet essai phare des littératures lesbiennes.
Bersianik Louky ; Brossard Nicole ; Cotnoir Louise
C'est à l'invitation de Nicole Brossard que Louky Bersianik, Louise Cotnoir, Louise Dupré, Gail Scott et France Théoret se réunissent, tous les deux mois, autour de thèmes et d'enjeux de la pensée et de l'écriture féministe. Elles publieront, ensemble, un livre composé d'essais et de fictions. Nous sommes en 1988. Les femmes de La théorie, un dimanche, chacune par le biais de son oeuvre à elle, mais ici toutes ensemble, ont marqué la littérature des femmes et la pensée féministe. La théorie, un dimanche est un incontournable, un classique.
Résumé : " Au fil des siècles / la langue force le corps à observer / la mort quelques débris aussi / les paradoxes remontent / à la surface le récit s'installe " - Temps réel du poème est la première anthologie personnelle de Nicole Brossard. Elle réunit ses poèmes les plus marquants ainsi que de nombreux inédits. - A travers l'écriture, Nicole Brossard essaie de résoudre les énigmes de l'existence, de l'être humain et de saisir le frémissement du monde. - Nicole Brossard joue avec les mots, la syntaxe, elle " trame la langue " afin de révéler une nouvelle présence au monde et l'intimité de l'être.
Résumé : On peut venir au monde à tout âge. Pour Markus, cela se passe au début de la vingtaine, quand il s'enfuit de la communauté fermée qui l'a vu naître et qui l'étouffe. Le voici donc plongé dans le " Frais Monde ", dans la jungle urbaine, au risque de se noyer. Je vous raconte tout ainsi en vrac, les cauchemars comme les petits morceaux ridicules, pardonnez-moi si je ne sais pas faire la différence et trier les mouvements de mon univers par ordre de grandeur, car tout me semble important à dire, la douleur déchirante qu'est ma mère tout autant que ma faim sans bon sens pour les Mignonnes, tout il me semble doit être livré par le menu, de peur d'oublier les pièces d'or peut-être dissimulées dans les poubelles de ma vie. On peut venir au monde à tout âge. Pour Markus, cela se passe au début de la vingtaine, quand il s'enfuit de la communauté fermée qui l'a vu naître et qui l'étouffe. Le voici donc plongé dans le " Frais Monde ", dans la jungle urbaine, au risque de se noyer. Ce n'est pas un hasard si Markus se retrouve à aider les plus mal pris de la ville. Car Markus est différent. Il est dévoré par une flamme qui le pousse à éclairer ceux qui semblent souffrir d'obscurité - et ils sont nombreux. Comment trouver sa place sans perdre son âme ? Où se terre la Mignonne ultime qui lui fait si cruellement défaut ? Et qui est cette ombre qui veille sur lui depuis le début, ce vieil homme mystérieux que Markus surnomme " Maître K ", et qui se dérobe chaque fois qu'il l'approche ? Ce sont les mots et les yeux candides de Markus qui nous dévoilent les désastres ambulants partout, et l'aveuglement du monde libre qui court, qui court pour se fuir lui-même.
Gens du fleuve, gens de l'île apporte une contribution majeure aux débats actuels sur les origines autochtones de Montréal. Ce livre, qui prend souvent les allures d'une magnifique " enquête policière ", constitue la première et remarquable synthèse de l'histoire de Montréal au xvie siècle, à la fois savante et accessible. Roland Viau propose un fascinant portrait d'Hochelaga avant 1600. A partir des connaissances acquises par l'archéologie, l'ethnohistoire et l'ethnologie sur les sociétés amérindiennes, et en exploitant les documents historiques disponibles, l'auteur replace d'abord Hochelaga au centre d'un vaste réseau fluvial s'étirant du lac Ontario au golfe du Saint-Laurent. Il dresse ensuite l'inventaire des ressources des Hochelaguiens, recrée minutieusement leur mode de vie, l'univers symbolique de la chasse, de l'agriculture. Il aborde la division sexuelle du travail, les règles de classification du végétal, l'ancienneté et la diversité du maïs. Il s'intéresse à la guerre, avançant l'idée d'un lien particulier avec les pratiques funéraires. Enfin, il fait revivre l'imaginaire au sens d'une cosmovision : nature de la guerre, condition d'esclave, exercice de la sexualité et de la parenté, rapports hommes-femmes. Les colonisateurs européens ont constaté avec étonnement que cette Laurentie iroquoienne s'est volatilisée entre 1545 et 1585. Personne, à ce jour, n'a pu apporter d'explication convaincante à ce phénomène. Guerre ? Migration ? Refroidissement climatique ? Epidémie associée à la "mondialisation " des microbes ? Viau examine rigoureusement ces hypothèses, retenant pour l'essentiel la dernière et validant la probabilité que les Iroquoiens du Saint-Laurent aient résisté à l'envahissement des Français et contribué à leur refoulement. Il introduit en cela un beau renversement du récit historique colonial traditionnel. Et que serait-il advenu d'éventuels survivants ? Pourrait-on encore aujourd'hui trouver des traces de leurs migrations, de leur intégration au sein d'autres nations ?
Résumé : - La réduction des gaz à effet de serre (GES) mènera automatiquement à une amélioration de notre qualité de vie. - L'hydroélectricité est la clé pour l'enrichissement du Québec. - Le Canada est une grande puissance énergétique. - Il suffit de taxer le carbone pour mettre un frein au réchauffement climatique, ou tout simplement d'acheter des voitures électriques. - Le pétrole est encore là pour longtemps / Nous arrivons au bout de nos réserves. - Les provinces ont pris le relais du fédéral dans la lutte contre les GES. Voilà autant de mythes sans cesse répétés par les politiciens, les groupes d'intérêt, les porte-parole de l'industrie et les médias. Ces mythes nous donnent l'impression de maîtriser la transition énergétique et nous confortent dans l'illusion que nous avons les outils pour atteindre nos objectifs de réduction de GES sans toucher à ce qu'on appelle encore le modèle québécois. La situation n'est pas meilleure dans le reste du Canada, où l'ensemble des gouvernements provinciaux oscille entre objectifs ambitieux et inaccessibles, programmes de réduction des émissions de GES aussi coûteux qu'inefficaces ou, carrément, déni du problème. Quant au gouvernement fédéral, après trois décennies d'inaction, il tarde encore à mettre sur pied une politique nationale sur la question. Dans cet essai choc, Normand Mousseau déboulonne systématiquement chacun de ces mythes et démontre de manière irréfutable la vérité suivante : la solution au problème des changements climatiques n'est pas de nature technologique ou scientifique, mais bel et bien politique.