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Frais du jour
Broqua Vincent
HEROS LIMITE
5,00 €
Épuisé
EAN :9782889550357
Les 'Frais du jour' de Vincent Broqua appartiennent au genre particulier des poésies de circonstance. Si ce genre abrite le pire, on oublie trop souvent qu'il compte aussi le meilleur, ainsi des 'Envois', 'Albums', 'Fêtes et anniversaires', 'Offrandes', etc. qui constituent les "Vers de circonstance" de Stéphane Mallarmé - pour ne citer que lui. Contraints par l'actualité à la brièveté, les 'Frais du jour' scandent le cours du temps et naissent de situations que leur caratère allusif fixe comme en chimie une réaction précipite des composantes. Gardant du jeu, qui est à leur origine, une grande liberté de composition, ils sont le lieu même où la poésie peut se mesurer au quotidien et, le réinventant, se réinventer du même coup. Plus que des esquisses, ou des croquis, les 'Frais du jour' conservent de ces pratiques leur rapidité et leur capacité de synthèse. Dans l'urgence de saisir un être au monde évanescent, il semble bien qu'ils travaillent à un renouvellement de la parole poétique. Ce que tu / captures file, écrit sans illusion, peut-être même avec un certain amusement, Vincent Broqua. Comme si, à la fraîcheur de ce qui advient, à laquelle il faut rendre grâce, correspondait le "filé" du poème, qui préserve en lui quelque-chose de pas tout à fait fixé, une forme ouverte, encore en devenir, un chantier. Chantier qu'alimentent par ailleurs d'autres courts poèmes, sous le titre générique Supermarché de matériaux, intercalés entre les Frais du jour qu'ils ponctuent et relancent. Les 'Frais du jour' ont d'abord circulé sur écran, sous forme de mails destinés à des proches. Ecriture de l'intime, ils supposaient une complicité basée sur une certaine expérience vécue en commun avec la lectrice ou le lecteur qui les recevait. La version papier de la sélection opérée par l'auteur, marque une nouvelle étape. Le lectorat y devient anonyme et le poème, qui véhiculait pour quelques-uns la saveur d'une singularité, teste son pouvoir de l'universaliser. Sans que rien ne soit perdu pour autant de sa fragilité initiale : syntaxe / chaos fuité, comme prend soin de le préciser Vincent Broqua.
Dine Jim ; Broqua Vincent ; Brossard Olivier ; Lan
En 1917, Apollinaire écrivait : "Poésie et création ne sont qu'une même chose ; on ne doit appeler poète que celui qui invente, celui qui crée, dans la mesure où l'homme peut créer. Le poète est celui qui découvre de nouvelles joies, fussent-elles pénibles à supporter." Depuis les années soixante, l'artiste Jim Dine va sans cesse à la découverte, en peintre comme en poète. Si ses toiles, dessins, estampes et sculptures se trouvent dans les plus grands musées, son oeuvre écrite est moins connue. Son écriture poétique est pourtant essentielle à son travail d'artiste, et ses poèmes sont autant d'explorations et de poursuites de ce qu'Apollinaire appelait il y a un siècle "l'esprit nouveau". En 2017, Jim Dine publie La Coupole et autres poèmes : ce volume rassemble, dans une édition bilingue, une partie substantielle de sa production poétique depuis le début de sa carrière d'artiste.
Archives, pour un monde menacé. Dès le titre de ce premier livre d'ANNE WALDMAN en France, recueil de textes tirés de quatre volumes, un paradoxe: les archives ne sont pas le résidu d'un monde qui aurait péri, ni ce qui resterait simplement du passé. Elles sont " pour " le monde, contre les menaces qui pèsent sur lui, déjà une réponse, une force, un mouvement. Suivre l'animal, défaire la noce, entreprendre un lointain voyage, tramer une science-fiction poétique: tel pourrait être un intitulé succinct de chaque partie du livre. Remuons les archives. Quels sont ces documents donnés à lire, ces papiers, ces images, ces voix? Suivons d'abord, sur une carte du déchet, le lamantin et son revers, une humanité souvent lamentable: un " courant sous-terrain " bouddhiste porte ce premier mouvement et lance le livre. Prenons ensuite forme humaine, marions-nous, et écoutons notre langage trébucher quand tout se répète. Le troisième temps est celui du voyage en Indonésie, vers les temples, l'architecture et la musique. Enfin, le dernier mouvement du livre nous plonge dans le combat des Anne, femmes doubles, contre les Décideurs qui veulent boucler le langage. Les archives d'ANNE WALDMAN font un livre qui tient dans le chant de ses parties. Les territoires et les questions ici parcourus sont vastes: de l'Asie aux Etats-Unis, en passant par l'Europe, des espèces en voie de disparition à l'obsolescence programmée de la civilisation technologique, en passant par les formes menacées du langage.
Ronell Avital ; Broqua Vincent ; Vanderhaeghe Stép
Qui ne s'est jamais plaint ? De son travail, de ses parents, de sa vie... A la différence de l'indignation, la plainte est durable. Car il y a bien de quoi se plaindre face au monde tel qu'il est. Mais à qui ? Et comment ? La philosophe Avital Ronell ouvre le registre des plaintes éternelles et occasionnelles. "Qui connaît mieux la plainte que moi ? ", demande Avital Ronell. Son expérience et sa connaissance des doléances l'ont conduite à tenir un registre des plaintes, les plus banales comme les plus métaphysiques. Doléances, lamentations, griefs... les plaintes expriment une souffrance durable, au-delà de leur mobile. Elles contaminent nos discours et nous paralysent, au lieu d'éliminer ce qui nous cause de la peine. A la différence de l'indignation, forte et rebelle, la plainte révèle plutôt une protestation impuissante. Avital Ronell cible les geignards et les râleurs sempiternels, mais elle s'étonne aussi de ceux qui affirment, par élégance, "je n'ai pas de quoi me plaindre". Car il y a bien lieu de se plaindre de la vie. La philosophe ouvre de nombreux dossiers de plaignants : la plainte des femmes et des mères, ou celle des êtres perdus qui ne trouvent pas de dieu à qui se plaindre. Elle dialogue avec Hamlet, Werther, Arendt, Derrida, l'Allemagne et construit un théâtre philosophique où les personnages, elle-même dans le premier rôle, entendent plusieurs plaintes dans chaque complainte. Comme un effet pervers de ce Bureau des plaintes, Avital Ronell fait aujourd'hui l'objet d'une plainte qui attise sur elle une récrimination internationale, depuis la publication d'un article à charge du New York Times. Pour la première fois, dans un avant-propos inédit, elle réagit à cette affaire.
Nioques 22-23 Nouvelle poésie des Etats-Unis numéro bilingue Le collectif Double Change édite le numéro 22-23 sur la jeune poésie des Etats-Unis. Anthologie bilingue, ce numéro double présente une quinzaine de jeunes écrivains oeuvrant dans les poétiques radicales et expérimentales du XXIe siècle, afin d'ausculter la façon dont les formes, les discours et les pratiques interrogent la poésie, jusqu'à sortir de celle-ci. La poésie postconceptuelle de Danny Snelson ou d'Allison Parish s'approprie des matériaux déjà existants sur le web et les "recycle" , venant interroger la poétique du format, des programmes et des dispositifs numériques. L'interrogation sur ce qui est poétique dans les langues trouvées sur internet est aussi à l'oeuvre dans ce qu'on pourrait appeler l'écrire-traduire de Monica de la Torre. Un même texte est traduit et retraduit selon diverses procédures qui génèrent du texte comme une mécanique. Elles questionnent ainsi les politiques de la langue en faisant boîter la poésie par la traduction tout autant que l'inscription de l'étranger dans la langue américaine. Ce sont des politiques de l'épreuve de l'étranger qu'explorent Youmna Challa, Lindsay Choi ou Mia You. D'autres poètes telles Sophia Le Fraga, Divya Victor, Layli Long Soldier minent la langue depuis des positions mouvantes qui vont de l'ironie à des textualités du quotidien, de la critique féministe à la position décoloniale. Nous avons aussi demandé à ces poètes - tous et toutes à peu près inconnus en France - de livrer un texte plus discursif sur leur pratique.
Bioy Casares Adolfo ; Azaretto Julia ; Lequesne Pa
Memoria sur la pampa et les gauchosa été écrit en 1970 au retour d'un séjour en France. Cesares y entreprend une enquête fondée sur son vécu, notamment lorsqu'il se rendait à Rincón viejo, la propriété familiale sise à Pardo, dans la province de Buenos Aires. Adolfo Bioy Casares a en effet été fortement imprégné des scènes de la vie des gauchos argentins durant son enfance dans l'estancia familiale. Avec ce livre, fidèle à son souci d'érudition et à sa manière propre d'user de l'interprétation, l'auteur de L'invention de Morel se met à rêver à la vie du gaucho que ni lui ni Jorge Luis Borges, n'auront réellement vécue. Bioy Casares réfléchit ici à la figure du Martín Fierro (nous avons publié l'essai de Jorge Luis Borges en 2012) et ce qu'elle représente dans la littérature mais aussi dans la société argentine du XXe siècle. La construction du récit est parfaite. Le gaucho y acquiert un statut mythique : sorte de chevalier moderne, archétype de Don Quichotte. Chansons d'une autre époque, personnages de films, photographies, poèmes de l'une des traditions littéraires nationales ; l'ensemble devient une petite une somme de documents, de sources et de pièces à conviction qui contribuent à la légende argentine de la pampa. L'érudit et faiseur d'histoires Casares joue avec élégance sur l'imagerie, entre mémoire et imaginaire. Des photographies en noir et blanc, petites pépites classées par ordre chronologique, jalonnent le texte. Les histoires et chansons de payador qui s'y succèdent sont brèves, enchantées. C'est en réalité une vision moderne des chanteurs illettrés du Moyen Age qui s'en dégage de manière spontanée et improvisée.
Talking (Parler) est le livre qui marque un tournant décisif dans la réflexion poétique de David Antin. Rompant avec les poèmes de ses débuts, il inaugure les pièces qui feront de David Antin l'un des poètes les plus singuliers de sa génération. En 1972, Antin imagine ses "? talk pieces ? ", parfois appelées "? talk poems ? ", en réécoutant sur son autoradio l'enregistrement d'une conférence ("? talk ? ") qu'il vient de donner à des étudiants d'art à Pomona. La retranscription de cette conférence, sans capitales, virgules ni points, mais ponctuée par de simples espaces plus grands qu'il emploiera chaque fois que sur la bande il s'entendra respirer, devient le premier des talk poems ? : "? talking at pomona ? ", publié dans ce livre charnière qu'est Talking. Aux côtés de ce tout premier "? poème parlé? " sont publiées d'autres pièces proches de l'art conceptuel amércain, poème-journal et pièces improvisées au magnétophone (en privé dans une premier temps), qui rassemblent sans hiérarchie tout ce que l'acte de parler convoque ? : anecdotes, hésitations, exemples, divagations, silences, plaisanteries, méditations... Autant d'éléments qui laissent affluer de façon plus ou moins directe des questions philosophiques, littéraires, politiques, artistiques ou sociales. Car la pensée, pour Antin, est inséparable de la parole. Parler, c'est dialoguer avec une idée, c'est offrir au discours un espace critique et une marge de manoeuvre. Il importe ensuite de trouver une forme pour transposer ce dire à l'écrit. Pour ce faire, David Antin opère toute une série de décisions typographiques qui donnent à ses textes une dimension visuelle remarquable. Plus proches d'un d'enregistrement que d'une partition, c'est pourtant à l'oeil que ces enregistrements s'adressent en premier. S'il n'y a plus ni capitale ni ponctuation -? si ce n'est parfois d'occasionnels points d'interrogation -, les espaces-respirations qui rythment le texte matérialisent ce "? discours interrompable ? " qu'Antin appelle de ses voeux en conclusion de l'un de ses poèmes.
Résumé : Dix chevaux-vapeur n'est pas seulement une attaque contre la déshumanisation du travail à la chaîne chez Citröen et l'exploitation du tiers-monde (plantations de caoutchouc), c'est une réflexion inquiète sur l'avènement de l'automobile, le règne de la vitesse imbécile. La bagnole, écrit Ehrenbourg, "? déchiquette la chair, aveugle les yeux, ronge les poumons, fait perdre la raison. Enfin, la voilà qui s'échappe par une porte pour entrer dans le monde. Sur l'heure, elle débarrasse son pseudo-propriétaire de l'archaïque repos. Le lilas se fane. (...) L'automobile, laconiquement, écrase les piétons. (...) On ne l'accuse de rien. Sa conscience est aussi pure que celle de M. ? Citroën. Elle n'accomplit que sa mission : elle est appelée à exterminer les hommes. ? "
Résumé : Lorsque je me mets en route, je n'ai aucune spécialité, je suis dilettante en tout ; j'aime la musique sans être véritablement musicologue, je fais des photographies sans être photographe, et j'écris de temps en temps sans être véritablement écrivain. Je crois que si je devais me prévaloir d'une spécialité, j'opterais pour celle de voyageur. Etre l'oeil ou l'esprit qui se promène, observe, compare et ensuite relate, une sorte de témoin.