Véritable travail de mémoire, ce livre s'efforce de restituer, dans le contexte chaotique de l'époque, la vie des habitants de la commune de Blanquefort (33), village de l'entrée du Médoc. Destiné à un large public, en particulier aux jeunes générations, c'est un éclairage supplémentaire sur une histoire locale oubliée ou inconnue. Qui se rappelle que Blanquefort a abrité, le temps du séjour du gouvernement français à Bordeaux en 1914, un hôpital russe dans le château Dulamon ? Qui connaît le destin de cet hospice, dont l'ouverture a été retardée de 5 ans pour laisser les bâtiments à la Croix-Rouge qui y a installé l'hôpital auxiliaire appelé Saint-Michel, ouvert de 1914 à 1918 ? Qui a entendu parler du centre de rééducation professionnelle du Béchon, en 1917, ouvrant ses portes aux soldats mutilés qui voulaient retravailler dans le milieu agricole ? Qui se souvient des terres réquisitionnées en 1918, dans la zone industrielle actuelle, pour y créer un aérodrome et entreposer les avions fabriqués à Bordeaux, avant leur départ sur les lieux de bataille ? Qui sait que la guerre ne s'est pas finie le 11 novembre 1918 ? Ce travail de mémoire a pour objectif de se souvenir des hommes blanquefortais mobilisés, soldats morts pour la France, mais aussi les oubliés de l'histoire que sont les blessés, les mutilés, les prisonniers de guerre, les médaillés, les disparus, les traumatisés avec toutes les conséquences pour leur famille et les orphelins qui deviendront pupilles de la Nation. Enrichi par une riche iconographie et appuyé sur de nombreux documents d'archives publiques ou privées soigneusement exploités, cet ouvrage restitue une partie de la vie de la commune de Blanquefort, le tout resitué dans le contexte national et international. Nous avons partagé nos découvertes, avec vous.
Bret-Vitoz Renaud ; Van Haesebroeck Elise ; Vincen
L' ouvrage Danse et dionysiaque est issu de la collaboration de chercheurs d'horizons variés (littératures étrangères, anciennes et comparées, histoire du théâtre, arts de la scène, musicologie, danse et études de genre). La perspective interdisciplinaire adoptée est au service d'une vision englobante de la danse (de l'Antiquité à nos jours en passant par l'époque moderne). Le dionysiaque renvoie aux notions de délire, d'enthousiasme, mais aussi à la notion d'inspiration recherchée à la fois dans l'universalité du mythe grec et dans la représentation de la violence. Il interroge aussi le sacré, le primal, le rituel — en privilégiant les problématiques de la libération et de la rupture. Il constitue le fondement philosophique toujours en devenir d'une danse envisagée dans ses dimensions esthétique et spirituelle comme dans son universalité. L'ouvrage questionne les valeurs projetées sur le dionysiaque et leur potentialité créatrice de l'Antiquité à nos jours, à travers l'étude d'oeuvres chorégraphiques, théâtrales, musicales, opératiques et cinématographiques, tout en réévaluant la place des héritages dionysiaques dans l'histoire de la danse et des arts scéniques. Danse et dionysiaque sont ici le ferment d'interrogations portant, d'une manière générale, sur l'art et sur la capacité de ce dernier à représenter la société qui l'engendre et à nourrir en retour son imaginaire.
Au cours du XVIIIe siècle, l'émergence d'une nouvelle forme de héros marque une étape cruciale dans l'histoire de la tragédie et du drame, entre la représentation de l'homme de guerre féodal au début du Grand Siècle et celle du bandit révolté dans le théâtre romantique du XIXe siècle. Le héros plébéien des Lumières s'éveille dans les textes et sur la scène tout en se distinguant nettement du "grand homme" , l'autre grande figure du théâtre des philosophes. Il s'illustre, non pas par sa naissance et sa fortune, mais uniquement par son mérite personnel et une puissance de contestation ardente et brusque jusqu'à la fureur. Par ses diverses incarnations sur la scène, il donne ainsi une première forme visible au désir d'émancipation sociale sans idéalisme et témoigne du passage déterminant en littérature d'un ordre symbolique hiérarchique à un ordre symbolique égalitaire. Cet ouvrage identifie les formes originelles du héros et de l'héroïne populaires au début du XVIIIe siècle, à travers une galerie de personnages qui appartiennent au tiers état (esclave, soldat de fortune, mercenaire, précepteur, officier, avocat, courtisane), avant de saisir leurs multiples mutations dans la seconde moitié du siècle, depuis Spartacus de Bernard-Joseph Saurin (1760) jusqu'à Epicharis et Néron de Gabriel Legouvé (1794), en passant par les oeuvres des plus grands auteurs du temps (Voltaire, Marie-Joseph Chénier).
Résumé : Au mois de juillet 1798, les troupes françaises commandées par le général Bonarparte débarquent à Alexandrie. Cette confrontation avec l'Egypte constitue un véritable choc culturel. Pendant trois ans, les Français découvrent le désert, ses mirages et ses Bédoins, le labyrinthe de la ville orientale et la crue du Nil. L'armée rencontre des ennemis plus implacables que les mamelouks : la peste et le typhus. Savants et ingénieurs dressent la carte de la région, préparent le percement de l'isthme de Suez et font l'inventaire systématique du pays ; ils explorent les monuments pharaoniques, les dessinent et les relèvent dans des conditions difficiles. En ville, la petite communauté s'installe, avec ses quartiers, ses ateliers et manufactures, ses journaux, ses cafés, son théâtre... L'ordre français règne dans la rue mais, pour le peuple égyptien, c'est un pouvoir étranger à sa religion, qui dérange ses règles et ses routines. Si les contacts entre les français et la population sont nombreux, ils restent superficiels, parce que les rapports sont inégaux et qu'il faudrait apprendre les coutumes de l'autre... L'expédition laisse pourtant des traces profondes et, une fois les Français partis, les relations franco-égyptiennes se font plus étroites. La modernisation germera dans l'Egypte de Muhammad Ali.
Deuxième édition remaniée. Bernard Bret, présente le Tiers-Monde en identifiant dans l'organisation de l'espace les processus qui expliquent les inégalités. Il aborde les questions de mesure et de terminologie des inégalités, puis leur causes possibles, la démographie dans ses rapports avec le développement inégal, l'agriculture et l'industrialisation, le phénomène urbain dans le Tiers-Monde, les relations de dépendance, commerciales ou financières. Ce tour d'horizon fait donc passer d'une géographie du sous-développement à une géographie des inégalités qui aide à comprendre non seulement le Tiers-Monde, mais aussi le monde tout court. En tant que réalité géopolitique, le Tiers-Monde a perdu de sa consistance dans un système d'échanges désormais globalisé. Mais en tant que réalité économique et sociale, le sous-développement, lui n'a pas disparu. La croissance n'a pas sorti de la pauvreté des centaines de millions d'hommes ni réduit les disparités entre les Etats. Le développement inégal demeure un problème majeur d'aujourd'hui. Dans une approche géographique qui aborde le fait social à travers le territoire, Bernard Bret, professeur à l'Université de Paris VIII et à Science Po, en analyse ici les symptômes économiques. Les changements survenus dans les pays du Sud, l'industrialisation de certains d'entre eux et l'émergence de quelques-uns changent la donne mondiale. Mais les liens de dépendance entre les lieux, qui font l'injustice entre les hommes, ne sont pas rompus. C'est pourquoi cet ouvrage étudie également le développement dans sa dimension socio-spatiale, en le pensant comme un processus culturel où s'affirment aussi les droits de l'homme. Sur la collection Les ouvrages de la collection "Histégé" traitent du développement économique mondial de la fin du XIXe siècle à nos jours et de l'évolution des grands ensembles géoéconomiques. Ils constituent, pour les préparationnaires des grandes écoles de commerce, des outils de travail précis (synthèses statistiques, chronologies, analyses problématiques) qui complètent leurs cours et les aident à maîtriser le programme. Les étudiants en sciences économiques, géographie et histoire y trouveront une précieuse source d'information.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.