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ARISTOTE, LES SIGNIFICATIONS DE L'ETRE
BRENTANO
VRIN
26,00 €
Épuisé
EAN :9782711611270
Cette dissertation légendaire de Franz Brentano (1838-1917), éditée à Fribourg en 1862, prend pour fil conducteur de son interprétation de la "métaphysique", comme science de "l'être en tant qu'être" le leitmotiv : "l'être se dit pluriellement". Mais quelle en est alors la signification directrice et unitaire ? L'ambition de Brentano est de reconstituer une doctrine dont il s'agit à la fois de montrer et de sauver la cohérence. Le primat accordé à l'acception catégoriale de l'être l'amène à restituer un "arbre généalogique" des catégories dont le chatoiement correspond strictement à la diversité des modes de prédication de la "substance première". Même si la question reste posée de savoir si la plurivocité de l'être se ramène essentiellement à la diversité catégoriale, ou si, au contraire, les catégories n'illustrent qu'une pluralité restreinte, au sein d'une acception de l'être dont elles déclinent les "modalités" ou les "figures", mais dont rien ne dit qu'elle serait souveraine, cette magistrale initiation demeure un jalon incontournable dans l'histoire de la réappropriation moderne d'Aristote et du problème que pose la constitution d'une ontologie.
Brentano Franz ; Buhot de Launay Marc ; Gens Jean-
Contemporain de la crise de la philosophie de la seconde moitié du XIXe siècle, Brentano a voulu contribuer à sa renaissance en revenant à ses sources aristotéliciennes. Husserl a reconnu sa dette - celle de toute la phénoménologie -, et Heidegger aussi, envers ce philosophe autrichien en qui ils voyaient celui qui les avait conduits à la philosophie. Dans sa Psychologie du point de vue empirique, il avait défendu la thèse de l'intentionnalité des faits de conscience et esquissé une théorie de l'évidence. Fondamentale pour l'ensemble de sa philosophie, et en particulier pour penser la rectitude ou la correction du jugement et des sentiments d'amour et de haine, cette théorie ne sera pleinement élaborée qu'en 1889 dans L'Origine de la connaissance morale. Cette conférence, et celle, contemporaine, relative à l'évidence, ainsi que l'ensemble des dictées posthumes qui s'échelonnent de 1889 à 1915 permettent d'en saisir la nature et l'évolution. Récusant aussi bien le kantisme que l'utilitarisme, L'Origine de la connaissance morale sera discuté par les membres du Cercle de Vienne et inspirera, outre Husserl, la phénoménologie morale de Max Scheler. Brentano ne s'est pas contenté d'exposer le versant éthique de sa pensée sans lui donner une assise dans la sphère de la logique: c'est le rôle dévolu à La Doctrine du jugement correct qui invite, de son côté, à une réforme d'autant plus radicale de la logique qu'elle met en question la théorie prédicative traditionnelle du jugement
Résumé : Prononcées à Vienne entre 1887 et 1891, les leçons de Psychologie descriptive de Franz Brentano marquent une étape décisive dans l'histoire de la tradition phénoménologique. Brentano y expose, de façon claire et explicite, sa distinction cardinale entre les deux branches de la psychologie empirique : la psychologie descriptive ou "psychognosie", qui s'occupe d'analyser les éléments constitutifs des phénomènes psychiques, et la psychologie génétique, qui tente d'expliquer leur apparition par une recherche des causes. Cette distinction, qui n'était pas encore reconnue explicitement dans la Psychologie du point de vue empirique (1874), constitue l'acte de naissance du mouvement phénoménologique. Adoptée par tous les membres de l'école de Brentano, elle est à l'origine de la définition de la phénoménologie donnée par Husserl dans le second tome des Recherches logiques (1901). Dans ces leçons, Brentano introduit et met en pratique, de manière magistrale, l'idée d'une science de l'esprit à la fois empirique, descriptive, analytique et exacte. Il discute en détail plusieurs thèmes centraux liés à l'étude de l'esprit : l'intentionnalité des actes mentaux, la nature de la conscience, le caractère complexe des phénomènes psychiques, la diversité des parties qui les constituent, la nature des sensations, le statut phénoménal de l'espace et du temps, etc. Loin de se réduire à la "thèse d'intentionnalité", la phénoménologie de Brentano se révèle ici comme une contribution de tout premier plan à une philosophie de l'esprit complète et rigoureuse.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.