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PSYCHOLOGIE DU POINT DE VUE EMPIRIQUE
BRENTANO
VRIN
39,00 €
Épuisé
EAN :9782711617975
Dans son ouvrage de 1874 - repris et complété en 1911, puis augmenté à nouveau par une série d'appendices tardifs dans l'édition procurée par Oscar Kraus en 1924 - Brentano n'est pas seulement celui qui ouvre le dossier très complet des questions psychologiques débattues dans l'aprés-Kant et jusqu'à la fin du XIXe siècle, dans l'espace intellectuel germanique, mais aussi et principalement anglophone; pas seulement celui qui, à la faveur de la redéfinition, à la fois très ancienne et novatrice, des phénomènes psychiques, caractérisés par l'inexistence intentionnelle de leur objet immanent, ouvre la voie à un nouveau développement de la psychologie, ni rationnelle, ni expérimentale, mais proprement empirique, celle-la même qui se transformera ensuite en psychologie descriptive, puis phénoménologie; par la diversité de son "École", dont on mesure mieux aujourd'hui (au-delà de Husserl) le rayonnement et la fécondité (Stumpf, Ehrenfels, Marty, Meinong), par la richesse et le rayonnement de sa propre pensée en philosophie morale, théorie de la connaissance, logique, ontologie, Brentano est enfin reconnu en France - comme c'est déjà le cas depuis longtemps dans beaucoup de pays anglosaxons - comme une figure majeure, après Bolzano, de l'histoire de la philosophie autrichienne et comme un puissant interlocuteur encore présent dans les débats les plus contemporains en philosophie de l'esprit ou en ontologie.
Cette dissertation légendaire de Franz Brentano (1838-1917), éditée à Fribourg en 1862, prend pour fil conducteur de son interprétation de la "métaphysique", comme science de "l'être en tant qu'être" le leitmotiv : "l'être se dit pluriellement". Mais quelle en est alors la signification directrice et unitaire ? L'ambition de Brentano est de reconstituer une doctrine dont il s'agit à la fois de montrer et de sauver la cohérence. Le primat accordé à l'acception catégoriale de l'être l'amène à restituer un "arbre généalogique" des catégories dont le chatoiement correspond strictement à la diversité des modes de prédication de la "substance première". Même si la question reste posée de savoir si la plurivocité de l'être se ramène essentiellement à la diversité catégoriale, ou si, au contraire, les catégories n'illustrent qu'une pluralité restreinte, au sein d'une acception de l'être dont elles déclinent les "modalités" ou les "figures", mais dont rien ne dit qu'elle serait souveraine, cette magistrale initiation demeure un jalon incontournable dans l'histoire de la réappropriation moderne d'Aristote et du problème que pose la constitution d'une ontologie.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.